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25 avril 2018 - 06:56 | Mis à jour : 15:02

Les gagnants du concours de fausses nouvelles sont connus

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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À l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur (JMLDA), toujours dignement soulignée à la Bibliothèque François-Bédard, les gagnants du concours littéraire de fausses nouvelles («fake news») ont été dévoilés lors d'un 5 à 7. Il s’agit de Mathilde Kerschbaumer, de Benjamin Perrault et de Geneviève Malenfant.

Pour ce concours littéraire, les enfants, ados et adultes étaient invités en mars à s’improviser journalistes et à inventer de toutes pièces une fausse nouvelle. Preuve du succès rencontré, au-delà de 30 articles ont été reçus, allant de l'acquisition de Cary Price par les 3L, à un écrasement à l'aéroport, par l'enlèvement de Monsieur Mô à un trésor paléontologique sous la côte Saint-Pierre.

À cet effet, à titre de partenaire du concours, Info Dimanche vous présente les trois textes gagnants ainsi que son coup de coeur. Les textes Mathilde Kerschbaumer, de Benjamin Perrault, de Geneviève Malenfant sont publiés ci-bas.

LANCEMENT DE LIVRES

En plus du lancement de Lire aux loups 2017, dont le thème était Vents d’ici, qui ne compte plus les collaborations, pas moins de cinq livres d’auteurs de la région ont été lancés lors de cette soirée spéciale.

En effet, les auteurs Jean-Guy Chouinard pour Un combat inachevé, le jeune Taïm Girardin pour Les aventures d’Argentin et de Tihangano, Gabrielle Filteau-Chiba pour Encabanée, Nathalie Le Coz pour Le Québec à 5 km/h et Joëlle Rivard avec Le berger des loups ont ainsi présenté leur dernier-né.

Texte de Geneviève Malenfant

Combat de mascu-lutte-nité

Article de Jeanne Tervioux pour Info-Semaine

Dimanche 1er avril 2018 —Pour le groupe des « Mascu-lutteurs », le dernier dimanche de chaque mois est désormais synonyme de combat… envers les préjugés. Si ces hommes se réunissent autour de l’arène, ce n’est pas dans l’espoir de voir démolir quelqu’un, mais bien dans celui de mettre K.O. leurs propres souffrances.

Son fondateur, Yvon Crevé, nous raconte comment il lui ait venu l’idée : « J’étais dans le vestiaire, au hockey, quand un des gars est arrivé. Ça faisait des semaines qu’on l’avait pas vu pis personne savait trop pourquoi. Il s’est assis en s’excusant de pas avoir été là, qu’il avait juste pas eu la force de sortir après sa séparation. On lui a toute dit quelque chose comme : “c’est poche, man” pis on est allé jouer notre match. C’est là que ça m’est rentré dedans. Comment ça se fait qu’on était capable de se tomber dans les bras en pleurant quand notre équipe gagnait, mais qu’on était complètement désemparé quand un de nos chums avait besoin d’aide ? »

Quelques mois plus tard, il organisait la première soirée. Il explique sa motivation : « Je me suis rendu compte que les hommes étaient très forts pour exprimer leur colère, mais que pour les autres émotions, c’était pas mal plus tough. Je me suis dit qu’on pouvait peut-être se servir de la colère pour développer le reste. »

 « Quand ils ont inventé la ligne d’improvisation, ils se sont basés sur le hockey, moi, je m’inspire de la lutte. Nos combattants se créent des alter ego, certains font même des costumes ! Tous les coups sont permis pour émouvoir la foule. Des fois, les gars se pratiquent à l’avance, d’autres fois ils y vont au feeling. Des fois, on a droit à des batailles de compliments, d’autres fois, c’est presque des monologues. Des fois, le flot impressionne, d’autres fois, toute se passe dans les regards. Au début, c’était un peu bizarre de voir des gars se crier des affaires comme “J’suis sûr que ton père t’aimait même s’il te l’a jamais dit” par la tête, mais on s’habitue vite. »

Deux « mascu-lutteurs » se défient pendant 2 rounds de 5 minutes. Le public vote. Une autre paire prend la relève puis les deux gagnants s’affrontent. M. Crevé aspire à faire des finales dans le futur, mais pour le moment, « l’important, c’est que les gars s’expriment. Le monde est pas encore prêt à s’engager à revenir. J’aimerais ça faire plus de rounds aussi, éventuellement. »

Il précise que les intéressés peuvent s’inscrire en solo ou en duo sur la page Facebook Mascu-lutteurs-RDL. L’entrée est gratuite. Les prochaines rencontres auront lieu à l’école de lutte de Rivière-du-Loup le 29 avril et le 27 mai.

 

Benjamin Perrault
Sec. 1D


Grosse découverte au Parc des Chutes !!!

 

Il semblerait qu’on a récemment découvert le squelette d’une nouvelle espèce de dinosaure au Parc des Chutes. Quand Fred Deschamps a trébuché sur une « racine » en octobre dernier, le marcheur ne se doutait pas qu’il venait de faire une grande découverte pour la science préhistorique. Piquant du nez, il s’est étalé de tout son long en poussant un cri assourdissant. Alerté par le hurlement, un autre randonneur qui passait par là s’est porté à son secours et a réussi à le calmer. M. Deschamps a pointé du doigt la « racine » responsable de sa chute. Le randonneur, qui souhaite garder l’anonymat, a alors remarqué que ladite racine avait une forme suspecte, semblable à un os d’animal. Celle-ci a été envoyée, à des fins d’analyse, au Centre de recherche du Parc national de Miguasha. Les résultats d’analyse ont révélé qu’il s’agissait du tibia d’une espèce inconnue. Aussitôt, une équipe d’archéologues s’est rendue sur place pour examiner les lieux dans le but de trouver d’autres ossements. De nombreuses journées de fouilles ont permis aux scientifiques de mettre au jour le reste d’un squelette, en état de préservation presque parfaite. Après maintes analyses et beaucoup de travail assidu, non seulement a-t-on pu établir le lien entre le tibia et les autres ossements découverts, mais il s’est avéré que l’ensemble du squelette appartenait à une espèce de dinosaure non répertoriée. « Nous sommes tous excités par cette découverte complètement inattendue. Le nouveau dinosaure  serait herbivore et doté d’ailes qui auraient une envergure d’à peu près deux mètres. D’autres résultats sur l’ADN sont à venir qui nous permettront de mieux le connaitre », a expliqué l’archéologue en chef, Alain Joly‑Ringuette. Entre‑temps, on a invité Fred Deschamps à nommer la nouvelle espèce, comme le veut la tradition. « J’veux qu’ça s’appelle « Serviolyne », parce qu’c’est le nom que j’donnerais à ma fille si j’en avais une. », a-t-il déclaré. Le nom ne plaisait pas aux scientifiques, qui préféraient un terme plus adéquat et professionnel. Après discussions, ils se sont entendus sur Louperivius serviolyni. Quand son analyse sera terminée, le squelette sera exposé au Musée du Bas-Saint-Laurent durant l’été qui vient, puis il ira rejoindre la collection permanente du Musée canadien de la nature. On prévoit une hausse spectaculaire du tourisme à Rivière-du-Loup cet été et une augmentation de 1000 % de la fréquentation du Musée du Bas‑Saint-Laurent.

M. Deschamps a-t-il l’intention de reprendre ses promenades au Parc des Chutes? Pas du tout. Bien au contraire, le voici qui nous fait part de son angoisse : « J’ai eu peur en titi !! J’ferai plus jamais d’marches dans c’te place-là ! »

 

Mathilde Kerschbaumer 10 ans 28 mars 2018

Les chutes dorées

Une fine neige tapissait la route. Ce jour là, la ville était complètement vide. On n’entendait nullement le brouhaha habituel. De plus, des évènements mystiques et invraisemblables s'étaient produits dans la nuit. On avait cru apercevoir un dragon aux écailles volumineuses, un petit prince aux cheveux blonds accompagné d'une rose rouge vaniteuse, une fée élégante aux ailes parsemées d'étoiles, un pirate souriant de toutes ses dents argentées, un géant compatissant au regard profond et plein d'autres petits êtres tous plus mystérieux les uns que les autres.

La raison pour laquelle les habitants de Rivière-du-loup n'étaient pas sortis de chez eux était bien simple. Comme on prévoyait une tempête de neige, tout le monde préférait rester écrasé dans un sofa, une boisson chaude a la main, profitant des toutes dernières technologies dans la chaleur de leur foyer. La nuit suivante, dragons, fées, sorcières, trolls et toutes les autres créatures magnifiques, un sourire étincelant pendu aux lèvres, partaient de la ville. Mais du gousset de l'empathique géant maladroit et imberbe, un petit bout de papier grossièrement roulé tomba sur le sol.

Une jeune fille aux prunelles de lynx avait observé de loin tous ces agissements. Elle déficela le parchemin et lu dans sa tête : Derrière les chutes de la ville, en chantant, statuette et richesse tu trouveras.  «  Les chutes? Eurêka! » cria la jolie fille. « Le parc des chutes! » Elle s'y rendit le cœur battant et les yeux pleins d'espoir. Arrivée à la source, mille et une questions volèrent comme des papillons dans sa tête intelligente. La plus importante était : comment passer derrière les plus majestueuses et les plus impressionnantes chutes dorées ? Elle se remémora à voix haute : « chutes, en chantant, statuette et richesse…   en chantant? » se questionna t’elle. Et notre héroïne entonna son air favori : une sonate de Mozart que sa maman et son papa lui chantaient quand elle était bébé. Cet air la faisait gazouiller et babiller. Elle fredonnait depuis approximativement une trentaine de secondes. Les tourterelles suivaient son air. Tout a coup, une lumière aveuglante mais colorée surgie à la vitesse d'un coup de lance. La mélodie que la gamine faisait entendre plus tôt se fit plus forte. Une bourrasque de vent souleva doucement sa tignasse blonde et dorée. L'eau qui coulait se sépara en deux parties comme de grands rideaux transparents et soyeux. L'enfant merveilleuse fut attirée jusqu'à une grotte sombre et sinistre. Elle posa le pied sur la roche et s'avança malgré sa méfiance. Un faible faisceau de lumière la guida à travers le chemin tortueux.

Après quelques minutes de marche, une vulgaire statuette s’offrit a elle. De ses petites mains, l'enfant pris l'objet froid et le jeta de toutes ses forces contre une pierre. Rubis, émeraudes, saphirs et diamants éclairèrent l'endroit. La jeune fille au cœur d'or savait ce quelle allait faire de tous ces trésors : acheter des médicaments pour sa grand-maman adorée qui était très malade. Les créatures magiques avaient veillé à ce que cette richesse soit trouvée par quelqu'un qui allait s'en servir d'une façon réfléchie.

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Mario, vous être trop sérieux. C'est évident que le but de l'exercice est littéraire et que tout roman constitue généralement une "fausse nouvelle". J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ces textes et j'éprouve beaucoup de malaise lorsque je lis une nouvelle qui m'apparaît "fausse". Sans un sens critique très éveillé, on ne s'en sort pas. Il faut toujours se demander à qui profite la "vraie fausse nouvelle" qui cherche à tromper.

    Richard Boudreau - 2018-04-25 08:56
  • À l’ère où ce qui est fausses nouvelles est dénoncé. Où la désinformation est critiqué et ce, avec raison. Je me questionne sur la pertinence d’un projet qui met de l’avant la fabrication de fausses nouvelles. Et non seulement met-on de l’avant la création de ces fausses nouvelles, mais on en fait un concours pour féliciter les meilleurs.

    Mario - 2018-04-25 07:07