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8 octobre 2016 - 06:45 | Mis à jour : 11 octobre 2016 - 10:24

Une expédition «hors du commun» dans l’Arctique

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Être pilote d’hélicoptère n’est pas banal. L’être dans le cadre d’une expédition dans les endroits les plus au nord du pays l’est encore moins. C’est toutefois ce qu’a vécu le Louperivois David Collin entre le 18 août et le 20 septembre. Une expérience qui lui a permis de côtoyer l’astronaute Chris Hadfield et d’admirer la grandeur et la beauté du Canada. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la saison d’hélicoptère de David Collin a été hors de l’ordinaire en 2016. Après une mission à Fort McMurray pour aider à combattre les incendies de forêts qui s’abattaient tragiquement dans le nord de l’Alberta, l’homme de 33 ans s’est retrouvé, en compagnie de confrères, dans l’archipel Arctique canadien pour 32 jours. Un mois parfois fou, parfois difficile, mais définitivement magique. 

C’est dans le cadre de son travail que M. Collin a eu cette opportunité. Il opère pour une compagnie d’hélicoptère québécoise, Hélicoptères Panorama, mais il passe la grande partie de son temps un peu partout en province et ailleurs au Canada. 

«Il y a trois ans, je suis allé dans le nord pour la première fois pour accompagner un bateau de croisière. C’est ce qui m’a un peu qualifié pour le dernier mois, mais cette fois, c’était vraiment différent. Nous étions beaucoup plus haut et les conditions n’étaient pas les mêmes», indique-t-il.

Les premiers dix jours de son aventure se sont déroulés à Hall Beach. Son aide était requise pour vider le site d’un ancien camp de prospection. Il aura fallu une vingtaine d’heures de vol à David Collin pour arriver sur place. Du Québec, c’est un peu «comme aller en Colombie-Britannique en hélicoptère, mais vers le nord». Un voyage parsemé de difficultés (conditions climatiques, limites de carburant), mais dont l’avantage est évident : le décor se présente aux pilotes comme une toile. 

«J’ai vu les arbres disparaître, mais je n’étais qu’à mi-chemin. Le Canada, c’est tellement grand. On n’en a pas idée. Les paysages étaient juste fabuleux», souligne-t-il, montrant de superbes photos à l’appui, les yeux brillants. 

BRISE-GLACE

Profiter de ces beautés, c’était un peu son mandat dans la vingtaine de jours qui ont suivi. David Collin et un collègue étaient pilotes au service d’un brise-glace russe qu’ils ont rejoint dans la région de Grise Fjord, l’endroit habité le plus au nord au Canada. Ils faisaient du repérage pour le bateau et accompagnaient les touristes dans les airs et aussi vers les glaciers.  

Plusieurs dizaines de personnes étaient justement en expédition à bord du brise-glace. Parmi eux, l’astronaute Chris Hadfield, qui avait amené avec lui des artistes canadiens de tous les horizons pour promouvoir l’art et le Grand Nord. «Des gens super», se rappelle le Louperivois. On peut d’ailleurs retrouver des «vlogs» tournés lors de l’aventure en recherchant le compte YouTube de Danny Michel, un chanteur ontarien invité.  

Durant ce voyage inoubliable, David Collin et les passagers du bateau ont parcouru de longues distances dans les eaux glaciales de l’Arctique. Ils se sont même rendus à plus de 200 km au nord de la plus lointaine frontière terrestre du pays. Bref, ils ont vu ce que peu de personnes auront la chance de voir dans une vie. David assure d’ailleurs que tout n’y est pas fait que d’eau et de glace.

«La vie animale, les jeux de lumière, les paysages inimaginables...c’est une grande chance d’avoir vu ça. En 12 ans de pilotage, cette expérience reste une des plus exceptionnelles», a ajouté celui qui a commencé à rêvé bien jeune de gagner sa vie en pilotant. 

Père de deux enfants, David Collin a retrouvé les siens à la fin septembre après un été chargé. Dans quelque temps, il troquera les commandes de son appareil pour celui de son érablière. Une deuxième vie qui le passionne tout autant et qui lui permet de revenir à temps plein en région six mois tous les ans. Fort à parier qu’il passera la prochaine saison des sucres des souvenirs plein la tête.

 

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