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19 décembre 2021 - 15:03

Démographie vieillissante : des défis économiques et sociaux sans précédent

Dans une étude inédite, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) se penche sur le phénomène du vieillissement et la place des aînés au Québec. L’enjeu est de taille alors que le budget du gouvernement consacré à la santé va s’accentuer dans les prochaines années.

Bien qu’annoncée depuis longtemps, la population active du Québec diminue depuis 2014 avec, chaque jour, moins de travailleurs disponibles à l’emploi. C’est toutefois pendant la pandémie que la prise de conscience s’est généralisée. Le taux de chômage à 4,5 % est aujourd’hui sous la barre du plein-emploi, amplifiant une pénurie sans précédent, et cette crise de la main-d'œuvre ne fait que commencer avec près de 280 000 postes vacants.

Pendant ce temps, le nombre de personnes de plus de 75 ans au Québec doublera d’ici 2040, et celui des 85 ans et plus devrait tripler sur la même période. La pression sur le réseau de la santé va s’accroître pour le gouvernement, autant en coûts qu’en livraison de services. D’après les projections de la Chaire en fiscalité et en finances publiques, la facture passera de près de 52 G$ en 2022 à quelque 127 G$ en 2041. Selon toute vraisemblance, la croissance économique ne pourra pas assumer cette augmentation.

«Le visage du Québec est en train de changer. Déjà réduite, la disponibilité des travailleurs sera progressivement restreinte, faisant place à plus de personnes âgées que celles en âge de travailler. En tant que société, le moment est décisif : il faut préparer le terrain à ce changement démographique majeur. Notre système de santé, tant dans sa structure que dans son financement, ainsi que le marché du travail doivent être outillés pour y faire face», explique Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.

LA FORMATION ET L’EMPLOI COMME REMPARTS À L’INACTIVITÉ

Alors que le Québec tirerait un immense avantage à encourager les travailleurs expérimentés à rester ou retourner au travail s’ils le désirent, nous sommes encore à la traîne quant à leur rétention. Le taux d’activité des 60-64 ans n’est que de 52 % au Québec comparativement à 57 % en Ontario et 58 % dans le reste du Canada, ou alors 71 % au Japon et 74 % en Suède.

À cet effet, un sondage a été mené par la firme Léger pour le CPQ en novembre dernier. Il révèle que :

  • Un aîné sur quatre (24% des répondants âgés de 55 ans et +) croit que le maintien d’un lien d’emploi est une priorité afin de rester actif et vieillir en santé. Fait à noter, les hommes, tous âges confondus, sont beaucoup plus nombreux que les femmes à voir le maintien d’un lien d’emploi comme une façon de rester actifs et de vieillir en santé (29 % vs 17 %).
  • Une même proportion d’aînés (23 %) est d’avis que donner ou recevoir de la formation est également un élément à prioriser auprès des aînés. Par ailleurs, plus les répondants sont âgés, plus ils y sont favorables.

«Les enjeux reliés au vieillissement de la population sont très vastes, mais fondamentaux. Il faut se donner collectivement les moyens de réussir cette transformation pour répondre aux besoins grandissants et diversifiés des aînés, tout en respectant des budgets forcément limités», ajoute Norma Kozhaya, vice-présidente à la recherche, économiste en chef du CPQ et autrice de l’étude.

Parmi les 29 recommandations du rapport, le CPQ propose une série de mesures afin d’encourager le maintien ou le retour à l’emploi des travailleurs expérimentés, telles que l’amélioration du crédit d’impôt pour prolongation de carrière, permettre l’arrêt des cotisations au RRQ après 65 ans, offrir une réduction des cotisations salariales pour les employeurs de ces travailleurs.

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