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14 juin 2018 - 15:01

La vitalité des régions : l’affaire de tous

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Bien que le collectif Tous ruraux ait demandé des actions concrètes de la part du gouvernement, le messager pour le Bas-Saint-Laurent, Bernard Bélanger, chef de direction de l’entreprise Premier Tech de Rivière-du-Loup est d’avis que tous les résidents de régions rurales doivent s’impliquer individuellement pour vitaliser leur milieu.

Il fait d’ailleurs un parallèle avec l’entreprise Premier Tech, qu’il a décidé d’installer à Rivière-du-Loup envers et contre tous les avis d’autres investisseurs et entrepreneurs qui lui disaient que c’était impossible de développer une entreprise internationale en région. «Premier Tech s’est développé dans une région ressource, ce qui est considéré comme étant plus difficile par plusieurs (…) Notre entreprise se base sur une ressource naturelle que l’on retrouve dans la région de Rivière-du-Loup, dans une partie rurale. Sans elle, on ne serait pas là. Nos réserves sont toujours situées en région, et pendant longtemps, ont été une des principales sources de revenus pour Premier Tech, avant que nous développions nos autres créneaux», explique Bernard Bélanger.

Lors de la rencontre de Tous ruraux qui a eu lieu à Québec en mai, Bernard Bélanger a amené un avis discordant des autres membres invités au panel, qui demandaient une intervention gouvernementale pour faire changer les choses.

«Les gens quittent (les milieux ruraux) lorsqu’il n’y a plus de services locaux. Cela commence par la perte d’une épicerie, ensuite du dépanneur, du garage, du bureau de poste, de la caisse, ça amène la fermeture de l’école, et ainsi de suite. Je crois que la responsabilité revient aux gens qui arrêtent d’acheter local et d’utiliser les services (…) Ramener la vitalité d’un village, ce n’est pas facile, mais ça revient aux gens, individuellement. Il faut éviter de toujours demander au gouvernement d’intervenir et se prendre en main. La vitalité de Rivière-du-Loup, qui a été désignée comme première ville entrepreneuriale au Canada, vient directement des gens qui habitent la région et qui décident de s’y investir», ajoute M. Bélanger.

L’exode des travailleurs spécialisés vers les régions urbaines et le manque de main-d’œuvre touchent durement la région depuis plusieurs années, une tendance que Premier Tech tente d’inverser. «Nous avons prouvé que c’est possible de faire de telles choses en région d’attirer des travailleurs avec des formations universitaires et de développer des relations internationales avec succès à Rivière-du-Loup. Nous avons réussi à intéresser des gens des grands centres à venir s’installer en région, ça amène une qualité de vie, et surtout cela crée une vitalité locale (…) La valeur économique d’une ville vient de la création d’emplois et de notre richesse collective. Individuellement, nous pouvons faire beaucoup si tous suivent l’exemple. Ce sont des petits gestes multipliés par des millions de personnes qui font la différence», conclut-il.

Premier Tech, dont le siège social mondial est installé à Rivière-du-Loup, compte plus de 4 200 employés à travers 25 pays. La vente et le service de divers produits des secteurs d’horticulture et d’agriculture, d’équipements industriels et de technologies et des technologies environnementales permet à Premier Tech de réaliser un chiffre d’affaires annuel d’environ 723 M$.

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