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Le blogue de Louis Gagnon , par

1 mars 2017 - 16:02

Nouvelle théorie sur l’apprentissage des langues

Trêve de blastage de politiciens qui m’ont battu aux dernières élections et parlons pédagogie, didactique.

J’enseigne le français en Chine. J’apprends aussi le chinois, le mandarin. Le problème avec le fait d’apprendre le mandarin à Canton c’est que tout le monde parle cantonais. Un problème de plus dans la mare.

J’essaie d’apprendre dans la rue, mais surtout dans les taxis. Les salles de classe, je les fuis ; normal pour un professeur direz-vous et vous aurez raison. Dans les taxis donc, je commence en demandant si je peux pratiquer le chinois avec toi, vous, Monsieur le chauffeur. Reste un ennui : quoi dire Grand Dieu ?

Ce qui m’amène droit dans ma nouvelle théorie, que ceux qui font un doctorat sur le sujet se tiennent prêts : il faut savoir parler du temps en premier, de la température, quand on apprend une langue. Il fait beau hein ! Bon sang, il pleut encore ! Ils annoncent quoi demain ? Depuis 3 jours, c’est si gris, on se croirait à Glasgow. J’ai oublié mon parapluie. C’est normal qu’il fasse si froid à ce temps-ci de l’année ?

A quoi bon parler du reste ? Si je peux dire en chinois les quelques phrases plus haut, cela voudra dire que je connais mes verbes au conditionnel et au subjonctif.

Parce que j’ai essayé de demander, par exemple, vous avez quel âge ? L’autre me regarde, inquiet. Ce jour-là j’ai presque appris à dire Mêle-toi donc de tes affaires, man. Je le comprenais parfaitement. Depuis que j’ai 35 ans, je ne dis plus mon âge à personne. 

C’est tout un métier professeur. Professeur de langue surtout. Assez sous-payé, assez trop d’heures. Et non, il n’y a pas deux mois de vacances l’été. Mais, ça permet de voyager. Je me considère très chanceux de pouvoir faire un bout de route sur cette Terre en gagnant ma vie en même temps. Alors pour les jeunes qui se dirigent dans le métier ou les gens qui rêvent d’un autre ciel, voilà un excellent compromis. Parce que voyager pour voyager, se promener sans but à la recherche d’attractions touristiques… bon ça peut faire un temps, mais peut se tanner assez vite aussi.

En s’établissant quelque part, ça permet de faire de belles rencontres, de vraiment connaitre une ville, d’apprendre une langue.

Et aujourd’hui, même loin, on n’est plus loin. En m’éloignant, je me suis rapproché de plusieurs personnes. Je lis mes articles sur l’Info-Dimanche, sur les journaux du Québec en ligne. Je suis le hockey. La jungle est devenue difficile à trouver. Elle n’existe plus en fait. Je me souviens de Bruno Blanchet qui écrivait pour la Presse au sujet de ses voyages et qui rêvait de se déconnecter totalement. Je ne sais s’il a réussi, mais j’en doute.

En ce qui me concerne, je reviens à Rivière-du-Loup cet été. Bientôt un an que je suis en Chine et plusieurs choses me manquent. Le café de la Brûlerie, le hamburger orange du Frais Délice, la Pointe, mais surtout la famille et les amis. On peut pas tout emporter hein.

Alors pour le dernier droit, je vais tenter de vous raconter davantage la Chine. Elle ne se laisse pas apprivoiser facilement la coquine. Et comme vous le savez, elle n’aime pas trop qu’on parle d’elle, surtout si c’est pour dire du mal.

Mais je n’en pense que du bien alors ça devrait aller.

Il fait froid chez nous ? Ici, c’est beau et chaud, comme toujours.   

 

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