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8 avril 2020 - 13:48 | Mis à jour : 21:41

Confinement de l'Ile-Verte: une ordonnance n'a pas été respectée

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Le directeur national de la Santé publique, Dr Horacio Arruda, a expliqué que la municipalité de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, située sur l'Ile Verte, a dû être mise en confinement puisque les consignes de la santé publique n'ont pas été respectées. 

«Ma priorité était de garder la santé des insulaires, qui ont une certaine moyenne d'âge et des travailleurs essentiels qui font la navette en hélicoptère pour transporter les gens de façon adéquate si jamais il y a des cas de maladie», a commenté le Dr Horacio Arruda. Il avait entre autres demandé un meilleur contrôle du transport des individus en direction de l'ile pour éviter que des gens ne s'y rendent et la contaminent parce qu'ils auraient acquis la maladie à l'extérieur.

«On a eu des personnes qui ont traversé le fleuve avec leurs enfants dans des bateaux dans la nuit. Ça aurait pu porter préjudice aux enfants et aux personnes. Disons qu'on n'a pas eu une collaboration des autorités municipales pour faire respecter les consignes. Cela m'a obligé à aller vers un confinement. C'est un contrôle beaucoup plus serré dans une perspective où je ne peux pas me permettre que des gens de l'ile tombent malade ou perdent la vie en prenant des bateaux de fortune», a ajouté Dr Arruda. Ce dernier a confirmé avoir des photos à l'appui des gens qui sont arrivés très tard dans la soirée sur l'ile.«C'était drôle, la quantité de personnes qui devenaient résidentes tout d'un coup allait en augmentation selon des orientations qu'on n'avait pas accordées», a-t-il complété.

La mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Louise Newbury, a expliqué que samedi dernier, une famille a traversé sur l’ile dans une petite embarcation pour réintégrer sa résidence permanente. «Ils étaient sortis de l’ile en hélicoptère et à la suite de l’interdiction du transport d’enfants par la direction de la santé publique, toutes leurs démarches pour réintégrer leur résidence ont été refusées», explique-t-elle. Mme Newbury affirme comprendre cette consigne et l’accepter puisque l’espace dans l’habitacle de l’hélicoptère est très restreint. Elle ajoute qu’il ne s’agit pas d’une dizaine de personnes qui ont traversé le fleuve vers l’ile Verte, mais d’une seule entrée d’une famille. Selon la mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, la Sûreté du Québec se trouvait au quai de la Rivière-des-Vases, à L'Isle-Verte, pour s'assurer de la sécurité de l'embarcation. Il ne s'agissait pas d'une procédure illégale. 

«Nous n’avons aucun contrôle sur ça et nous n’avons pas été impliqués dans cette démarche. Présentement, nous sommes une soixantaine de personnes sur l’ile, et de ce nombre, 35 sont des résidents permanents inscrits sur la liste du transporteur. Les autres sont arrivés au début de la crise, dès que les écoles ont été fermées, en toute légalité depuis des semaines», précise la mairesse de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Quatre demandes d'ajout à la liste de la Société des traversiers du Québec, de la part de personnes qui n'ont pas de résidence permanente sur l'ile Verte, ont d'ailleurs été refusées. Elles sont filtrées par la STQ elle-même. 

La porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Ariane Doucet, confirme que la Direction de la santé publique avait demandé que les allées et venues soient limitées sur l'ile, et d'éviter le transport de jeunes enfants, puisque le seul moyen officiel de s'y rendre est par hélicoptère. Le transport par traversier n'a pas encore débuté et le pont de glace est fermé. «Au cours des dernières semaines, des transports s'organisaient de façon non autorisée par des moyens assez de fortune qui pourraient mettre à risque la sécurité des gens», a-t-elle complété.

Elle confirme toutefois qu'il s'agit d'une mesure préventive, on ne note aucun cas de COVID-19 sur l'ile et on veut éviter à tout prix une éclosion dans ce milieu.

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Je suis d’accord qu’il est important de mettre en place des mesures strictes pour protéger la population. Par contre, je suis choqué que le directeur de la santé publique n’est pas collaboré avec les autorités locales qui sont les mieux placées pour donner des informations sur ce qui se passe dans leurs juridictions. Et ce sont des élus ! Au lieu de cela, Monsieur Arruda semble utiliser un réseau d’informateurs clandestins et mal informés. La Sûreté du Québec, qui a des agents locaux, avait les bonnes informations mais pas le directeur de santé publique !

    Bob Laurent - 2020-04-09 07:14
  • La mairesse ne peux toujours bien pas patrouiller les berges la nuit et en plus la famille a une résidence sur île.

    Dave Ouellet - 2020-04-08 18:08