Publicité

Le blogue de Richard Levesque

23 avril 2020 - 05:00

Si on parlait de confinement?

Depuis quelques semaines, mon épouse et moi avons travaillé à monter une maquette du Mayflower, ce voilier qui, en 1620, a vogué sur l’Atlantique pendant 65 jours avec 102 passagers, dont 30 membres d’équipage, pour amener au Massachusetts des Puritains fuyant l’Angleterre. 

Cet agréable passe-temps m’a fait réfléchir aux conditions de nos ancêtres, confinés dans des coquilles de noix, en plein océan,  pendant deux ou trois mois…  Et j’ai trouvé sur Internet un beau texte de André Lachance qui décrit bien ces voyages des XVIIe et XVIIIe siècles. 

Je vous invite à le lire attentivement.  Vous allez voir que notre confinement est pas mal plus confortable que ceux des colons, des soldats, des Filles du Roy dont le sang généreux coule encore dans nos veines.

 

 

« Partis principalement de l’Île-de-France ou du Nord-Ouest (Normandie, Bretagne, Poitou, Aunis, Saintonge et Picardie), ce n’est pas sans une certaine angoisse face au voyage que les immigrants en partance pour le Canada montaient à bord d’un navire de moins de 200 tonneaux dont la longueur était inférieure à 25 mètres. Inutile de mentionner que dans un si petit bâtiment le confort laissait à désirer. La place réservée aux passagers y était très limitée. Tout le monde, fonctionnaire du roi, missionnaire, religieuse, officier militaire, soldat, engagé, fils de famille, braconnier, faux saunier, marchand, commis et émigrant volontaire, étaient serrés comme des sardines, en particulier ceux et celles qui couchaient dans la « sainte barbe » à l’arrière du bâtiment. Car, en plus des passagers et des membres d’équipage, le bateau contenait les marchandises et la nourriture pour la traversée, c'est-à-dire des provisions pour deux mois environ. Des animaux vivants comme porcs, moutons, poules, bœufs et chevaux étaient parqués près des cuisines sous le gaillard d'avant, une partie de ceux-ci devant servir à la consommation à bord pendant la traversée.