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9 mai 2021 - 06:32

Violence conjugale : les femmes doivent demander de l’aide sans attendre

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

«Les femmes doivent demander de l’aide sans attendre», tel est le message lancé par Louise Castonguay, coordonnatrice de la maison d’hébergement L'Autre-Toit du KRTB en lien avec les nombreux féminicides survenus récemment au Québec.

«Avec la pandémie, des femmes ont été coupées de leur réseau social habituel. Des fois, elles veulent tolérer plus longtemps les comportements de violence. Ce n’est pas parce que l’on est en région que les femmes sont à l’abri», a souligné Mme Castonguay.

Elle a précisé que L’Autre-Toit du KRTB n’est pas la seule ressource auprès de laquelle les femmes ayant peur de leur conjoint peuvent s’adresser rapidement.

«Les policiers, les centres de femmes, les CLSC et SOS Violence conjugale sont autant de ressources vers lesquelles elles peuvent se tourner», a-t-elle précisé.

La coordonnatrice de la maison d’hébergement a confirmé à Info Dimanche que l’organisme a reçu plus de demandes d’aide depuis le début de la pandémie. «C’est une augmentation de 35 % de nouvelles demandes, c’est quand même beaucoup», a lancé Louise Castonguay.

Les demandes d’hébergement sont aussi en hausse de 25 %. Mme Castonguay a également noté une augmentation des demandes d’aide sans hébergement au cours de la dernière année.

En raison des mesures sanitaires liées à la pandémie, la maison d’hébergement peut seulement utiliser 4 chambres pour l’hébergement comparativement à 6 en temps normal. Cela a eu entre autres pour effet que l’organisme s’est vu dans l’obligation de refuser 49 femmes et 11 enfants du 1er avril 2020 au 31 mars 2021.

«Normalement, ce sont entre 10 et 12 femmes que l’on ne peut pas accueillir annuellement», a précisé la coordonnatrice. 

Bien sûr la pandémie a rendu plus complexe les interventions des membres de l’équipe de L’Autre-Toit du KRTB. «Au début, le suivi auprès des femmes se faisait sur ZOOM. Présentement, on peut voir une personne qui a absolument besoin d’une rencontre, tout en respectant les mesures sanitaires», a expliqué Louise Castonguay.

L’équipe de L’Autre-Toit du KRTB est composée de 12 personnes : 8 intervenantes auprès des femmes, deux intervenantes auprès des jeunes et deux employées à l’administration. 

L'Autre-Toit du KRTB est une maison d'hébergement pour les femmes et leurs enfants vivant de la violence conjugale. C'est une maison qui peut accueillir également, des femmes en difficulté, des femmes qui se questionnent, qui ont besoin d'un temps de recul, de faire le point sur leur situation. C'est un lieu sécuritaire et chaleureux où elles sont accueillies sans aucun jugement. Le temps d’un séjour sera variable selon l'évolution du cheminement de chaque personne.

Aucune femme n’est prédestinée à devenir victime de violence et surtout, aucune n’est responsable de la violence qu’elle vit. Le tout premier pas, parfois le plus difficile, consiste à placer un appel téléphonique. Les services de L’Autre-Toit du KRTB sont dispensés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pour toutes situations de violence conjugale, n’hésitez pas à appeler au 418-854-7160 ou par SOS Violence conjugale au 1 800-363-9010. 

 

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