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16 avril 2020 - 12:01 | Mis à jour : 17:42

COVID-19: Entre 50 et 100 tests de dépistage par jour au Bas-Saint-Laurent

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

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La stabilité du faible nombre de cas d'infections à la COVID-19 au Bas-Saint-Laurent ne fait pas que des heureux semble-t-il. Une théorie qui circule abondamment sur les réseaux sociaux soutient que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent ne testerait que les personnes hospitalisées. «Archi-faux», répond Ariane Doucet-Michaud.

La conseillère aux communications du CISSS indique qu'entre 50 et 100 tests sont effectués chaque jour sur le territoire bas-laurentien. «Il s'agit de ouï-dire, insiste Mme Doucet-Michaud. Toute personne qui présente des symptômes compatibles avec la COVID-19 comme la toux, la fièvre, des difficultés respiratoires, une perte d'odorat... va être testée.»

Les messages reçus à la rédaction d'Info Dimanche, alarmistes, font état de personnes infectées à qui on refuserait le dépistage, leur demandant simplement de rester chez eux. Les villes de Rivière-du-Loup et Rimouski étant le plus souvent citées.

«Ben non, ce n'est pas vrai, laisse tomber Ariane Doucet-Michaud. Nous les recevons aussi ces messages et chacune de nos enquêtes démontre qu'ils sont sans fondement. Les informations ne nous permettent pas de retrouver les gens pour vérifier», ajoute-t-elle. Dans la seule journée du mercredi 15 avril, 100 personnes ont ainsi passé un test.

Évidemment, le nombre de tests effectués au Bas-Saint-Laurent ne se compare pas à la grande région métropolitaine ou même dans les régions où se trouvent des foyers d'éclosion du coronavirus comme Lanaudière ou l'Estrie. Selon le CISSS, Montréal testerait même moins largement que le Bas-Saint-Laurent, mais en raison de sa grande population, il s’y effectue beaucoup plus de tests. Le nombre de travailleurs de la santé, de CHSLD et de résidences pour personnes âgées y est aussi considérablement plus élevé.

Mme Doucet-Michaud explique que le ministère de la Santé et des Services sociaux a établi un ordre de six priorités. Le Bas-Saint-Laurent se situe à l'échelon 4, soit résidents de régions éloignées symptomatiques.

«Nous ne testons pas systématiquement la population, mais nous testons les personnes qui présentent des symptômes ainsi que les usagers et les employés de milieux à risque de façon prioritaire», précise la conseillère. Cette dernière ajoute que le CISSS dispose de réactifs en quantité suffisante.

Toutefois, puisqu'aucun cas n'a été recensé en CHSLD et dans les résidences pour personnes âgées au Bas-Saint-Laurent, contrairement à la Gaspésie, le personnel et les résidents ne sont pas encore systématiquement testés.

Les personnes doivent donc présenter un tableau clinique qui correspond à la COVID-19 et non à l'influenza. Selon le CISSS, un professionnel de la santé refusera de faire passer un test seulement si les symptômes décrits ne sont pas compatibles avec le virus.

La situation qui prévaut actuellement diffère donc considérablement des autres régions, dont la Gaspésie.

NOMBRE DE CAS CONFIRMÉS STABLE ET FAIBLE

Ariane Doucet-Michaud souligne qu'un facteur chance additionné aux mesures de prévention et de confinement et une population attentive et généralement respectueuse de ces mesures expliquent en partie ces résultats. Toutefois, l'absence d'éclosion dans un milieu où se trouvent des personnes à risque comme un CHSLD a un impact certain.

«Le nouveau coronavirus est extrêmement contagieux et virulent. Il se propage comme une trainée de poudre dans un milieu de vie, encore plus dans un CHSLD ou dans une résidence pour personnes âgées. Il n'y a pas de foyer au Bas-Saint-Laurent, c'est une chance et le fruit d'un bon travail de prévention.»

Elle rappelle que le premier cas confirmé de COVID-19 au Bas-Saint-Laurent a rapidement été isolé ainsi que la trentaine de personnes avec qui il a été en contact. Avec l'isolement qui est respecté, c'est seulement entre deux et cinq personnes par cas infecté qui sont maintenant placées en quarantaine.

Évidemment, la fermeture de la région à limité le nombre d'entrants et... de contamination possible.

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Excellent article, clair et bien documenté merci.

    Helene Beaulieu - 2020-04-16 22:24