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Le blogue de Richard Levesque

19 janvier 2017 - 05:17

Petite histoire du pont Dion de Rivière-du-Loup

15 Commentaire(s)

Par Gilles Dubé, président
Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup


NOTE DE RICHARD :  LE 22 DÉCEMBRE DERNIER, J'AI PROMIS À NICOLAS (ET À TOUS MES LECTEURS) DE LEUR TRANSMETTRE UN TEXTE DE MON AMI GILLES DUBÉ CONTENANT UN TAS DE RENSEIGNEMENTS INTÉRESSANTS AU SUJET DU « VIEUX » PONT DION.  VOICI CE TEXTE.  IL NE VOUS DÉCEVRA PAS!  MERCI À GILLES...

Avec une rivière qui scinde en deux le territoire de la ville de Rivière-du-Loup, il est normal que la question des ponts ait fait périodiquement l’objet de discussions stratégiques et… politiques. Ce qui fut le cas, à compter de 1900, de l'ouvrage d'art inauguré le 25 juin 1905 sous le nom de Pont Dion. Voyons cela d’un peu plus près.

Origine de l’appellation
Ce pont, connu aujourd’hui sous le nom de Pont Couturier, fut ainsi nommé en l’honneur de François-Napoléon Dion. Né à Trois-Pistoles, le 5 mai 1849, il est le fils de Thomas Dion, ferblantier, et de Mathilde Nadeau. Après des études au Collège de Rimouski, il devient marchand, plombier et ferblantier à Fraserville (Rivière-du-Loup) et s’installe, en 1871, en haut de la Côte Saint-Jacques, non loin de la rue Fraser.

Membre influent de la Société Saint-Jean-Baptiste, il fait partie du conseil municipal de 1885 à 1889, puis en 1898 et 1899. En 1900, il est élu sans opposition député libéral à Québec, pour le comté de Témiscouata; il sera réélu en 1904 et 1908. Le 12 avril 1912, il est nommé maître de poste au parlement de Québec et occupera cette fonction jusqu’à son décès le 4 février 1919, à l’âge de 69 ans et 8 mois.   Il est inhumé au cimetière de Saint-Patrice.
À Notre-Dame-du-Portage, le 18 novembre 1868, à l’âge de 19 ans, il épouse Élise Lebel, âgée de 22 ans, fille d’Ignace Lebel et de Marie-Anne Saint-Pierre. Celle-ci décède après seulement 15 mois de mariage, le 3 février 1870, à l’âge de 24 ans.

À L’Isle-Verte, le 1er septembre 1874, il épouse en secondes noces Aurélie-Sophronie Fortin, âgée de 29 ans, fille d’Honoré Fortin et de Marie-Anne Normand. De son côté, Aurélie Fortin était la veuve de Nérée Bois qu’elle avait épousé le 6 juin 1865 et qui était décédé le 17 février 1873 à Salmon Falls, New-Hampshire, É.-U.

À l’âge de 41 ans, François-Napoléon Dion devient veuf une seconde fois alors qu’Aurélie Fortin décède le 9 juin 1888, à l’âge de 43 ans. Incidemment, cette dernière était la sœur d’Alfred Fortin, qui deviendra maire de Fraserville pendant trois mandats : 1899-1901, 1905-1906 et 1913-1918 et président fondateur de la Chambre de commerce. Pour l’instant, nous n’avons pas trouvé de mention d’enfants issus de ce couple.

On veut un pont!

Les démarches entreprises pour obtenir ce pont sur la rivière du Loup durèrent environ cinq ans.

C’est ainsi que dans Le Saint-Laurent du 27 février 1900 nous apprenons que deux citoyens, messieurs Octave Blier et Pierre Bérubé, « sont à faire signer une pétition, et à demander des souscriptions volontaires ici et à quelques intéressés de Cacouna et Saint-Arsène afin d’avoir les ressources nécessaires à la construction d’un pont de fer sur la rivière du Loup ». Dans une nouvelle du conseil de Ville du 7 septembre 1900, on mentionne que le secrétaire du conseil de Ville produit les plans et devis réalisés par l’ingénieur Vallée du gouvernement pour la construction d’un pont en fer d’une longueur de 200 pieds qui coûterait environ 6 000$.

Le 12 mai 1902, la Chambre de commerce fait état du silence du gouvernement : « Le gouvernement nous a laissé espérer toutefois que notre demande serait prise en considération cette année. » Le 17 juillet 1903, un communiqué fait état d’une liste de noms de 23 cultivateurs qui ont souscrit globalement une somme de 291$ pour aider à la réalisation de ce projet. De son côté, le député provincial Napoléon Dion a fait de même avec 12 résidents de la ville qui ont souscrit 440$. Le député a lui-même fourni 25$; la Banque Nationale contribue pour 100$.

Le 28 août 1903, il est mentionné qu’un ingénieur civil, M. Lee, professeur à l’Université  McGill, recommande fortement l’emploi du béton.

À leur séance du lundi 21 septembre 1903, le conseil de Ville accepte, à l’unanimité, une proposition de MM. A. Rousseau et Cie, de Montréal, demandant 4 500$ pour construire un pont en béton. Toutefois, deux jours plus tard, un pont de béton construit par cette entreprise à Saint-Roch-des-Aulnaies s’effondre au moment où l’on enlevait les étançons qui le soutenaient! Une nouvelle résolution est adoptée en catastrophe, ce même jour, pour faire construire un pont en fer au coût de 4 000$! Le député Dion indique que le gouvernement de Québec a garanti une contribution de 1 000$.

Le 2 octobre, il est fait mention que le nouveau pont portera le nom de Pont Dion pour souligner le travail du député dans ce dossier. Le 18 octobre, on annonce que le seigneur William Fraser accepte de donner le terrain et le sable requis pour la construction. Le 23 octobre, il est fait mention que le tablier du pont, en fer, sera construit en usine à Montréal par la Dominion Bridges Co.

Dans son édition du 3 juin 1904, le journal local rapporte que le député Dion a finalement obtenu une subvention gouvernementale de 2 000$. Le conseil de Ville a promis 1 000$ et les souscriptions du public s’élèvent à 1 500$. Total : 4 500$.

Une semaine plus tard, le 10 juin, le greffier de la Ville fait état des recommandations d’un comité de citoyens à l’effet d’élargir un peu le pont projeté de sorte qu’il fera 21 pieds de large, y incluant un trottoir de 5 pieds, sur 200 pieds de long. Finalement, le conseil porte sa contribution à 1 500$ et retient la soumission de la firme Phoenix Bridge Iron Works Co de Montréal, déposée le 3 juin précédent, au montant de 5 500$.

Au cours de l’automne, les choses se mettent en place. Les matériaux commencent à arriver. La structure d’acier est assemblée à Montréal et l’entrepreneur se chargera de la jeter sur la rivière du Loup. Au début septembre, le conseil accepte que le pontage soit fait en épinette rouge au lieu de cèdre. Les travaux en cours sont sous la surveillance de l’ingénieur Vallée du gouvernement qui s’était réservé cette prérogative compte tenu de sa subvention de 2 000$.

En février 1905, la structure du pont est agencée et repose maintenant sur les piliers de béton. Il faut attendre au printemps pour terminer les travaux d’approche. Toutefois, les citoyens sont impatients et cherchent à négocier, avec la Ville et l’entrepreneur, le droit de traverser dès maintenant le pont à pied. Cette demande leur sera refusée par crainte des accidents.

Dans un compte-rendu du 21 avril 1905, Le Saint-Laurent mentionne que « Les entrepreneurs ont terminé la maçonnerie du nouveau pont de fer. Il ne reste plus qu’à le faire recevoir par l’ingénieur du gouvernement et à remplir le vide qui se trouve à chaque extrémité. À la suite de la mention de certains détails techniques, le journal indique que la compagnie entrepreneure « serait en perte avec cette entreprise. »

Une inauguration fracassante…  dans tous les sens du terme!

Au cours du mois de juin 1905, un imposant dispositif de logistique est mis en place en vue d’assurer un cadre festif adéquat pour l’inauguration du nouveau pont, prévue le lundi 26 juin. Le contexte événementiel global se situe dans la célébration du vingt-cinquième anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste locale.

Dans les deux semaines précédant l’événement, Le Saint-Laurent donne moult détails sur les festivités prévues. Malheureusement, il nous est impossible de prendre connaissance du compte-rendu local qui en a été fait : les exemplaires du journal des quatre semaines suivantes sont… introuvables et n’existent plus! Par contre, grâce à la collaboration de monsieur Bernard Dionne, chercheur en histoire, de Rivière-du-Loup, nous avons pu mettre la main sur le résultat détaillé de ces fêtes publié à Québec, dans le journal La Patrie, les 27 et 28 juin! Il ne faut pas trop se surprendre d’une telle situation : ce n’était pas la première fois qu’un journal de l’extérieur publiait des nouvelles plus élaborées que le journal local! Ce compte-rendu est accessible sur le site Internet de Bibliothèque et Archines nationales du Québec, dans la section Collection numérique [http://www.banq.qc.ca/collections/collection_numerique/].

L’organisation de ces fêtes fut placée sous la responsabilité du bureau de direction de la Société Saint-Jean-Baptiste présidé par l’avocat Samuel-Charles Riou; le président honoraire n’étant nul autre que le député Napoléon Dion. Au programme : messe solennelle avec un célèbre prédicateur de l’extérieur, le Révérend père Louis. Lalande, s. j., parade de 30 chars allégoriques, bénédiction et inauguration du Pont Dion, feux d’artifice et concert en plein air.

Le journaliste mentionne la présence d’une foule « énorme, venue depuis Québec, la Matapédia, du Nouveau-Brunswick et même du Maine », à un point tel que « Plus de la moitié de la foule n’a pu entrer dans l’église pour la messe solennelle. » Après la messe, ce fut la parade par toute la ville et vers 3 h 30, la cérémonie de la bénédiction du pont par le curé de Saint-Patrice, l’abbé François-Xavier-Ludger Blais.

Ce fut ensuite au tour des invités d’honneur de présenter des discours à saveur patriotique. Mentionnons les présences suivantes : Alfred Fortin, maire, S. C. Riou, président de la SSJB, le notaire Alyre Foisy, secrétaire de la SSJB, l’Honorable Lomer Gouin, nouveau premier ministre du Québec qui avait fait voter la subvention pour la construction du pont alors qu’il était ministre des Travaux publics, l’Honorable Jules Allard, ministre des Travaux publics et de la Colonisation, le sénateur Philippe-Auguste Choquette [qui deviendra directeur du journal Le Soleil au cours de l’année], L. J. Décarie, député d’Hochelaga et évidemment le député local, Napoléon Dion.

Pendant que la foule applaudissait le premier ministre pour son discours, l’estrade d’honneur s’effondra, entraînant dans sa chute l’Honorable J. Allard qui avait, quand on l’a relevé, une jambe fracturée un peu au-dessus du pied! Il fut transporté chez monsieur J. Camille Pouliot, avocat. Deux médecins, les docteurs Gilbert et Picard, lui donnèrent les premiers soins. Le lendemain, il prit le train pour se rendre à l’Hôtel-Dieu de Québec.

Au cours de cet accident, un deuxième citoyen, monsieur Johnny Michaud de Saint-Alexandre [et non de Saint-André, tel que cité dans La Patrie] fut aussi blessé. Dans Le Saint-Laurent du 3 novembre 1905, nous apprenons que ce dernier « réclame, par l’entremise de son procureur, Mtre G.-J. Chagnon, la somme de $400 à titre de dommages et intérêts pour s’être fait fracturer une jambe, lors de la chute de l’estrade érigée en juin dernier, pour la célébration de la St-Jean-Baptiste. »

Pendant la soirée, plus de dix mille personnes assistèrent au feu d’artifice tiré sur les bords de la rivière. Un concert en plein air fut donné par les fanfares de Québec, Charlesbourg et Beauport. [Celle de Rivière-du-Loup ne sera créée qu’en 1917!].

Bref ce fut une journée bien remplie et le pont, quant à lui, exercera son rôle pendant 70 ans presque jour pour jour, soit jusqu’au 26 mai 1975, date de l’inauguration de son successeur, le Pont Couturier.


NDR :  ET VOILÀ! NOUS NOUS COUCHERONS MIEUX RENSEIGNÉS CE SOIR.  ENCORE UNE FOIS, MERCI GILLES DUBÉ!

 

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Toutes vos réactions

15 réaction(s)
  • Intéressant... Merci!
    Yoann - 2017-01-19 08:38
  • Wow, merci d'avoir partagé avec nous... Toujours très intéressant d'en apprendre un peu plus sur notre histoire locale!
    Nicolas - 2017-01-19 11:19
  • Pensez-vous que M. Dubé aurait ou connaîtrait quelqu'un qui aurait des documents sur les Bertrand à l'Isle-Verte? Pas Louis Bertrand, il a un musée dédié, mais plutôt Charles Bertrand, qui a été l'un des plus gros entrepreneurs de la région mais dont il n'existe presque aucune image... j'aimerais trouver plus de photos de son magasin général, de sa maison qui est en face. J'ai déjà pas mal fouillé, j'ai trouvé quelques photos ici et là, plusieurs documents, mais si il y en a d'autres, je suis preneur. Merci d"avance !
    Yoann - 2017-01-20 07:59
  • Très intéressant le texte de Monsieur Dubé. Je me souviens quand j'étais enfant et qu'à notre traditionnelle balade du dimanche en famille, notre père se dirigeait vers le pont Dion. Nous étions tous fébriles et il conduisait très lentement en le traversant pour que nous en profitions au maximum. Je suis bien contente de connaître la petite histoire de ce pont.
    Madeleine D. - 2017-01-20 12:40
  • @Yoann: je te conseillerais d'aller faire un tour à la Société d'histoire et de généalogie. Tu trouveras facilement: c'est au sous-sol de la Maison de la Culture, rue du Rocher (passer par en arrière).
    Richard - 2017-01-20 14:15
  • Je vais regarder à la Société d'histoire et de généalogie pour voir ce que nous avons au sujet de Charles Bertrand. Par contre, nous avons le volume consacré à Louis-Bertrand, père de Charles: Louis-Bertrand à l'Isle-Verte (1811-1871). Il s'agit de la publication du mémoire de maîtrise en développement régional de Maude Flamand-Hubert dont le texte intégral est sur Internet à l'adresse suivante: http://semaphore.uqar.ca/535/1/Maude_Flamand-Hubert_janvier2011.pdf
    Gilles D. - 2017-01-20 18:19
  • Merci pour vos commentaires! Permettez-moi cependant d'apporter quelques petits ajustements à mon texte. 1) Par une vraiment platte distraction de ma part, j'ai écrit que le journal La Patrie était édité à Québec, alors que c'était à Montréal! 2) Par souci d'exactitude, il faut se rappeler que le toponyme exact du pont Couturier est: "Pont Alphonse-Couturier". 3) Lors du compte-rendu sur le concert en plein air qui clôturait la journée de l'inauguration du pont Dion, il est fait mention de la participation des fanfares de Québec, Charlesbourg et Beauport. J'ai indiqué que celle de Rivière-du-Loup n'avait été créée qu'en 1917. Je devais faire une "fixation" sur l'actuelle Harmonie de Rivière-du-Loup, créée effectivement en 1917 et dont ce sera le centenaire cette année. Par contre, la toute première fanfare louperivoise, sous le nom de "Fanfare de Fraserville" aurait été mise sur pied en 1881. Après divers épisodes de succession, il y avait bel et bien une fanfare de Rivière-du-Loup à l'inauguration du pont Dion, nême si La Patrie n'en parle pas. Sa présence est attestée par le compte-rendu publié le 30 juin 1905 dans le journal Le Progrès du Golfe de Rimouski, fondé l'année précédente. Une telle présence aurait aussi été mentionnée dans un autre journal dont je n'ai pas la référence pour l'instant. Tel que déjà indiqué dans mon texte, le compte-rendu du Saint-Laurent est disparu! (Merci à Bernard D. Pour cette dernière information!).
    Gilles D. - 2017-01-20 18:36
  • Très beau compte-rendu . J'aurais une question, pourquoi avoir changé le nom de ce pont en 1975?
    Denis - 2017-01-22 08:38
  • À Denis: Le nom du pont Dion a été changé pour celui de pont Alphonse-Couturier en l'honneur du Dr Alphonse Couturier, qui fut député libéral du comté de Rivière-du-Loup de 1960 à 1966 et ministre de la Santé dans le premier cabinet de Jean Lesage. Le pont Dion était devenu vraiment désuet et dangereux. Patientez: j'aurai l'occasion de vous en présenter un bref historique d'ici quelques semaines. Merci pour votre question!
    Gilles D. - 2017-01-23 09:38
  • Merci Richard et Gilles. J'essaierai de passer à la Société d'Histoire et généalogie. Concernant les écrits sur Louis Bertrand, je les connais. Pour Charles, il y en a moins. J'avais quand même réussi à trouver l'inventaire notarial de ses biens après sa mort ;)
    Yoann - 2017-01-24 07:43
  • C’est vrai que c’est intéressant. J’ai bien hâte de voir la différence des coûts entre les deux, 70 ans plus tard…
    M. Thériault - 2017-01-24 10:38
  • Belle page d'histoire. On ne se demande pas assez comment nos régions ont commencé. C'est vraiment intéressant. D'autres, n'importe quand!
    Annie - 2017-01-24 18:54
  • À M. Thériault. Je vous lance un défi: À vue de nez, combien de fois plus le coût du pont Alphonse-Couturier que le pont Dion? Si vous tentez une réponse, je vous dirai! On en reparlera!
    Gilles D. - 2017-01-24 19:51
  • Ouin, pas facile…. Je risque d’être dans le champ pas mal. Il y a beaucoup d’inconnus et ce ne sont pas les mêmes matériaux… Je dirais 500,000$ ce qui ferait 83,33 fois plus cher.
    Mais il y en a sûrement d’autres qui vont vouloir s’essayer aussi. J’ai hâte de voir ça... ;o)

    M. Thériault - 2017-01-25 11:52
  • À M. Thériault - Bravo! Vous êtes pratiquement en plein centre de la cible! Le ministère des transports avait accordé un contrat de 498 423 $ à la firme Développement Lac Mégantic Inc, de Lac Mégantic, pour la construction du pont Alphonse-Couturier! Il y a probablement eu des frais supplémentaires pour la confection des plans et les surplus inévitables dans ce genre de travaux. Tel que promis, dès que j'aurai un peu de temps devant moi, je vous reviendrai sur le sujet. Félicitations!
    Gilles D. - 2017-01-25 16:41