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15 mai 2018 - 15:34 | Mis à jour : 17 mai 2018 - 17:41

Plaidoyer en faveur des bandes riveraines pour la conservation de l’éperlan

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’organisme des bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR) a présenté son plan d’intervention et de protection des frayères à éperlan le 15 mai, un document d’une centaine de pages. La population d’éperlans arc-en-ciel est menacée depuis 2005 et l’impact des activités humaines sur la qualité de l’eau dans les frayères se fait toujours sentir.

Le territoire d’OBAKIR comprend 4 des 7 rivières réputées pour la fraie de la population du sud de l’estuaire, dans les rivières Ouelle, Kamouraska, Fouquette et du Loup. Présentement, l’espèce maintient toujours le statut quo, malgré les efforts de conservation déployés pour la rétablir. L’organisme s’affairera au cours des prochains mois à travailler en collaboration avec les différents acteurs pour réduire leur impact environnemental sur la qualité de l’eau.

«Sans bandes riveraines, le ruissèlement de la pluie apporte plusieurs contaminants dans l’eau. Il faut assurer l’implantation d’une bande de végétation riveraine de 10 mètres aux abords des frayères», explique Véronique Dumouchel, directrice générale d’OBAKIR. L’érosion des berges et l’agriculture en zones inondables au printemps contribuent également à détériorer la qualité de l’eau en amont des frayères de l’éperlan. «L’apport de phosphore et de sédiments important dans l’eau favorise la création d’algues qui se collent sur les œufs d’éperlans et les asphyxient», explique Mme Dumouchel. Selon cette dernière, ce ne sont ni les pêcheurs, ni les prédateurs qui mettent à mal l’habitat naturel des éperlans.

Pour la rivière du Loup, la qualité de l’eau est considérée de satisfaisante à douteuse, et son phosphore total est à la hausse. Ce dernier provient principalement des papetières, tourbières exploitées, des milieux naturels, des surfaces anthropisées (modifiées par les humains) et de l’agriculture. Concernant la rivière Fouquette, la qualité de l’eau est considérée de douteuse à mauvaise. Les principales sources de phosphore du bassin proviennent également de l’agriculture, selon le plan d’intervention de l’OBAKIR.

Des démarches seront entreprises auprès de la Ville de Rivière-du-Loup, de même qu’auprès de papetières, tourbières et des acteurs du milieu agricoles pour les sensibiliser à cette réalité et faire respecter la bande riveraine. Selon la chargée de projets pour l’OBAKIR, Véronique Furois, «l’éperlan est un élément important de la chaine alimentaire du fleuve Saint-Laurent, si l’habitat est dégradé, d’autres espèces en souffrent aussi. La situation est à améliorer, on veut renverser la vapeur». L’éperlan est selon elle un bio-indicateur de l’état de santé du fleuve et des espèces qui y vivent. Par la mise en œuvre de son plan d’intervention, l’organisme souhaite ainsi contribuer au rétablissement de cette espèce sensible présente sur son territoire.

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