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Le blogue de Louis Gagnon , par

29 juin 2017 - 15:51

Quebexit

Si au moins les gens qui aiment la fédération canadienne s’en réjouissaient, ce serait toujours ça.

Mais non.  

J’ai souvent essayé de comprendre. J’essaie encore.

A l’époque de la Conquête, vers 1759-1760, on crevait de faim. La couronne britannique, d’un certain point de vue, leur a sauvé la vie. La France ne faisait plus grand-chose pour nous et, à part perdre ses propres guerres, elle nous voyait plus comme un fardeau que comme une extension de son pouvoir. L’Empire anglais était à son apogée et, quelques années plus tard, nous avons combattu les Américains à leur côté et, fait rare dans notre histoire, nous avons gagné une bataille. Deuxième raison de nous réjouir. De les « aimer ». Ils nous ont protégés contre ce qu’ils avaient inventé comme menace.

Enfin, à travers tout ça, il y a eu l’Acte de Québec qui nous permettait de continuer à parler français et, surtout, nous pouvions demeurer catholiques.

Ces évènements ont enraciné quelque chose en nous, une chose qui s’apparente à de la gratitude envers l’Empire britannique. Difficile d’en vouloir aux gens pour cela.

Si on me sauvait de la faim, de la guerre, en me donnant des conditions de vie meilleures que celles que j’avais auparavant, je serais certainement reconnaissant. Pendant quelques années, disons.

Puis, des « Patriotes » ont réalisé que tout n’était pas rose et que politiquement on se faisait avaler tout rond. Cette rébellion s’est terminée sur un échafaud. C’était pourtant un mouvement noble, de son temps, qui revendiquait des droits qui leur revenaient.     

C’est bien plus tard, de 1960 à aujourd’hui, qu’on semble avoir réalisé davantage la mauvaise foi, le jeu pernicieux du fédéralisme canadien.

Le chantage (la spécialité de Trudeau père).

Les mensonges (scandale des commandites).

L’abrutissement (Jean Chrétien, Harper).

Le mépris (tous ceux nommés plus haut).

La comédie (Trudeau fils).

Le Canada veut nous garder parce que nous sommes un joyau. Si nous étions aussi misérables qu’ils semblent vouloir nous le faire croire parfois, ils auraient fait comme ils ont fait à bien des endroits dans le monde et ils nous auraient mis à la porte.

Nous en aurions bénéficié.

C’est parfois incroyable de réaliser que des gens aient déjà affirmé que le Québec était trop petit pour devenir un pays. Un peu comme dire à un gars de 8 pieds, 400 livres, qu’il n’a pas le physique pour jouer au football.

Et il les a crus.

Si des dizaines et des dizaines de pays ont accédé à la souveraineté depuis que l’ONU a décrété que chaque peuple avait droit à son autodétermination et que nous avons passé notre tour, c’est parce qu’on nous a menti à chaque fois. On s’est fait chanter la pomme et on y a cru. Chaque fois.

Qu’est-ce qui a changé dans nos relations avec le Canada depuis les deux référendums ? Est-ce qu’il y a seulement une chose ? Et combien de promesses nous a-t-on fait ?

Cette fédération tient en place grâce à ses mensonges.

Beau pays.

« Si le Québec devient un pays, les personnes âgées vont perdre leur pension. »

« Il n’y a pas assez de population pour que le Québec soit indépendant. »

« On ne pourra plus manger d’orange au Québec parce que les autres pays ne voudront plus nous en envoyer. »

« Le Canada ne voudra rien négocier avec nous et on ne pourra plus utiliser notre argent. »

« Tu peux garder ta romance », disait Gilles Vigneault.

En cette année du 150e, c’est plus vrai que jamais.

Les jeunes qu’on croit apathiques, endormis, le sont pas mal moins qu’on le pense. Il y a quelques années, une trentaine ou quarantaine, les gens se disaient « Canadiens » (peut-être entendaient-ils l’ancien sens du mot), mais aujourd’hui, très peu de jeunes ne se disent pas Québécois.

Déjà, savoir comment on s’appelle, ça devrait nous mener tranquillement à savoir qui on est.

Pour qu’enfin, un jour, on puisse fêter le premier anniversaire de la République du Québec.

Le Quebexit (sans accent si ça vous tente) pour sortir d’ici et arriver chez nous au Québec.

Un endroit où la vérité pourra s’assoir autour de la table de temps en temps au lieu de pâtir à la table des enfants dans un coin de la pièce comme elle a l’habitude de le faire depuis trop longtemps.

Et au moins, au moins, ceux qui seront chez eux s’en réjouiront longtemps. 

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