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31 mars 2016 - 17:40 | Mis à jour : 1 avril 2016 - 08:27

Enquête lève le voile sur le rôle de Marc-Yvan Côté chez Premier Tech

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Rivière-du-Loup - L’émission Enquête d’ICI Radio-Canada aura certainement eu un effet-choc dans la région alors qu'elle a révélé jeudi une série de courriels échangés entre le ministre Sam Hamad, le controversé Marc-Yvan Côté, le vice-président au développement corporatif de Premier Tech, Yves Goudreau et le président et chef de l’exploitation de Premier Tech, Jean Bélanger.

Le pouvoir d'influence de Marc-Yvan Côté y est explicitement exposé.

Si le reportage fait perdre de sa superbe à l’entreprise louperivoise, un fleuron prenant un soin jaloux de son image, le ministre Hamad en sort, lui, durement écorché alors qu'il serait intervenu auprès du Trésor et aurait fourni de l'aide à Marc-Yvan Côté dans l'octroi d'une subvention.

  >> Le reportage d’Enquête

Les courriels échangés à l'interne et dévoilés dans le reportage démontrent le rôle de facilitateur joué par Sam Hamad dans l’obtention d'aide gouvernementale pour Premier Tech pour des demandes formulées en 2010 et 2011. Le ministre y est décrit comme «notre ami Sam» dans un courriel envoyé par Marc-Yvan Côté et destiné à Jean Bélanger.

Selon ce qui a été dévoilé par Enquête, Sam Hamad n'a pas hésité à donner «des informations confidentielles sur les délibérations au Conseil du Trésor.»

Son contact chez Premier Tech était Marc-Yvan Côté, vice-président du C.A. Or, tel que rapporté par Radio-Canada, l’ancien politicien n’est pas enregistré au registre des lobbyistes. Une omission qui ne l'empêchera pas de capitaliser sur ses accès privilégiés auprès du ministre.

En mai 2012, Jean Charest, en compagnie de Bernard Bélanger, du député Jean D'Amour et du ministre du Développement économique Sam Hamad, annonçait une aide de 19,7 M$ à Premier Tech. De cette somme, 11 M$ provenaient d'Investissement Québec et le reste d’une subvention du ministère du Développement économique de 8 M$.

Le reportage d'Enquête met aussi en lumière un volet du financement politique dans lequel ont contribué Marc-Yvan Côté mais aussi «certains dirigeants et administrateurs de Premier Tech, ainsi que des membres de leur famille». Ces derniers auraient versé plus de 20 000 $ au PLQ lors d'une période allant de 2008 à 2012.

Rappelons que ce mardi 29 mars, Premier Tech confirmait que les fonctions occupées par l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté sur son conseil d’administration lui avaient été retirées le 17 mars, date à laquelle l’ancien politicien avait été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Le reportage d'Enquête a été présenté jeudi soir à 21 h sur ICI Radio-Canada Télé.

RÉACTIONS

L’opposition, tant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec, a réclamé l’exclusion de Sam Hamad du Conseil des ministres. Le PQ a aussi demandé à l’UPAC et au Commissaire à l’éthique d’ouvrir des enquêtes.

De son côté, Amir Khadir de Québec solidaire (QS) a réclamé la démission du ministre Hamad. Quant au député Pascal Bérubé du PQ, ce dernier rappelé sur Twitter que «Marc-Yvan Côté a été banni à vie du PLC en 2005. Malgré cela, le PLQ a fait appel à ses services pour du financement jusqu'en 2012.»

PREMIER TECH

En réaction au reportage diffusé à l’émission Enquête de Radio Canada, ce 31 mars, Premier Tech qui emploie 1 300 personnes, dont 1 025 à son siège mondial de Rivière-du-Loup a tenu à préciser certains éléments.

«Toutes les contributions électorales faites par les dirigeants de Premier Tech, ou les membres de leur famille, ont été effectuées dans le plus strict respect des dispositions législatives applicables. Un faible nombre de dirigeants de Premier Tech ont historiquement contribué, de manière assez marginale, au financement populaire de divers partis politiques autant provinciaux que fédéraux. Premier Tech ignore tout des contributions politiques de M. Marc-Yvan Côté ou des membres de sa famille», a précisé l’entreprise par voie de communiqué.

Quant aux activités de lobbying, l’entreprise assure respecter les règles de cette activité. «Ses employés et dirigeants responsables à cet égard sont dument enregistrés pour tous les dossiers actifs. Premier Tech continue d'être pleinement engagée dans le respect des lois et des règles entourant toutes ses affaires», souligne-t-on.

 

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