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Le blogue de Richard Levesque

16 juin 2016 - 05:15

Les Mystères Lescope (10)

6 Commentaire(s)

…Albert et Thomas ne font qu’un.  Ce qui leur revient est rassemblé en enfer.  Mais Vanessa ne doit pas craindre : quand Thomas aura trouvé la suite, elle trouvera son chemin dans le ciel.

Thomas, comme assommé, se laissa tomber sur une chaise.

—Nous n’en aurons donc jamais fini avec ces maudites énigmes, siffla-t-il.  Maudites énigmes, maudit Lescope!  Même mort, il trouve le moyen de nous torturer!

Vanessa regarda sa montre.

—Le temps passe, il ne nous reste plus que quelques heures.  Reprenez-vous, Thomas.  Il faut trouver l’enfer, puis il me faudra trouver le chemin du ciel…

À ces mots, Thomas leva les yeux vers Marion et Robert:

—Vous deux, vous avez déjà trouvé vos affaires.  Allez-vous continuer à nous aider?

—Je ne sais pas trop si je ne vous laisserais pas tomber, Albert et toi, répondit Marion.  Vous ne me semblez pas beaucoup moins pourris que cette crapule de Didier.  Seulement voilà : je pense que Vanessa mérite son héritage, et il semble bien que nous devrons trouver le vôtre avant d’avoir accès au sien.  Alors oui, je vais continuer à vous aider, mais…

—Pensez-vous vraiment que je vais abandonner ma femme? demanda Robert d’une voix glaciale. 

—Chère Vanessa, nous vous devons bien des grâces, ironisa Thomas.  Allons, un pour tous et tous pour un, comme disait l’autre.

Il se leva, étala un peu de caviar sur un toast, et ajouta :

—Avant de chercher le chemin de l’enfer, je me demande si nous ne devrions pas nous reposer un peu et profiter de ce beau buffet…

Étonnamment, tous s’aperçurent qu’ils avaient faim.  Chacun se servit et pendant quelques minutes, sous le grand lustre qui faisait étinceler l’argenterie et le cristal, on n’entendit plus que le bruit discret des couverts maniés avec distinction.

Puis Robert déposa son assiette et demanda tout haut ce que chacun se demandait tout bas :

—Qu’est-ce que c’est que cette allusion à l’enfer?  D’abord vous deux, Thomas et Albert, il paraît que ce qui vous revient est rassemblé…  Mais qu’est-ce qui vous revient, en avez-vous une idée?  Est-ce gros ou petit, à quoi est-ce que ça pourrait ressembler?

—Bonne question, approuva Marion en s’essuyant les mains avec une élégante serviette damassée.  Pour Robert nous cherchions des timbres, pour moi une cassette de bijoux…  mais pour vous, que cherchons-nous?

Albert et Thomas se regardèrent un moment, puis Albert se décida :

—Ça peut être plus ou moins volumineux, selon les supports sur lesquels Lescope a sauvegardé…  des cassettes, des documents-papier, des CDs, voire des clés USB…

—Si je comprends bien, dit Vanessa avec une grimace de dégoût, Didier vous faisait chanter.  Votre…  héritage, ce sont des documents compromettants, des preuves de vos malversations?

—Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas, jeune dame, coupa Thomas.  Contentons-nous de chercher.  D’ailleurs, comme on l’a si gentiment exprimé tantôt, votre propre héritage dépend de la découverte du nôtre.

Un lourd silence suivit.  Puis Robert dit pensivement :

—L’enfer, c’est le feu éternel.  Qu’est-ce qu’il y a, ici, qui ait rapport avec le feu?  Un foyer, un poêle, une fournaise?  Comment cette baraque est-elle chauffée?

—Il faut visiter chaque pièce, décréta Marion.  Allons chacun de notre côté.  On se retrouve dans le hall d’ici trente minutes.

Ainsi firent-ils.  Albert visita les trois chambres sans rien trouver.  Robert découvrit dans la cuisine une porte menant au sous-sol, mais n’y trouva rien.  Ni Marion, ni Albert ne furent plus heureux : bureau, hall, chambres, salle à manger, bibliothèque, toutes les pièces furent visitées.  Il n’y avait pas de fournaise, le chauffage était électrique, de même que la plaque de cuisson de la cuisine.  Vanessa eut bien un peu d’espoir en apercevant le foyer de la salle de billard, mais ce foyer était parfaitement propre, sans une trace de cendre ou de suie.  Elle en sonda chaque brique.  Rien.

—Rien! Avouèrent-ils tour à tour quand ils se rassemblèrent dans le hall.

—Attendez un peu, dit alors Marion pensivement.  L’enfer, est-ce que ça peut être autre chose que du feu?

—Bien sûr!  S’exclama Robert.  Comment n’y ai-je pas pensé avant?…

À quoi donc pense notre ami Robert, impatients lecteurs?  En avez-vous une idée?  Si oui, faites-nous en part.  Nous verrons la semaine prochaine si votre idée était la bonne…

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Toutes vos réactions

6 réaction(s)
  • En fait, je sais bien que vous avez déjà plusieurs autres idées, impatients lecteurs. Mais l'une d'elle sera-t-elle la bonne? Comme le ciel, l'enfer est infini...
    Richard - 2016-06-16 05:56
  • "L'enfer, c'est les autres", a dit je ne sais plus qui. Mais ça n'aide pas beaucoup la cause qui nous préoccupe ici. Je pense que je vais attendre sagement l'épisode 11.
    Yoann - 2016-06-16 07:36
  • Voyons voir: On nous représente l'enfer, entre autres, par le feu, la chaleur, le Diable, le lac contenant les âmes damnées, Hadès, la barque, la noirceur, le mal, le châtiment, la douleur. Je ne vois vraiment pas ce que ça peut être si ce n'est la chaleur ou le feu. "L'enfer est pavé de bonnes intentions" disent nos bien-pensants? Je vais dormir là-dessus..
    Annie - 2016-06-16 07:42
  • @Yoann: je pense que c'est Sartre qui a dit "l'enfer, c'est les autres". Y aurait-il là un indice exploitable?
    Richard - 2016-06-16 12:11
  • Il faudrait trouver une bible dans la bibliothèque.

    Peut-être que certains passages ont été surlignés ou annotés.

    Aussi, Lescope aurait pu glisser une feuille dans la bible.
    Valérie T-D - 2016-06-17 17:51
  • Je pense à ça depuis ce matin ;o) et c’est ma dernière tentative avant les précieuses révélations qui nous seront données jeudi… Dernière tentative. « L’enfer, c’est les autres » de Sartre comme parlait Yoann. S’il dit que leurs legs sont rassemblés en enfer et prenons pour acquis qu’il faisait allusion à cette phrase de Sartre, en allant faire un tour dans les rayons de la bibliothèque des livres interdits (si l’enfer n’est pas là), qu’il jette donc un œil sur une section de la bibliothèque qui contiendrait des films. Y a le film « Les autres » qui parle de gens qui sont morts sans l’avoir réalisé. Les documents que cherchent nos 2 crapules sont peut-être dans une boîte de ce film. Je ne vois rien d’autre et je trouve l’attente pas mal longue. C’est jeudi qu’ils se décideront enfin à jeter un œil derrière le « satané » paravent?
    M. Thériault - 2016-06-20 17:07