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27 mars 2010 - 20:45

Chronologie de Notre-Dame-du-Portage, 3e partie

Par Aubert Ouellet
président fondateur de Patrimoine et Culture du Portage


La présente chronologie puise dans plusieurs sources. Dans le corps du texte, les sources sont notées par les initiales de l’auteur et la page du document d’où provient l’information. Les internautes du site infodimanche.com ont déjà pu consulter deux autres chroniques sur cette chronologie qui remonte jusqu’à l’année 1604. Une quatrième sera affichée dans quelques semaines.

Troisième partie : De 1856 à 1965

1856 : Le 1er mars, Mgr Baillargeon émet son décret d’érection ecclésiastique de la paroisse. Ce décret fixe les limites du territoire de Notre-Dame-du-Portage.

1856 : Le 19 juillet, émission à Toronto des lettres patentes de la municipalité par le Gouverneur général  Sir Edmund Head, au nom de sa Majesté la Reine Victoria, alors que Georges-Étienne Cartier est « Attorney General ». Ces lettres patentes sont publiées dans « The Canada Gazette », le 26 juillet 1856. Benjamin Michaud devient le premier maire de Notre-Dame-du-Portage. En septembre, il deviendra le premier maître de poste.

1857 : Le 1er mars, une réunion se tient pour demander l’autorisation de s’assembler pour procéder à la nomination des syndics devant diriger la construction de l’église, de la sacristie et du presbytère. La demande est entérinée le 1er mai suivant par le premier desservant de la paroisse, l’abbé Joseph-Elzéar Michaud. Cette permission est accordée le 21 août et, le 30, Benjamin Michaud, Louis Fortin et Pierre Fournier sont désignés comme syndics. (EP, 94-96)

1857 : Le 27 juillet, formation de la commission scolaire, présidée par le maire Benjamin Michaud. (PL, 232)

1858 : Installation du premier curé résident de Notre-Dame-du-Portage, l’abbé Esdras Rousseau.

1858 : Contrat accordé aux associés Charles Bernier de Cap-Saint-Ignace et Philippe Fortin de Saint-Thomas de Montmagny pour la construction de l’église, de la sacristie et du presbytère, pour le montant de 6 720 $, à payer comme suit : 800 $ pendant huit ans et 320 $ la dernière année. (EP, 100-101)

1859 : Le 21 juillet, bénédiction de la pierre angulaire de l’église. La construction de l’église au centre de la nouvelle paroisse sera terminée en 1863. On déménage dans le stationnement actuel une maison à peu près neuve pour servir de presbytère pendant la construction de l’église. Ce bâtiment servira plus tard de salle publique. (EP, 98)

1860 : Mise en service du chemin de fer jusqu’à Rivière-du-Loup. Des familles anglophones de Québec, de Montréal et de l’Ontario commencent à affluer au Portage. (PL, 265)

1869 : Entre 1869 et 1877, on procède à la construction de quatre écoles, l’une près de l’église, une deuxième dans l’anse du Portage, une autre dans le secteur de Rivière-des-Caps et une quatrième au Chemin-du-Lac. Jusqu’à l’ouverture des écoles, l’enseignement est dispensé dans des maisons privées. (PL, 233)

1871 : Notre-Dame-du-Portage compte 615 habitants. (PL, 265)

1873 : Les chicanes de clocher ayant entouré l’emplacement de l’église et les insatisfactions à l’endroit des syndics soupçonnés d’une gestion douteuse dans le contrôle des coûts de construction des édifices religieux, l’empressement de certains paroissiens à s’acquitter de leurs obligations s’est quelque peu refroidi. Si bien que, le 30 septembre, l’archevêque de Québec, Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau, émet une ordonnance épiscopale rappelant aux paroissiens de Notre-Dame-du-Portage que « Jusqu’à présent, les dîmes et offrandes ordinaires ont à peine suffi pour donner à votre Curé le strict nécessaire »; que « depuis l’établissement de votre paroisse, la dîme a diminué d’année en année ; que « Dorénavant, à dater de cet automne, le Curé percevra le Supplément de foin à la 26e botte et le Supplément de patates au 26e minot. Ce double supplément sera dû à Pâques, comme la dîme » ; que « le présent supplément étant dû par religion, par obéissance et par justice, quiconque refusera de le payer, se rendant coupable de péché, ne peut être admis aux sacrements de l’Église, même à l’article de la mort, à moins qu’il ne soit repentant de sa faute, et disposé à la réparer dès qu’il le pourra ». (EP, 118-119)

1875 : Le 27 avril, des paroissiens ayant refusé de se conformer à l’ordonnance de l’archevêque, le Vicaire général, Mgr Cazeau, écrit au curé Constantin : « …ces 8 ou 9 paroissiens qui refusent de payer le supplément […] doivent être traités comme le serait tout autre paroissien qui serait connu publiquement comme refusant de payer la dîme légale. [..] Si quelqu’un d’entre eux venait à mourir subitement, sans avoir exprimé de regret de sa révolte, vous vous trouveriez dans la dure nécessité de lui refuser la sépulture ecclésiastique. Il est bon de les éclairer sur les résultats que pourrait avoir leur désobéissance. » (EP, 120-121)

1875 : Installation de colonnes à l’intérieur de l’église, étant donné les craintes de plusieurs paroissiens quant à la sécurité ; aucune colonne n’avait été posée lors de la construction. (AP, 121)

1875 : Ernest Labbé, aussi boucher de son état, ayant pris la relève de son père Arthur, exploite l’Hôtel Labbé, le premier véritable établissement hôtelier du Portage. Cet établissement devient quelques années plus tard l’Hôtel Beaurivage ; il existe toujours sous le nom d’Auberge sur Mer. En 1915, Luc April, chanteur et conteur, ami de Marius Barbeau, en fait l’acquisition ; il la confie en 1918 à son fils Ludger-Ovide qui l’administre pendant 47 ans. Jean, fils de Ludger-Ovide, l’exploite ensuite pendant de nombreuses années. (PL, 265)

1881 : La municipalité compte 734 habitants. Le recensement indique qu’aucun protestant n’y réside et que 50 familles anglaises y passent l’été comme touristes. (PL, 265)

1887 : En plus de l’Hôtel Labbé, le Portage compte maintenant deux autres établissements hôteliers : Mlle A. Michaud exploite l’Hôtel des Touristes et Georges Grondin, marchand général, accueille des visiteurs au cœur du village, là où on érigera plus tard l’Hôtel Boucher et où se trouve aujourd’hui le Domaine Porte-à-Joie. (PL, 266)

L’hôtel Michaud accueillait les voyageurs qui voulaient profiter du bon air salin du Bas-du-Fleuve. Cet immeuble est devenu par la suite une propriété familiale.

1889 : Le 16 juin, bénédiction par Mgr Taschereau du carillon de trois cloches dont est dotée l'église actuelle. Ces cloches furent fabriquées aux ateliers de la Maison Havard de Villedieu en France.

1891 : Le Portage compte maintenant 477 habitants, une importante diminution de plus de 30 % depuis dix ans ; l’exode de « canadiens français » vers les États-Unis a affecté aussi le Portage, à l’instar de plusieurs autres municipalités environnantes. (PL, 289)

1892 : Installation dans la niche de la façade de l’église d’une sculpture en bois recouverte de plomb appelée la « Vierge blanche ».

1894 : Auguste Robert, marchand de bois de Montréal, prend possession de sa nouvelle résidence d’été. La demeure de style néo-Reine Anne, construite sur un terrain acquis deux ans plus tôt de Napoléon Boulay de Rivière-du-Loup, est la plus élaborée du Portage, sur le plan décoratif. Elle est vendue en 1895 à madame Damase Bessette, puis à madame Joseph-Eugène Pelletier en 1911. Pierre Boucher l’acquiert ensuite et, avec l’aide de ses fils, y annexe un édifice de trois étages, d’un style architectural beaucoup plus sobre. En 1930, c’est l’ouverture du « New Portage Inn ». Pierre Boucher en confie la gestion à son fils Robert qui en deviendra ensuite propriétaire et l’opérera jusqu’en 1969. L’établissement existe toujours sous le nom d’Auberge du Portage. (PL, 271-273)

1901 : La population a encore décru, s’établissant maintenant à 441 habitants. (PL, 289)

1903 : Construction du quai. (AB, 29)

1907 : Installation dans l’église de l’actuel chemin de croix, des peintures réalisées par Louis-Joseph St-Hilaire.

1911 : La population se chiffre à 427 personnes. (PL, 289)

1914 : Acquisition par Stanislas Boucher de la première automobile du Portage, une Ford. L’année suivante, Pierre Boucher acquiert une Brisco. (AB, 19)

1916 : Construction de l’Hôtel de la Plage par Stanislas Boucher. Après avoir étudié les beaux-arts à Paris et ne pouvant vivre de son art et encouragé par son père Pascal, il construit un hôtel qui demeure propriété de la famille Boucher jusqu’en 2006. Pendant l’hiver, Stanislas retrouve ses pinceaux. Homme aux multiples talents, il s’adonne aussi à la construction de bateaux et propose des croisières aux îles pendant l’été. (PL, 281)

1918 : Séjour à Notre-Dame-du-Portage de Marius Barbeau, célèbre anthropologue, ethnologue et folkloriste québécois. Il y recueille un grand nombre de chansons populaires, dont pas moins de 23 sont publiées dans les livres Le Rossignol y chante, En roulant ma boule et Le roi boit. On y retrouve notamment des chansons recueillies auprès de Luc April, Alcide Léveillé, Joseph Fournier, Éveline Boucher (épouse de Luc April), Henriette Nadeau, Théophile Pelletier et Napoléon Jean. Il recueille également des anecdotes populaires, dont plusieurs mettent en scène le Rocher Malin, auprès de Luc April et son épouse Éveline Boucher (tous deux alors âgés de 58 ans), Alcide Léveillé (73 ans), Henriette Nadeau née Duperré (98 ans) et Salomon Nadeau (87 ans) ; ces anecdotes sont publiées dans The Journal of American Folk-lore (sic), vol. 33, July-September 1920, no. 129. (AO, 7)

1921 : On recense 415 personnes au Portage. (PL, 289)

1921 : Le premier appareil téléphonique du Portage est installé chez Georges Larouche, du Chemin-du-Lac. (AB, 69)

1924-1925 : La route du Fleuve prend sa forme à peu près définitive. (AB, 19)

1928 : On installe l’électricité dans le village. Au Chemin-du-Lac, il faudra attendre l’électrification rurale dans les années 1940. (AB, 69)

1929 : Les premières radios font leur apparition, en 1929 ou 1930, peu après l’installation de l’électricité. (AB, 69)

1931 : La population de Notre-Dame-du-Portage a cessé sa décroissance amorcée il y a une cinquantaine d’années ; elle s’établit maintenant à 558. (PL, 289)

1931 : Pavage en asphalte d’une partie de la route du Fleuve. (AB, 19)

1931 : Installation, à la limite est du village, d’une scierie, combinée à un atelier de planage et de menuiserie. Elle appartient à Jules Léveillé. Elle est incendiée en 1942. (AB, 49)

1932 : Bénédiction d’une croix du chemin au Chemin-du-Lac. (PL, 299)

1932 : La succursale de la Banque provinciale du Canada située dans le magasin d’Arthur Anctil change d’emplacement ; elle est désormais située dans le magasin de Wilfrid D’Amours. Cette succursale sera en opération jusqu’en 1969. (AB, 69)

1935 : Fondation du Cercle des fermières. (BB3, 10)

1935 : Fondation de la caisse populaire. (BB1, 73)

1938 : Le Portage compte un Cercle agricole de 28 membres. (BB2, 73)

1938 : La municipalité compte 65 cultivateurs propriétaires de ferme, dont 15 ne sont pas domiciliés, 56 propriétaires de maison, dont 33 sont non résidants, un forgeron, un barbier, un boucher, un capitaine et un officier de navigation, 8 chauffeurs de taxi (cinq de ces taxis appartiennent à des hôteliers, deux à des cultivateurs et l’autre au forgeron), 4 institutrices, 60 à 70 femmes et jeunes filles en service domestique, une scierie combinée à un atelier de planage et de menuiserie, une gare, deux bureaux de poste, deux érablières, une douzaine d’apiculteurs, 2 magasins généraux, un restaurant, sept grands hôtels, 2 pensions et 35 à 40 maisons particulières louées à des étrangers. (BB2, 63 et 68-74)

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La Société d'histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup a été incorporée par charte provinciale le 9 novembre 1987. Cette Société, sans but lucratif, est née du besoin des gens du milieu de « se souvenir » et de faire connaître l’histoire locale, d’assurer la préservation de notre patrimoine, de contribuer à faire reconnaître la richesse qui caractérise notre région.

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