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2 juin 2020 - 14:29

Un printemps exceptionnellement sec entraine deux fois plus d’incendies qu’à l’habitude

Un retard dans la feuillaison dû aux températures fraiches de la première moitié du mois de mai, combiné à l’absence de précipitations et à des taux d’humidité exceptionnellement bas dans la deuxième moitié du mois ont favorisé l’éclosion d’un très grand nombre de feux de broussailles et de feux de forêt au cours de cette période. Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, 27 incendies se sont déclenchés, brulant une superficie de 71,2 hectares.

La moyenne d’incendies pour ces deux régions au cours des dix dernières années se chiffre à 6 feux pour une superficie brulée de 7,1 hectares. En ce 2 juin, le danger d’incendie en forêt est élevé pour les secteurs de Kamouraska, Rivière-du-Loup, et Témiscouata.

Pas moins de 273 incendies couvrant une superficie de 510,1 hectares ont été enregistrés au cours du mois de mai. C’est plus du double de la moyenne des dix dernières années à pareille date, qui est de 130 feux pour 22 826,21 hectares.

D'après la SOPFEU, les superficies brulées en 2020 sont bien en-deçà de la moyenne, notamment en raison de la quasi-absence de feux de foudre qui brulent souvent de plus grandes superficies. Près de la moitié des incendies survenus au cours du mois de mai ont été causés par la perte de contrôle d’un brulage de matières résiduelles ou d’un feu de camp fait par des résidents. Plusieurs de ces incendies, combattus par les pompiers municipaux et par ceux de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), sont survenus à proximité de zones habitées, entrainant des enjeux de sécurité civile. Près de New Richmond par exemple, une dizaine de villégiateurs ont été forcés d’évacuer en raison de la fumée.

INTERDICTION DE FEUX À CIEL OUVERT

Au cours du mois de mai, une interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité était maintenue sur une grande partie du territoire québécois en raison des conditions météorologiques printanières propices à l’éclosion d’incendies de forêt. Cette interdiction de faire des feux à ciel ouvert visait également à préserver la capacité opérationnelle de la SOPFEU et celle des services de sécurité incendie municipaux durant la pandémie, et ce, en limitant les risques de propagation du virus lorsque les pompiers répondent à des alertes.

Selon la SOPFEU, cette mesure s’est avérée très efficace pour limiter l’éclosion de nouveaux feux. Malgré le grand nombre de feux répertorié dans le dernier mois, la hausse du nombre de feux par jour s’est avérée moins prononcée que dans les années où les conditions météorologiques étaient comparables, et ce, en raison de la mise en place de l’interdiction de feux à ciel ouvert.

PRUDENCE EN PÉRIODE ESTIVALE

La SOPFEU rappelle que le mois de juin marque le retour de certaines activités estivales comme la pêche, la randonnée et le camping. La prudence est de mise lorsque le feu est utilisé pendant ces activités en forêt. Bon an mal an, les feux de camp sont responsables de près de 50 incendies de forêt. Pour éviter une telle situation, la SOPFEU recommande d’utiliser un foyer muni d’un pare-étincelles ou de faire son feu de camp dans un endroit bien dégagé, sur un sol de terre battue, de sable ou de gravier ne contenant aucune matière combustible. Le feu de camp ne devrait pas excéder une dimension d’un mètre par un mètre. Il faut le surveiller en tout temps et garder de l’eau à proximité pour l’éteindre. Avant de quitter les lieux, il faut s’assurer d’éteindre le feu complètement. Si le danger d’incendie varie d’élevé à extrême ou s’il y a du vent, il vaut mieux s’abstenir de faire un feu afin d’éviter qu’il se propage à la forêt environnante.

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