Publicité
10 mars 2017 - 06:02

Une mélodie essentielle au développement des enfants

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Pour Jonathan Bolduc, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique et apprentissages à l’Université Laval, il ne fait aucun doute que l’apprentissage de la musique dans le cursus scolaire dès la petite enfance est un incontournable.

«Dans le développement du cerveau, la musique a un impact direct sur la mémoire. Elle intègre l’écoute et la segmentation des syllabes. Une meilleure mémoire permet aussi de faciliter les apprentissages en lecture, en mathématiques et en écriture», explique le chercheur. Elle fournit donc des bases solides aux enfants, leur permettant d’acquérir des connaissances plus rapidement.

L’aspect qui touche la mémoire est essentiel dès le début du parcours des élèves au primaire, et permet parfois de faciliter le développement de ceux ayant des troubles de l’apprentissage. «La musique est la seule matière multimodale. C’est une approche qui est complète et qui touche à la fois les sons, les voyelles, l’écoute, le mouvement, la lecture, la coordination et la mémoire. Cela rejoint tous les styles d’apprentissage. C’est une autre manière de traiter l’information pour le cerveau», souligne M. Bolduc.

DÉVELOPPEMENT

Selon lui, l’intégration de la musique dans la grille horaire au primaire jusqu’à la 6e année est primordiale puisqu’après les aspects de mémoire, les élèves développent des stratégies d’organisation de leur travail, de planification et sont en mesure d’accomplir plus d’une tâche à la fois. Ces apprentissages se cristallisent avec le temps. Ces compétences ne sont pas directement enseignées dans le cadre de cours à l’école primaire.

De plus, les troubles de développement chez les enfants sont souvent diagnostiqués vers la 2e année, et se précisent en 3e année. «La musique est très utile pour les enfants atteints d’un trouble du langage. En l’enlevant, on vient brimer leur développement, et leur enlever une façon d’apprendre autrement. Les orthophonistes qui intègrent la musique dans leur approche ont remarqué un impact majeur auprès des enfants», souligne le chercheur.

Il dénonce également le manque de continuité vers le secondaire, une approche qui est pourtant préconisée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. «Si on enlève la musique de la grille horaire, on empêche ces élèves d’avoir une continuité de parcours vers le secondaire, ce n’est pas logique. On vient carrément tuer le gout de faire de la musique au secondaire. Ceux qui n’ont pas touché à la musique depuis quatre ans ne se sentiront pas à niveau lorsqu’ils vont changer d’école», rappelle M. Bolduc.

Toutefois, Éric Choinière de la commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup, souligne que les élèves de 1ère secondaire qui auront eu des cours de danse pourront être intégrés dans une nouvelle concentration mise en place en 2016 à l’école secondaire de Rivière-du-Loup, intitulée «Arts de la scène». Elle regroupe à la fois des étudiants en musique, en danse en art dramatique, avec pour objectif de mettre sur pied une comédie musicale en fin d’année. Une demande en arts-études, profil danse, a été déposée dernièrement, mais n’a toujours pas eu de débouché. Une telle option est toutefois offerte au Collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup, qui ne fait pas partie du réseau d’éducation public.

» À lire aussi : Réduction des heures de musique à la CS Kamouraska-Rivière-du-Loup

 

Publicité

Commentez cet article