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12 juillet 2018 - 11:26 | Mis à jour : 15:26

Claude Leblanc déclaré coupable d’agression sexuelle

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le Témilacois Claude Leblanc a été déclaré coupable d’agression sexuelle le 12 juillet, après que le juge Denis Paradis ait qualifié sa version d’invraisemblable. L’accusé a raconté une histoire de «numéro deux» en plein air qui se serait transformée en avances de la part de la victime, suivies d’attouchements dans un boisé. Il a écopé d'une peine d'emprisonnement dans la collectivité de neuf mois, suivie d'une probation d'un an. 

«Le Tribunal ne croit pas l’accusé. Sa version est cousue sous l’étendard de l’invraisemblance (…) Tout cela défie le bon sens et le discernement», a ajouté le juge Denis Paradis.

PEINE

La procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault, a présenté la suggestion commune élaborée avec l’avocat de la défense, Me Pierre Gagnon. La peine de neuf mois d’emprisonnement dans la collectivité tient en compte le fait que Claude Leblanc est âgé de 78 ans, que les gestes commis remontent à l’année 2000, qu’il ne possède aucun antécédent judiciaire à ce jour et que cet homme a été un actif pour la société.

Ses antécédents judiciaires ne sont pas pris en compte puisque le verdict de sa culpabilité pour une agression sexuelle sur une personne mineure prononcé le 16 juin 2016 dans un autre dossier est toujours en attente d'une date d'audition devant la Cour d'appel. 

«INVRAISEMBLANCE»

Deux témoins ont été entendus lors du procès tenu au palais de justice de Rivière-du-Loup 11 juillet, soit la plaignante et l’accusé. Ils ont offert des versions discordantes des évènements survenus entre le 1er mars 1999 et le 1er juin 2000 à Témiscouata-sur-le-Lac.

C’est à la suite d’un souper homard bénéfice que des attouchements auraient été commis par Claude Leblanc envers la victime. D’après le témoignage de l’accusé, quelques minutes après avoir quitté la salle à pieds, il a senti une envie pressante d’aller à la salle de bains. «Je me suis installé dans un coin près de l’église et j’ai fait ce que j’avais à faire», a-t-il relaté. Claude Leblanc a ensuite été confronté par la procureure Manon Gaudreault qui lui a souligné qu’il aurait pu revenir à la salle communautaire plutôt que de se soulager en plein air, dans un endroit ouvert, ce dont il a convenu. Selon M. Leblanc, la victime se serait ensuite approchée de lui, même s’il lui a fait savoir qu’il n’était pas en état de «la recevoir».

Toutefois, il se défend d’avoir voulu initier des rapprochements avec la victime puisqu’il «était sale». L’accusé a également confirmé devant le juge Denis Paradis que la victime ne l’avait pas touché, mais qu’elle lui aurait lancé des invitations à se rendre dans un boisé pour avoir des rapprochements. 

«C’est impensable que l’initiatrice de ces gestes se laisse ‘’taponner’’ et ne réagisse pas», a fait savoir le juge lors de la lecture de sa décision.

CONSENTEMENT?

Pour rendre sa décision, le juge Paradis a dû faire une appréciation de la crédibilité des témoins. D'entrée de jeu, il a souligné que le Tribunal ne croyait pas l'accusé. Selon la version de la victime, M. Leblanc l’aurait maintenue de force contre un arbre pendant qu’il lui faisait des attouchements aux seins. Elle l’aurait frappé et il aurait ensuite pris la fuite en courant. Claude Leblanc n’a pas contredit la victime.

Lors des représentations des procureurs, l’avocat de la défense, Me Pierre Gagnon a fait valoir que le juge avait à déterminer la crédibilité à accorder aux témoignages des deux parties, ainsi que le consentement de la victime.

«L’histoire du ‘’numéro deux’’ donne toute la crédibilité à M. Leblanc. Ce serait la pire des versions à vous donner, si c’était inventé (…) Des gestes de nature sexuelle ont eu lieu lors de cette soirée, tel qu’admis. C’était une évidence pour mon client qu’elle était consentante», a soulevé Me Gagnon. Cette histoire de défécation n'a pas permis à Claude Leblanc de se blanchir de l'accusation d'agression sexuelle portée contre lui. 

De son côté la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault, a souligné le côté saugrenu des explications fournies par l’accusé. «En effet, c’est la pire des inventions. Son affaire, ça ne tient pas debout…Elle aurait vu M. Leblanc en train de déféquer, et elle aurait voulu se faire toucher par ses mains sales?»

Rappelons que le 16 juin 2016, Claude Leblanc avait été déclaré coupable d’attouchements et d’incitation à des contacts sexuels envers une personne mineure. Il a écopé d’une peine de 36 mois d’emprisonnement, puis a été remis en liberté sous engagement le 9 novembre pendant les démarches d’appel de son verdict de culpabilité. Un engagement de 20 000$ a été nécessaire pour éviter sa détention. Une ordonnance de non-publication protège l’identité des victimes dans ces deux dossiers.

 

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