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5 avril 2016 - 12:28 | Mis à jour : 15:39

Voies de fait graves sur un bambin : la Couronne demande 5 à 6 ans d’emprisonnement

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Rivière-du-Loup –  L’homme de 40 ans, coupable de voies de fait graves sur un bambin de trois mois, était de retour au palais de justice ce matin pour les représentations sur sentence. La Couronne a évoqué une peine de 5 à 6 ans d’emprisonnement, tandis que la défense demande 2 ans moins un jour.

Deux témoins, l’accusé et sa conjointe, ont été questionnés par les procureurs, Me Annie Landreville à la Couronne et Me Marie Boucher à la défense. Me Landreville a plaidé au cours de l’avant-midi et a souligné un grand risque de récidive chez l’accusé. À la peine de 5 à 6 ans de détention s'ajouterait 1 an d'emprisonnement consécutif pour les autres accusations de voies de fait simple et de harcèlement, contre deux autres personnes, dont un second mineur.

«Le rapport présentenciel affirme que nous avons affaire avec un individu qui est jaloux, possessif et impulsif. Il n'a reçu aucun traitement spécialisé et affirme souffrir d'anxiété», a commenté Me Landreville. Cette dernière a également souligné que le rôle du parent devrait être un rôle de protection. Il s'agit donc d'un facteur aggravant à ses yeux.

TÉMOIGNAGES

L'accusé, détenu depuis le 9 juin dernier, a témoigné devant le juge. «L'acceptation de ce que j'avais fait a été une période difficile. J'ai le soutien de ma famille, de ma femme, ça m'a énormément aidé à passer au travers». L'homme âgé de 40 ans avoue avoir de la difficulté à s'ouvrir et à gérer ses émotions.

«Je suis parti de loin, je sais que j'ai besoin d'aide. Je ne demanderai jamais assez pardon pour ce que j'ai fait. J'ai une famille qui m'aime et je vais prendre toute l'aide nécessaire pour les retrouver», a-t-il commenté, dans le box des accusés.

De son côté, sa conjointe a dressé un portrait positif de son quotidien avec le bambin qui avait subi des dommages irréversibles au cerveau, selon les divers spécialistes. «Il veut faire les choses tout seul, il commence à marcher. C'est un rayon de soleil, il est éveillé», a raconté la femme. L'enfant est maintenant âgé de 13 mois.

DÉFENSE

Me Marie Boucher admet que les gestes de son client ne sont pas banals, voire graves. «Il souffre de troubles anxieux depuis l’enfance et reconnaît avoir besoin d’aide pour sa gestion des émotions et ses capacités parentales. Plus vite il recevra sa sentence, plus vite il pourra obtenir de l’aide de psychologique», a-t-elle soutenu. Cette dernière a proposé une sentence de 2 ans moins un jour afin de permettre à son client de demeurer au centre de détention de Rimouski, près de sa famille.

Le juge Martin Gagnon rendra sa décision au palais de justice de Rivière-du-Loup le 10 juin prochain.

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