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26 avril 2021 - 06:59

Le Bloc québécois veut faire de la filière forestière un moteur de la relance verte

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Le Bloc québécois a dévoilé le 23 avril ses huit propositions afin de maximiser la filière forestière du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie pour en faire un secteur important de relance verte.

«On souhaite que le gouvernement fédéral réduise considérablement le soutien aux hydrocarbures. On le sait, c’est ce qui provoque le plus de gaz à effet de serre», explique le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas. Il demande aussi une «bonification importante» du soutien à la recherche, au développement et à l’innovation dans l’industrie forestière. Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dit avoir obtenu un gain de 55 M$ pour cette industrie après avoir discuté avec le premier ministre Justin Trudeau à l’occasion du dépôt du budget fédéral de lundi dernier.  

Selon l’étude commandée par le Bloc, près de 600 M$ ont été octroyés par le gouvernement du Canada en subventions aux énergies fossiles en 2019. En moyenne au cours des quatre dernières années, le total de l’aide fédérale annuelle en foresterie est de 317 M$ dont 75 % sont sous forme de prêts, ce qui laisse 79,4 M$ en subventions, dont 17,9 M$ pour le Québec.

«On voit qu’il n’y a vraiment pas une volonté d’aller vers des énergies plus vertes. Avec ce genre d’étude et des propositions concrètes, on souhaite que le gouvernement fédéral emboite le pas et permette de réduire les émissions et de respecter ses engagements en lien avec l’Accord de Paris», ajoute M. Blanchette-Joncas.

La cible prévue par l’Accord de Paris pour le Canada est une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Le premier ministre du Canada Justin Trudeau s’est engagé le 22 avril à réduire les émissions de GES de 40 % à 45 %  d’ici 2030 à l’occasion du Sommet des dirigeants sur le climat. Le Bloc demande que cet engagement soit inscrit dans la loi.

Voici les huit propositions du Bloc québécois :

  1. Mettre en œuvre une politique d’approvisionnement public qui favorise l’utilisation des produits du bois, notamment en établissant l’empreinte carbone comme critère d’octroi des contrats;
  2. Accroitre les budgets de recherche fondamentale et développement attribués à la filière forestière notamment en matière de bioproduits, de construction et de pratiques forestières durables.
  3. Développer une chaine de valeur pour transformer davantage les ressources forestières en bioproduits en seconde et troisième transformation;
  4. Identifier les moyens d’accroitre la productivité de la croissance annuelle des forêts du Québec (des centres de productions de plants de reboisement comme la pépinière St-Modeste entre autres, pourraient y contribuer);
  5. Soutenir l’émergence de nouveaux produits à forts potentiels issus de la forêt comme les bioplastiques, les produits biochimique et les biocarburants (Cascade à Témiscouata-sur-le-Lac en est un exemple);
  6. Soutenir la diversification des marchés d’exportation de nos produits forestiers et s’assurer que les programmes d’aide bénéficient équitablement à toutes les provinces et au Québec.
  7. Rendre plus flexibles les programmes fédéraux déjà existants, notamment pour permettre aux plus petits joueurs d’avoir accès à du financement;
  8. Demander au gouvernement fédéral de profiter de la nouvelle administration à la Maison Blanche afin d’obtenir une pleine exemption de tout tarif sur les exportations de bois d’œuvre québécois à destination des États-Unis.

Au Bas-Saint-Laurent, le secteur de la forêt représente tout près de 40 % des emplois manufacturiers. Cette région compte le plus de municipalités (33) où la forêt emploie 10% ou plus de sa population.  Les retombées potentielles des pistes d’actions de cette étude représentent la création d’environ 1 300 emplois. Aucun élément n’est toutefois soulevé par le Bloc afin de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur.

D’après le document présenté le 23 avril, l’avenir de l’industrie forestière passe par les produits de charpente et de bois d’ingénierie, les panneaux et autres produits prémoulés, les bâtiments préfabriqués verts et les bioproduits verts (énergie par biomasse et les biocarburants).

L’étude a été réalisée par le Groupe Performance Stratégique et son président, Roger Boivin, de même que son adjointe, Josée Lebel, en collaboration avec l’Institut de la statistique du Québec et le Groupe DDM.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Le fameux bloc, qu’ils aillent dans un partie qui a la possibilité de prendre le pouvoir et ils les feront les changements à ce moment,

    Donald pelletier - 2021-04-26 16:50