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LE 15 SEPTEMBRE 2021 • INFODIMANCHE 44 ACTUALITÉ PROPOS RECUEILLIS PAR MARIO PELLETIER Vous travaillez sur un vaste territoire et êtes régulièrement absente de la région, que répon- dez-vous à ceux qui vous reprochent de vous être éloignée des priorités de la circonscription? «Je ne me suis pas éloignée des priorités de la région. Elles vont être prises une à la fois et je pense que c’est comme ça que l’on va avancer.» Vous prônez le développement économique, comment développer le Témiscouata et les Basques, deux des plus pauvres MRC du Québec? «On a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte au niveau du développement économi- que. Je prends par exemple le manque de main- d’œuvre qui était déjà ressenti avant la pandémie et dont on subit encore les contrecoups. Oui on accueille des immigrants, mais on en a moins dans nos régions, je pense que ce serait quand même important aussi. Il y a un autre facteur, c’est le manque de logements, le manque d’accessibilité à la première maison pour nos jeunes, ça aussi ça fait partie de l’économie, un jeune couple fait rou- ler l’économie. On a des fleurons dans le secteur, lorsqu’on a des compagnies qui veulent dévelop- per, avancer, il y a un partenariat à avoir avec les centres de formation.» Quel est le principal enjeu dans la MRC des Basques? «Les Basques, c’est surtout le tourisme. C’est un territoire qui est quand même assez vaste, c’est une économie qui est en développement. On a plusieurs belles municipalités qui sont en plein essor, qui demandent juste un coup de pouce.» Quel est le principal enjeu dans la MRC de Témiscouata? «Dans le Témiscouata il y a l’accessibilité, la liaison avec le Nouveau-Brunswick, on a une belle route. Les gens ne vont pas nécessairement dans les terres. On a aussi l’acériculture, c’est vraiment fort. On est méconnu, j’ai découvert des petites compagnies qui sont en émergence au niveau ali- mentaire. Si on peut donner une chance à ces entreprises-là, je pense qu’on donne une chance à nos jeunes et aussi une chance aux gens de rester dans le secteur et d’avoir beaucoup plus de suc- cès, beaucoup plus de développement.» Comment défendez-vous l’acquisition et l’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain, du financement par le gouvernement libéral des énergies fossiles à hauteur de 10,7 milliards par année? Comment conciliez-vous ce tiraille- ment environnemental? «Trans Mountain a été fait au préalable, je crois, pour développer. À mon avis, la bonne volonté était là au départ. Maintenant, ça fait quand même plusieurs années que ça été créé, je crois sincère- ment qu’on peut le conserver sans apporter de facteur financier, sans l’augmenter financière- ment. Non, je ne suis pas pour ça le développe- ment fossile, c’est sûr et certain, comme plusieurs aussi. Si on le conserve par contre pour pouvoir avoir un revenu suffisant pour aider l’économie, oui là c’est différent. Mais il ne faut pas augmenter son financement et tous les autres produits qui en découlent. Non on n’investit plus là-dedans, c’est ce que M. Trudeau s’engage à faire. D’ailleurs dans notre paysage à nous, on a des éoliennes.» Dans quel dossier, Ottawa gagnerait à mieux respecter les compétences du Québec? «Si vous faites allusion à la santé, elle est gérée par les provinces c’est certain. Chaque province a son mot à dire et a sa façon d’agir différente. Jusque-là, on s’entend bien là-dessus. L’argent qui est déployé du fédéral vers les provinces, c’est normal qu’il ait à dire vous le mettez dans quoi exactement. Pour avoir plus une idée où est-ce que l’investissement va être, pour permettre de dire ok il y a eu tant d’argent dans ce secteur-là, dans les hôpitaux, les CHSLD. (…) C’est important de con- naître dans quelle direction on s’en va.» Comment aider concrètement l’ industrie forestière? «L’industrie forestière a quand même un gros développement. La majorité des petites municipa- lités ont une entreprise qui œuvre ou qui a un lien avec l’industrie forestière. Je sais que nos entrepri- ses plus développées vont faire affaire avec l’étranger, c’est quand même bien, elles ont su tirer leur épingle du jeu. Il y a aussi un enjeu nature, il faut garder un équilibre à ce niveau-là; je crois que nos entreprises savent bien gérer cette partie- là. Là où on peut donner un coup de pouce, c’est au niveau de la formation.» Que croyez-vous apporter de plus que le député sortant? «Moi je suis née à Notre-Dame-du-Lac, j’ai grandi à Biencourt, mon père y demeure encore d’ailleurs, je suis venue à la polyvalente de Squatec, j’ai aussi ma mère qui demeure à Rimouski, j’ai ma résidence depuis 2001, je viens pas mal de la région. Ma première entreprise, je l’ai eue j’avais 19 ans; il me restait 50 $ dans mes poches que j’ai mis dans le tiroir-caisse de ma compagnie. J’étais audacieuse à l’époque et encore aujourd’hui. J’ai toujours été appuyée par les gens du territoire et j’ai grandi. Les gens m’ont toujours fait confiance, ils savent que je mène à bien mes projets, ça c’est important lorsque l’on représente quelqu’un, un comté». C’est pratiquement réglé pour Internet haute vitesse, que comptez-vous faire pour la télépho- nie cellulaire? «Dans le monde dans lequel on vit, tout est informatisé, tout est internet, le cellulaire, tout ou presque. Je crois que toutes les municipalités sont d’accord pour mettre de l’avant quelque chose de concret. On va faire affaire avec des partenaires, on va lancer un appel à ces gens-là pour en venir à une solution. Moi je veux suivre de près le dos- sier, on est en 2021, on est dû pour avoir un réseau cellulaire viable.» Libre-échange et gestion de l’offre, les agricul- teurs se sentent abandonnés, que pensez-vous faire pour eux? «Pas tous les agriculteurs pensent de la même façon, il y a plusieurs opinions partagées. Aujourd’hui même à 11 h, j’ai une rencontre Zoom avec eux, pour avoir un son de cloche commun. Qu’est-ce qu’ils ont besoin maintenant, rapide- ment ? C’est quoi les choses qui feraient évoluer concrètement leur situation?» Que dites-vous aux bloquistes pour les inciter à voter pour vous? «Moi je suis Québécoise, je suis née au Québec et j’adore mon coin de pays. J’ai visité plusieurs endroits et je reviens toujours ici parce que je suis attachée à ma région. J’aime ma région et je veux qu’elle avance, que l’économie puisse enfin vivre et non survivre. Je tiens à cette région-là moi. J’uti- lise les mots de M. Blanchet, votez avec le cœur. Je ne veux pas nécessairement convaincre les gens, je veux qu’ils puissent s’arrêter et faire la part des choses, ils sont amplement capables de faire leur propre opinion.» Léonie Lajoie, candidate du Parti libéral du Canada dans Rimouski-Neigette – Témiscouata – Les Basques PROPOS RECUEILLIS PAR MARIO PELLETIER Pourquoi la population voterait-elle pour un candidat qui n’habite pas la circonscription et qui n’a pas une connaissance approfondie des dossiers? «Ne pas habiter dans la circonscription, je pense que ce n’est pas la même chose que de ne pas connaître les dossiers. C’est une région que j’adore absolument et une région dans laquelle j’habiterai éventuellement. Je ne suis vraiment pas un candidat poteau, c’est important que les gens aient le choix d’être représentés par un can- didat du NPD pour vraiment défendre leurs inté- rêts à Ottawa. C’est une région qui mérite d’être représentée par un candidat du NPD, Guy Caron a tellement bien représenté la région pendant 8 ans. Moi, ce fut un choix personnel de représen- ter la circonscription de Rimouski-Neigette – Témiscouata – Les Basques, une région que j’adore et pour laquelle les enjeux sont très importants, tant le réchauffement climatique que l’accessibilité au transport en commun.» Vous n’êtes pas un politicien de carrière, est-ce un avantage ou un désavantage dans l’exer- cice des fonctions par rapport à votre adver- saire du Bloc québécois? «Je dirais plutôt que c’est un avantage. Moi mon survol est plutôt en justice économique et sociale, je fais vraiment ça pour faire avancer les causes de justice. Actuellement je fais une deuxième maîtrise en administration publique. Je ne suis pas un politicien de carrière, mais je sais très bien comment ça fonctionne, j’ai étudié en science politique, aussi au niveau de l’économie, du droit, ce sont des milieux que je connais très bien.» Le NPD propose une approche centralisatrice, comment y parvenir tout en respectant les compétences et la juridiction du Québec? «Chaque fois que nous proposons quelque chose comme les transferts en santé, du trans- port en commun, du logement social, souvent la réponse est non c’est de juridiction provinciale, compétences provinciales. Nous en fait au NPD, ce n’est pas qu’on vote contre les décisions pour les municipalités, pour les provinces, on va être capable de travailler avec les provinces, avec les municipalités, on sait qu’il y a des enjeux, par exemple au niveau du transport en commun. Les enjeux au niveau de la santé, on veut être capable de travailler avec la province pour faire ces trans- ferts-là. Je trouve ça un peu désolant d’entendre la cassette conservatrice ou bloquiste de compé- tences provinciales.» Identifiez les principaux enjeux de la circons- cription? «C’est une très grande circonscription, les enjeux de Rimouski-Neigette ne sont peut-être pas nécessairement les mêmes que pour les Basques et le Témiscouata. Pour moi, en fait, si je prends le Témiscouata et aussi les Basques, c’est vraiment la connectivité au niveau du cellulaire et Internet haute vitesse. On a vu avec la pandémie l’importance d’avoir Internet haute vitesse. La couverture cellulaire, c’est vraiment pitoyable dans ces régions-là. C’est un enjeu de connecti- vité mais aussi de sécurité, pas avoir ce réseau-là, ce n’est pas acceptable. Sylvain Lajoie, candidat du Nouveau Parti démocratique dans Rimouski-Neigette – Témiscouata – Les Basques ÉLECTIONS F ÉDÉRALES 2 0 2 1 ÉLECTIONS F ÉDÉRALES 2 0 2 1 SUITE À LA PAGE 45

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