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18 octobre 2018 - 06:55

Déconstruire les préjugés liés à la pauvreté…une activité à la fois

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Les idées fausses véhiculées au sujet des personnes vivant en situation de pauvreté sont nombreuses…trop nombreuses. C’est pourquoi le Comité de lutte contre les préjugés envers la pauvreté de la MRC de Rivière-du-Loup a convié les citoyens à la Soupe Touski, une activité de sensibilisation qui a connu un beau succès ce mercredi 17 octobre.

Plus de 40 bols de soupe, cuisinée à partir d’aliments récupérés (touskis), ont ainsi été servis à l’intersection des rues Desjardins et Saint-Pierre sur l’heure du midi. C’était l’occasion pour plusieurs de se réchauffer quelques minutes, mais aussi d’en apprendre davantage sur ces préjugés qui blessent, excluent et contribuent au maintien de plusieurs inégalités.

«Nous avons décidé de joindre l’utile à l’agréable pour souligner la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Manger est un droit fondamental, mais l’alimentation passe souvent en dernier lorsque les factures sont nombreuses», explique Amélie Bureau, agente de développement pour la Corporation de développement communautaire (CDC) des Grandes Marées. 

Le Comité de lutte contre les préjugés envers la pauvreté de la MRC de Rivière-du-Loup est composé de l’organisation communautaire du CLSC, de la CDC des Grandes Marées, de l’ACEF du Grand-Portage, du Programme Tournesol et de COSMOSS MRC de Rivière-du-Loup. Il travaille à faire mieux comprendre le vécu des personnes en situation de pauvreté et de précarité. 

«Il y a beaucoup de préjugés et ceux-ci circulent dans différentes couches de la société. Les déconstruire, c’est un travail à temps plein», ajoute Mme Bureau. «Plusieurs activés, comme la soupe, sont organisées afin de sensibiliser. Par exemple, au mois de novembre, une animation sera faite aux futurs techniciens en loisirs sur la déconstruction des préjugés liés à la pauvreté. Un «diner des égalités» a aussi déjà eu lieu à deux reprises dans la MRC.»

RÉALITÉ

Parmi les idées fausses les plus souvent entendues au sujet de la pauvreté, il y a celle selon laquelle «les pauvres ne veulent pas travailler». Pourtant, selon un manuel du Mouvement ATD Quart Monde, 40 % d’entre elles ont un travail rémunéré et 50 % ne sont pas en situation de travailler (que ce soit à la suite de la retraite ou d’une contrainte reconnue comme la maladie). 

«On se rend compte quand on parle avec des gens qui vivent cette situation que c’est un travail à temps plein d’être capable d’arrimer ou salaire insuffisant ou un chèque d’aide sociale, de manger, payer un loyer ou avoir des vêtements […] Il y a plein de choses, des défis ou des obstacles, qu’on ne réalise pas toujours. Affirmer qu’ils n’en font pas assez ou qu’ils ne se mettent pas en action, ce n’est pas connaître la réalité.»

LINGES À VAISSELLE 

Depuis quelques années déjà, une campagne de sensibilisation impliquant des linges à vaisselle a lieu dans les huit MRC du Bas-Saint-Laurent. Sur chaque linge à vaisselle, on retrouve une bande dessinée qui reprend les préjugés les plus significatifs exprimés envers les personnes vivant en situation de pauvreté.

Ces linges, identifiés comme de bons outils pour susciter réflexion et échanges, sont remis aux groupes de cuisines collectives, aux organismes communautaires, aux entreprises, aux personnes participant aux ateliers offerts par le comité local sur les préjugés. Pour davantage d’informations, visitez le http://www.lutteauxprejugesbsl.org/.

 

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