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Le blogue de Richard Levesque

15 mai 2014 - 06:00

Il y aura 100 ans dans quelques jours

5 Commentaire(s)

Le 28 mai 1914 – il y aura 100 ans dans quelques jours - 1 477 personnes quittent le port de Québec sur le plus beau navire de la compagnie Canadian Pacific.  Baptisé l’Empress of Ireland, ce géant des mers descend doucement le fleuve, guidé par un pilote chevronné.

L’Empress mesure 550 pieds de longueur, 65,5 pieds de largeur; son tirant d’eau est de 26 pieds.  Lancé en 1906, il jauge 14,000 tonneaux.  Dans ses cales s’entassent 2 600 tonnes de charbon, ce qui est amplement suffisant pour alimenter ses puissantes machines jusqu’à Liverpool, grand port du nord-ouest de l’Angleterre et futur berceau des Beatles…

En cette fin d’après-midi encore fraîche de la fin-mai, les 1 057 passagers s’installent dans les cabines, se promènent sur l’un des sept ponts, font connaissance avec leur ville flottante, prennent leur premier repas à bord…  Pendant ce temps les 420 membres de l’équipage s’activent comme des fourmis travailleuses.

Le pilote quitte le navire à Pointe-au-Père.  Le jour tombe.  Les passagers, pour la plupart, s’installent pour la nuit.

À 1h56 du matin, le 29 mai, malgré que toutes les précautions aient été prises selon la prudence maritime ordinaire, le charbonnier norvégien Storstad sort de la brume et sa proue, renforcée d’acier pour résister aux glaces, s’enfonce dans le flanc de l’Empress.  Le courant sépare les deux navires, des millions de litres d’eau s’engouffrent dans le flanc ouvert…


La salle à manger (2e classe)

Quatorze minutes plus tard, à 2h10, le paquebot géant a disparu sous les eaux.  Je ne raconterai pas ces 14 minutes :  d’autres l’ont fait.

Je dirai seulement ceci : des 1 477 personnes embarquées la veille, 1 012 sont mortes. Il y avait 138 enfants à bord; 134 ont péri dans les eaux glaciales.

Tout ça s’est passé en face de Sainte-Luce-sur-Mer, dans la nuit du 28 au 29 mai 1914.  Il y aura 100 ans dans quelques jours.

Sombré dans l'oubli: L'histoire de l'Empress of Ireland - (Bande-annonce)


 


Finissons sur une note moins triste, et plus insolite.  Deux ans plus tôt, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, un pelleteur de charbon du nom de William Clarke a survécu au naufrage du Titanic.  En 1914 il avait repris du service, toujours comme pelleteur de charbon, sur l’Empress of Ireland. Encore une fois, il réussit à se sauver.  Je ne sais pas quand ni comment il est mort…  L’un de vous saurait-il me le dire?

Ce sera mon énigme pour cette semaine!


The RMS Empress of Ireland


 

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5 réaction(s)
  • Un grand bravo et un grand merci au webmestre Nicolas pour avoir si bellement et si pertinemment illustré mon petit texte!
    Richard - 2014-05-15 15:55
  • Et bravo aussi à vous pour ce merveilleux petit texte! Ce naufrage a été toute qu'une histoire, même ici dans le Témis. Mon beau-père m'en a déjà parlé il y a bien des années... Il y avait une exposition ou un musée dédié à cette tragédie. Est-ce à Rimouski ou à RDL?
    Annie - 2014-05-15 21:40
  • @Annie, je crois savoir que c'est à Pointe-au-Père.
    Richard - 2014-05-16 08:20
  • Je me demande bien si quelqu’un parviendra à la résoudre votre énigme, car ce que j’en sais l’histoire aurait perdu la trace de ce William Clarke. Il aurait même survécu, vraisemblablement à un troisième naufrage… Voici.
    Ces deux tragédies ont fortement ébranlé le valeureux marin. Il dira en les comparant : « le Titanic a coulé lentement, comme un bébé qui s’endort alors que l’Empress a sombré comme un cochon qui se roule dans la boue. Le pire a été le Titanic, cette longue attente angoissante où on se demandait si on allait s’en sortir. Sur l’Empress, tout s’est passé si vite qu’on ne se posait pas de question, il y avait des choses à faire et on les faisait. »
    L’histoire perd ensuite la trace de William Clark. Cependant, un an plus tard, le 7 mai 1915 à 14h25, Le Lusitania est envoyé par le fond par un sous-marin allemand. L’attaque fera 1 198 victimes. Parmi les rescapés, un chauffeur se faisant appeler Frank Toner dit avoir survécu à sa troisième grande tragédie car il était sur le Titanic et l’Empress of Ireland. Il n’y avait pas de marin nommé Toner dans l’équipage du Titanic, pas plus que dans celui de l’Empress of Ireland. Ce Toner était un Irlandais d’environ 43 ans, fortement charpenté, arborant une grosse moustache grise et des yeux très bleus, une description qui colle très bien à William Clark. De plus, Toner aurait déclaré que le Lusitania avait disparu « comme un galet qu’on fait rebondir sur l’eau » le même langage imagé que Clark. Est-ce que celui-ci, voulant éviter qu’on le refuse parce qu’il porte malheur, s’est engagé sur le Lusitania sous un faux nom? Rien ne le prouve mais, si c’était le cas, cet homme à la chance incroyable aurait survécu aux trois plus grandes tragédies maritimes de l’histoire.
    J’ai échoué alors, je vais faire mon deuil de la facile… Dommage, je vais faire avec.
    M. Thériault - 2014-05-16 11:54
  • Le musée est bel et bien à Pointe-au-Père, c'est à voir ! Ils parlent de ce pelleteur qui a survécu aux deux naufrages, ce qui est ahurissant, mais je ne me souviens plus de quoi il est mort. De rien de grave, je pense...

    Yoann - 2014-05-16 13:09