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23 janvier 2017 - 06:50 | Mis à jour : 16:02

Incendie de la Résidence du Havre

L’Isle-Verte, à jamais en mémoire

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Trois ans plus tard, L’Isle-Verte et les survivants de la Résidence du Havre n’oublieront jamais la tragédie du 23 janvier 2014. L’incendie laisse une douleur vive à l’ancien chef-pompier Conrad Morin de Saint-Louis-du-Ha ! Ha!, qui a perdu sa femme et une partie de sa vie dans les flammes.

L’homme âgé de 92 ans garde en mémoire tout ce qu’il a vécu lors de cette nuit difficile, aussi clairement qu’au premier jour. Les survivants et les familles touchées resteront gravés dans la mémoire de l’Isle-Verte et de toute la région.

Originaire de Saint-Louis-du-Ha! Ha!, Conrad Morin a travaillé dans le domaine du commerce et du transport de bois, d’animaux et de fournitures d’épicerie jusqu’en 1987. Il a également été pompier volontaire, puis chef de la caserne de Saint-Louis-du Ha ! Ha ! jusqu’à sa retraite. En 2005, la caserne des pompiers de la municipalité est devenue l’édifice Conrad Morin, en hommage au fondateur de la brigade incendie.

Il est par la suite demeuré une vingtaine d’années à Saint-Antonin, puis ensuite à Rivière-du-Loup, avant d’atterrir à la Résidence du Havre de L’Isle-Verte, avec sa femme, Eva Saindon, qui n’était plus autonome.

Le couple n’y habitait que depuis deux mois quand l’incendie s’est déclaré en pleine nuit le 23 janvier. «Je me suis fait réveiller par la boucane. Je ne suis pas sorti par la porte, c’était trop chaud. J’ai attaché des couvertures à ma fenêtre pour sauter en bas du 3e étage et aller chercher ma femme au premier, juste sous ma chambre.  Je me suis fait sept fractures, et je n’étais plus capable de me lever. Je la voyais dans son lit, mais elle ne bougeait pas», se remémore M. Morin.

Si ses blessures physiques se sont estompées, après 67 jours passés à l’hôpital, la douleur émotionnelle est encore bien présente. «Je ne peux pas expliquer ça. C’est comme la première journée. Je n’ai pas oublié. Mon corps est revenu pas pire, mais je reste toujours avec de l’anxiété. On ne choisit pas sa fin…», explique Conrad Morin. Son impuissance à sauver sa femme de l’incendie, en raison de son passé et de son expérience de pompier, ne cesse de lui revenir en tête. Tout comme la colère qui l’habite, d’un accident qui aurait peut-être pu être évité.

L’incendie qui a causé la mort de 32 personnes en plein mois de janvier a ému la province toute entière. L’Isle-Verte et la communauté se relèvent petit à petit. Certaines blessures, cependant, demeurent vives à jamais.   

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1 réactionsCommentaire(s)
  • D'une tristesse infinie et d'une résiliance accomplie, nos pensées vous accompagnent Mr Morin !

    Autoroute 20 - 2017-01-24 09:08