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7 novembre 2018 - 06:54

Démystifier le métier d’infirmière auxiliaire

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Des infirmières auxiliaires appelées à remplir des tâchées de préposées aux bénéficiaires, seulement 40% de ses membres exerçant à temps plein, la présidente de l’Ordre des infirmiers et infirmières auxiliaires du Québec (OIIAQ), Carole Grant souligne que cette réalité s’applique partout au Québec, dont au Bas-Saint-Laurent.

«Les infirmières auxiliaires voudraient pratiquer dans l’ensemble du champ de pratique pour lequel elles sont appelées à travailler», explique Mme Grant, infirmière auxiliaire depuis 38 ans. Cette dernière souligne que les pratiques à l’intérieur d’un même établissement ne sont pas uniformes. Cette réalité s'applique aussi la région du Bas-Saint-Laurent.

«La pénurie de préposées aux bénéficiaires est provinciale. Pour donner des soins de qualité, les infirmières auxiliaires sont parfois appelées à remplir leurs tâches. Tout le monde doit mettre la main à la pâte», rappelle la présidente de l’OIIAQ. Elle effectue présentement une tournée provinciale sous le thème «Enjeux et défis de la profession» pour démystifier le métier d’infirmière auxiliaire.

«L’infirmière auxiliaire est la professionnelle en soins qui agit le plus près du patient, elle fait des ponctions veineuses, donne des médicaments, contribue à la vaccination, prend les signes vitaux, notamment.»

L’objectif de cette tournée auprès des membres et des instances est de permettre aux infirmières auxiliaires d’exercer dans leur plein champ d’exercice. «On trouve ça dommage que les infirmières auxiliaires fassent le travail des préposées aux bénéficiaires, bien que leur aide soit précieuse (…) Ça ne leur permet pas d’étendre leur expertise, ce n’est pas le même travail», martèle Mme Grant.

Les infirmières auxiliaires travaillent en multidisciplinarité et peuvent s’intégrer à de nombreux domaines de la santé. En 2014, on comptait 60 infirmières en Groupes de médecine de famille. À la suite de représentations et de rencontres avec les médecins, elles sont passées à 600 aujourd’hui. Certaines ont été intégrées aux blocs opératoires, aux salles d’urgence. La présidente de l’OIIAQ estime que ses membres sont une solution au temps supplémentaire obligatoire devant être effectué par les infirmières.

Selon l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec, seulement 40% des membres sont à temps complet. «Beaucoup de gens me disent vouloir faire du temps complet, mais avoir un autre travail complètement en dehors du métier d’infirmière auxiliaire pour pouvoir mettre du beurre sur son pain. Je trouve ça dommage, parce que ce sont des professionnelles formées et disponibles, et on ne les fait pas beaucoup travailler.»

Selon Carole Grant, la profession d’infirmière auxiliaire n’est pas en pénurie, puisque 1 500 infirmières auxiliaires terminent leur formation par année dans la province. L’OIIAQ compte 28 000 membres. Dans le réseau public, l’OIIAQ compte 1 544 membres au Bas-Saint-Laurent.  

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