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Le blogue de Louis Gagnon , par

23 octobre 2017 - 11:50

Crucifix

2 Commentaire(s)

Petit, j’aillais à l’église de St-Ludger le dimanche, je lisais des textes en avant, textes que je saisissais plus ou moins (j’ai compris qui était Paul et pourquoi il écrivait autant de lettres aux Corinthiens après avoir lu Le Royaume de Emmanuel Carrère, le tout, récemment), je servais la messe et j’avais aussi toujours hâte que ça finisse pour aller jouer dehors.

Le nouveau curé, comment l’oublier, tout le monde l’aimait. Je me souviens de monsieur Landry, de madame Béatrice. Du CRJ. De ma première communion, du confessionnal. De l’odeur de chandelle. Du sous-sol de l’église et des rassemblements.

Ma mère a été marguillères. On ne savait pas trop ce que ça impliquait, mais bon. Elle l’était.  

Quand ma grand-mère est décédée, j’ai servi la messe avec mon frère. On commençait à faire vieux et nos pantalons étaient trop larges (fin secondaire oblige).

Le privilège de manger son premier hostie (c’est féminin comme mot, mais on l’a jamais utilisé ainsi). C’était pas clair si on pouvait le croquer ou pas. Il fondait dans notre bouche en même temps que la neige sur nos bottes.

Dans les dernières années, le rendez-vous est devenu annuel, en décembre bien sûr. Ça fait plaisir à mon père. Une nostalgie doit le saisir. En tout cas moi, oui. Ça transporte et j’ai moins hâte que ça finisse.  

Sur le chemin des Raymond, on a restauré la croix de chemin. Mes oncles ont fait ça bénévolement et les voisins, des membres de la communauté religieuse de St-Ludger, le maire et des curieux sont passés voir le résultat. Il y a eu des discours et même madame Béatrice était là avec sa foi toujours aussi forte et contagieuse. Ne manquait qu’une bonne lecture d’une lettre de Paul aux Corinthiens.

La croix de chemin protège les voyageurs, ceux qui empruntent la route, ses habitants aussi. Elle est jolie. C’est un symbole du passé et on respecte sa présence qui, quelque part, explique la nôtre. On ne va pas refaire l’histoire, mais force est d’admettre que, sans le désir de répandre le catholicisme, peut-être que François 1er et ceux qui l’ont mal suivi auraient agi différemment.

On sait aussi les abus, les erreurs politiques des hauts dirigeants de cette même Église. Personne ne va revenir en arrière pour séparer la religion et le gouvernement. On sait ça.

Aux États-Unis, des statues ont été mises à mal après qu’on ait réalisé que ces hommes gravés dans la pierre étaient finalement des beaux salauds, des salauds aujourd’hui, mais des héros hier. Ils n’auraient jamais dû avoir de statues en premier lieu.

Comme il n’aurait jamais dû y avoir de crucifix à l’Assemblée nationale. Il aurait fallu l’enlever au moment où on a choisi de séparer les deux institutions. Aujourd’hui, on s’interroge sur son sort.

Et pourquoi ne pas créer une pièce, un salon, un appartement à même l’Assemblée nationale pour souligner la contribution de l’Église catholique à la fondation du Québec (d’une grande partie de l’Amérique plutôt) ? Une pièce historique. Une belle là, pas un truc fait pour se débarrasser. En tout respect.

Le crucifix pourrait donc se reposer là un peu.

Il en a assez vu et entendu. Et fait.

Laissons au passé la chance d’être ce qu’il est : du passé.

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Toutes vos réactions

2 réaction(s)
  • Mon Dieu que de souvenirs.
    Un texte sensible ecrit avec du respect pour une institution qui decline.
    En fait, apres avoir visite Rome, je me demande pourquoi nos eglises sont negligees alors qu a Rome, c est la richesse totale.
    En redistribuant cette richesse, nous pourrions restaurer nos crucifix.
    Benoit Martin - 2017-11-05 23:46
  • Bonjour M.Gagnon,
    Après avoir lu votre texte j'ai cru voir que vous étiez religieux.
    Vous savez le crucifix n'a pas sa place à l'assemblée Nationale et nulle part ailleurs. On voit un homme mort sur une croix c'est vrai, mais il est aussi vrai que Jésus-Christ le Sauveur est ressuscité en Toute-Puissance et c'est par la foi qu'on croit en ces paroles de la bible. Trop longtemps la religion quelque soit la religion nous ont menti, la religion ne sauve personne, catholique ou autres. C'est Christ qui sauve et qui est mort à la croix et que Dieu le Père a ressuscité pour nos péchés et pour nous racheter du mal. Notre foi doit être en Dieu et en son Fils seulement non pas en une religion.
    Ce même Paul dont vous parlez dans votre texte il s'est converti à Christ et non à une religion et Dieu l'a choisi pour annoncer l'Évangile de paix.
    La Bible dit: Celui qui croit en moi aura la vie éternelle le livre de Jean chapitre (3 verset 16) la bible dit aussi que celui qui ne croit pas n'a pas la vie éternelle et large est la porte de la perdition.
    Je vous encourage à lire la bible et si vous voyez que cela vous interpelle c'est que Dieu vous parle en son Fils Jésus.


    Ruth - 2017-11-20 10:24