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6 janvier 2021 - 17:31 | Mis à jour : 7 janvier 2021 - 09:53

Confinement et couvre-feu : «On a besoin d’un traitement choc»

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Commerces non essentiels, restaurants, gyms, théâtres… une grande partie de l’économie du Québec sera pause pour une période prolongée de quatre semaines « pour casser la deuxième vague de la pandémie de COVID-19». François Legault a annoncé la poursuite du confinement et même l’instauration d’un couvre-feu, ce mercredi 6 janvier à Montréal. 

Les Québécois se préparaient à entendre cette nouvelle de la bouche du premier ministre depuis quelques jours déjà, après que des informations aient coulé dans La Presse, puis dans d’autres médias nationaux. Elles ont été confirmées, lors d’un grand point de presse tenu en fin de journée. 
François Legault a expliqué que le Québec était dans une course contre la montre face à la COVID-19, une épreuve «qu'on a perdue», collectivement, dans le dernier mois. 

«La situation s’est empirée. Le nombre de cas, d’hospitalisations et de décès a augmenté. La situation est vraiment critique grave […] Mais on peut toujours gagner. Nous sommes au pire de la bataille. Je compte sur tous les Québécois, merci pour vos efforts», a-t-il lancé. 

Dans la lutte contre le virus, M. Legault a mentionné qu’il fallait un «traitement choc», un «électrochoc», et c’est ainsi qu’il a présenté la poursuite du confinement et l’imposition d’un couvre-feu, entre le 9 janvier et le 8 février. 

Ainsi, après une recommandation formelle de la Direction nationale de santé publique, les citoyens ne pourront plus quitter la maison entre 20 h et 5 h le lendemain, hormis dans le cas d’exceptions justifiant le déplacement, par exemple pour bénéficier de soins de santé, pour des raisons humanitaires ou pour effectuer un travail considéré prioritaire. Les gens se trouvant à l’extérieur sans raison après 20 h pourront recevoir une amende entre 1000 $ et 6000 $ par les services policiers.

Pour prendre cette décision, le gouvernement aurait étudié les exemples de la Belgique et de la France. En sol français, certaines régions imposent un couvre-feu dès 18 h. 

«La réponse [à la hausse des cas] est un peu dure, mais cela s’est passé beaucoup dans les maisons, a expliqué le premier ministre. Face à ce constat, nous sommes obligés d’annoncer une espèce de traitement choc pour réduire le nombre de visites dans les maisons.»

«Il faut comprendre que s’il y a une hausse de cas, c’est qu’il y a eu des contacts, des rassemblements. Le couvre-feu, il passe un signal et il permet de diminuer les activités et les possibilités de contacts qui peuvent avoir lieu à partir d'une certaine heure», a plus tard complété le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda.

Il ajoutera plus tard avoir constaté que «les gens ont diminué la distanciation, portent moins bien le masque, se lavent moins les mains». «Il faut recommencer ça!», a-t-il lancé. 

CONFINEMENT 

Entre le 9 janvier et le 8 février, les commerces non essentiels ou «non prioritaires» devront garder leurs portes closes, un scénario que redoutait l’industrie du commerce au détail. Selon le gouvernement, la cueillette dans les commerces sera toutefois permise pour les biens non essentiels. 

Les dépanneurs et épiceries, qui peuvent toujours opérer, devront fermer à 19 h 30 afin de permettre à leurs employés de retourner à leur domicile. Les stations-service, pharmacies et restaurants offrant un service de livraison, pourront rester ouvertes au-delà de 20 h. 

Dans les bureaux, le télétravail continuera à être obligatoire. Les restaurants, gyms, théâtres, cinémas, salons de coiffure et lieux de culte seront également fermés jusqu’au 8 février. Les rassemblements dans les lieux de culte sont aussi interdits, sauf pour les funérailles (rassemblements de 10 personnes autorisés). 

Pour le secteur de la fabrication manufacturière et de la construction, François Legault indique que les entreprises devront reporter la production de tout ce qui n’est pas essentiel. «Par contre, ils peuvent poursuivre les opérations pour ce qui est essentiel», a-t-il dit. 

Concernant les activités extérieures, elles seront permises lorsque pratiquées individuellement ou dans le respect des bulles familiales. Les amateurs de marche, de ski alpin, de ski de fond, de raquette et de patinage libre, pourront poursuivre la pratique de leur loisir préféré.

Les nouvelles mesures concernent l’ensemble des régions du Québec, sauf le Nord-du-Québec. Les autorités de santé publique estiment «qu’il y a un risque» partout, quand elles regardent les capacités hospitalières. 

«On regarde la situation dans nos hôpitaux et non pas seulement le nombre de cas. Avec plus de 100 nouvelles infections chaque jour au Québec, une nouvelle région pourrait être touchée rapidement», a mentionné le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, ajoutant qu’il n’est pas impossible que des travailleurs de la santé des régions soient appelés en renfort à Montréal, par exemple, si la situation devenait encore plus critique. 

«On veut éviter d’avoir à faire des choix» entre les patients à traiter à l'hôpital», a répondu François Legault à une question d'un journaliste. «On prend les mesures pour ne pas se rendre là.»

Par ailleurs, les voyages entre les régions sont toujours déconseillés, mais ils ne seront pas surveillés par la mise en place de barrages comme c'était le cas le printemps dernier. «On préfère que les policiers se concentrent sur le respect des autres consignes», a dit le premier ministre. 

Hors des heures de couvre-feu, les Québécois devront tout de même réduire leurs contacts. Il ne sera plus possible pour les personnes seules de se greffer à une bulle familiale. Dès le 8 janvier, elles pourront uniquement recevoir une personne seule, comme c’était le cas avant la période des Fêtes.

«C’est vraiment important dans les quatre prochaines semaines de donner un effort […] On a besoin de donner un grand coup, si on veut sauver des vies et si on veut continuer d’être capables de soigner notre monde. On doit réduire la contagion, maintenant», a-t-il indiqué. 

ÉCOLES ET GARDERIES

Comme prévu, les écoles primaires vont rouvrir le 11 janvier, a assuré François Legault. Les enfants devront porter un couvre-visage dans les corridors. Les plus vieux, ceux de 5e et 6e année, devront également le porter en classe. 

Au secondaire, étant donné que l’enseignement en ligne y est plus aisé, celui-ci se poursuivra pendant une semaine supplémentaire. Les cours dans les écoles secondaires vont reprendre le 18 janvier. Le gouvernement compte par ailleurs fournir deux masques de procédure par jour à chaque élève et chaque enseignant. 

À partir du 11 janvier, les enfants pourront également aller étudier dans les bibliothèques municipales. Le gouvernement souhaite notamment que ceux qui n'ont pas accès à une connexion Internet fiable à la maison puissent y avoir accès.

De leur côté, les garderie resteront ouvertes, a spécifié le gouvernement. Les places en services de garde en milieu scolaire continueront d'être réservées pour les enfants des travailleurs essentiels. 

Les détails entourant les écoles ainsi que le couvre-feu seront expliqués au cours des prochains jours.
 

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