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Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs

Les taux d'échecs en français et mathématiques inquiètent

durée 3 février 2023 | 06h00
  • François Drouin
    Par François Drouin

    Directeur de l'information, journaliste

    La pandémie et l’école à la maison dans deux MRC où l’accès à Internet haute vitesse pose encore un véritable défi ont-elles eu un effet direct sur la réussite scolaire? S’il faut en croire le Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs, où l'accompagnement personnalisé des élèves est l’un des piliers de l’enseignement, la réponse est oui.

    Le 23 janvier dernier, un article publié dans le quotidien La Presse dévoilait que le taux de réussite de l'épreuve ministérielle de français au Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs était de 50,5 % en 2022 contre 82,9 % en 2019, une baisse marquée de 32,4 %. Le CSS n'était pas au bout de ses peines. Le 26 janvier, l'autre grand quotidien de la métropole, le Journal de Montréal, dévoilait que seulement 54,8 % des élèves avaient atteint la note de passage en 2022, contre 87,6 % en 2019. Des statistiques qui surprennent comparativement aux résultats obtenus dans les années antérieures.

    La directrice générale du Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs, Nancy Couture, admet que la publication des résultats a pris ses équipes au dépourvu, une véritable douche d’eau froide. «Ils ont été diffusés sans contexte ni explications. On comprend bien que l'article vise le ministère [de l'Éducation] et non le Centre de services scolaire.»

    Ce que les quotidiens montréalais ont dévoilé, ce sont les taux de réussite à l'épreuve ministérielle, le CSS souligne la différence. «Habituellement, ce qui sort dans les médias ce sont les taux de réussite à la diplomation-qualification à la matière. Au niveau du français, il y a l'écriture, l'oral et la lecture. Et notre taux de réussite à la matière est tout de même de 86 % pour 2022. Et on s'attend qu'avec les 11 élèves qui se sont présentés à la reprise de décembre, ce taux est appelé à augmenter», précise Mme Couture.

    Notons que pour 2022, l’épreuve ministérielle ne comptait que pour 20 % de la note finale contre une pondération de 50 % en 2019. Soulignons que l’épreuve a été abolie en 2020 et en 2021.
    «La ligne est mince entre rachever les enseignants et le personnel ou de s'en servir comme levier. Après la douche d’eau froide, la diffusion a eu un effet mobilisateur, assure la directrice. Il y avait un risque de démobilisation, mais dans notre contexte, ç'a plutôt eu l'effet inverse et les intervenants s'en servent comme d'un levier et se serrent les coudes. On ne veut échapper aucun élève et ce qui est en place fonctionne», soutient Mme Couture.

    Parmi les éléments clés ayant contribué à faire plonger le taux de réussite, le CSS cible notamment la pandémie liée à la COVID-19 et par le fait même l'accessibilité à Internet haute vitesse.

    PANDÉMIE

    Pour Mme Dubé, l'accompagnement personnalisé mis de l'avant par le CSS du Fleuve-et-des-Lacs a été l'un des facteurs importants dans la réussite de ses élèves. «En contexte de pandémie, cet ingrédient n'était plus là puisque nous étions à distance. Et même en période présentielle, il y avait parfois de l'absentéisme de l'enseignant ou d'élèves en isolement. En retirant cet ingrédient-là, on s'est vraiment fragilisé comme organisation.»

    Le retour à des conditions plus normales depuis le printemps 2022 permettra au CSS de reprendre ses pratiques d'accompagnement personnalisé dans le but commun de minimiser les impacts négatifs. Un mode «rattrapage» a aussi été enclenché.

    «On suit de très près nos cohortes. Tout nous porte à croire que tout va se rétablir […] On ne se met pas la tête dans le sable, on sait que ça [prendra] un ou deux ans. On suit nos cohortes de près afin de revenir à nos standards de réussite», ajoute Mme Couture.

    Cette dernière assure que des gestes concrets ont été posés. Ainsi, en collaboration avec les orthopédagogues, les élèves à risque ont été identifiés et placés dans des sous- groupes afin de travailler sur l'intensification des apprentissages.

    «Du moment où l'enseignant identifie une vulnérabilité, il y aura de l'intensification en lien avec les exigences ministérielles. Nous ne mettons pas de côté le reste du programme, mais nous allons quand même prioriser les apprentissages essentiels», ajoute la directrice.

    INTERNET

    Quant à Internet haute vitesse, les difficultés d'accès dans les Basques et le Témiscouata sont connues et documentées. Selon Mme Couture, cette situation a aussi eu un impact sur l’apprentissage alors que l'école à la maison était la norme. «Nous fournissons des tablettes avec LTE, mais certains milieux dans les Basques et le Témiscouata n'avaient aucun accès. Il y en a d'autres où la connexion était difficile, car nous avons des familles qui ont deux ou trois enfants et dont le réseau ne supportait pas autant de connexions simultanées. Nous devions moduler une heure et demie d'enseignement par jour.»

    La directrice du Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs se refuse toutefois à limiter les résultats à ces seuls facteurs. «Il n'est pas question de se défiler. On doit regarder ce qui a été mis en place et travailler à l'interne. Mais oui, la pandémie et le réseau Internet ont eu un impact.»

    Déjà en 2021, l'ancien directeur du CSS, Bernard D’Amours, tirait la sonnette d'alarme. «Tout le monde a accès à des supports informatiques, mais ce ne sont pas toutes les familles qui bénéficient d’une connexion à Internet sur notre territoire. C’est malheureusement hors de notre juridiction. On fournit des téléphones cellulaires ou des tablettes avec une connexion LTE. On fait le maximum, mais à l’impossible nul n’est tenu. On fait en sorte que ces élèves aient accès aux mêmes apprentissages que les autres», précisait le directeur du Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs, Bernard D’Amours.

    BALISES

    Est-ce que le ministère de l’Éducation assure un encadrement favorable aux enseignants et enseignantes ? «Nous ce qu’on demande au ministère, c’est de baliser les pratiques dans les classes. Présentement, l’autonomie des choix de pratiques repose uniquement sur les épaules de l’enseignant. Nous profitons maintenant de recherches sur l’éducation et il existe des approches innovantes qui donnent de très bons résultats. Nos résultats dans les années antérieures sont probants comparativement à d’autres milieux au Québec, mais il y a moyen de s’améliorer encore», répond Mme Couture.

    En termes de hockey, ce qu’on demande, c’est quelque chose comme de préserver l’autonomie des joueurs, mais sur une patinoire délimitée avec des pratiques éprouvées.

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