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22 avril 2016 - 10:30 | Mis à jour : 12:51

Voies de fait sur un enfant

Deux mois d'emprisonnement dans la collectivité pour Sylvie Cloutier

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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La propriétaire d'une garderie privée de Rivière-du-Loup, Sylvie Cloutier, a été condamnée à deux mois d'emprisonnement dans la collectivité avec sursis au palais de justice de Rivière-du-Loup, le 22 avril pour des voies de fait commis à l'endroit d'un bébé de 11 mois.

Cinq enfants fréquentent toujours son service de garde, et les parents en sont satisfaits. Un seul enfant a quitté depuis les évènements. Sylvie Cloutier pourra donc continuer d'opérer sa garderie. Elle aura toutefois l'obligation d'informer au préalable toute personne qui désirera lui confier la garde d'une personne âgée de moins de 10 ans de sa condamnation. La mère de la victime était présente dans la salle, et a manifesté son mécontentement après la détermination de la peine, critiquant ouvertement le système de justice.

DÉTENTION DANS LA COLLECTIVITÉ

«Si les parents veulent encore confier leur enfant à cette dame-là, ce sera leur choix et ils l'assumeront», a soutenu la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault. La poursuite demandait une peine d'emprisonnement, sans possibilité pour la délinquante d'exercer un emploi ou un travail bénévole qui la placerait en relation de confiance avec des enfants de moins de 10 ans.

«La détention dans la collectivité, il y a des gens qui pensent que ce n'est rien. Mais cette dame est détenue chez elle pendant 2 mois. Elle ne peut sortir sauf pour une série d'exceptions qui sont nécessaires à la vie», a expliqué la procureure de la Couronne, Manon Gaudreault.

DÉCLARATION DE CULPABILITÉ

Au terme du procès, en juillet 2015, Sylvie Cloutier avait été déclarée coupable d'un chef d'accusation de voies de fait sur un bébé âgé de 11 mois. Clamant son innocence, elle conteste la décision du tribunal et entend porter sa cause en appel.

La juge Luce Kennedy a rappelé que la peine a pour objectif de dénoncer, dissuader, isoler les délinquants, assurer leur réinsertion sociale et susciter la conscience de leurs responsabilités. Selon elle, le risque de récidive de la part de Mme Cloutier est limité.

«On ne frappe pas un bébé de 11 mois. Lorsqu'on le fait et qu'on le blesse, il faut en assumer les conséquences», a relaté la juge, en rendant sa décision sur la détermination de la peine.

Elle a retenu comme circonstances aggravantes le mauvais traitement à l'endroit d'une personne de moins de 18 ans, les nombreuses lésions au visage de l'enfant et le fait qu'il s'agisse d'un abus d'autorité. L'infraction commise était passible d'un emprisonnement maximal de 6 mois. 

 

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