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23 août 2016 - 06:45 | Mis à jour : 09:35

Des moyens restreints et des employés qui quittent

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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Les ressources intermédiaires d’hébergement en santé jouent un rôle de plus en plus important dans le réseau de la santé, mais leurs moyens sont restreints par du financement gouvernemental insuffisant et leurs employés quittent pour des emplois mieux rémunérés.

Manon Charpentier, administratrice de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) et propriétaire de deux établissements (à Montréal et à Trois-Rivières), était en tournée dans la région le 22 aout. Mme Charpentier a notamment rencontré le député-ministre Jean D’Amour pour le conscientiser en regard de leurs demandes de financement et de formation de leurs employés, 80% des femmes.

Les ressources intermédiaires hébergent des personnes vulnérables, des personnes âgées dans plus de 60% des cas. Au Bas-Saint-Laurent, on compte 45 RI au total : 11 pour des personnes présentant une déficience intellectuelle, 25 pour des personnes en perte d’autonomie liée au vieillissement (moyenne d’âge de 85 ans), 8 pour des personnes présentant un problème de santé mentale et une pour un handicap physique.

«La très grande majorité des clients finissent leur vie chez-nous. Il y a plus de décès dans nos ressources que de transferts dans les CHSLD. Ces personnes arrivent très hypothéquées et les tâches du personnel sont alourdies», a mentionné Mme Charpentier.

ROULEMENT DE PERSONNEL

Les préposés aux bénéficiaires constituent la très grande majorité des employés de ces ressources intermédiaires et 80 sont des femmes. «Leur salaire va de 10,85 $ à 13 $ l’heure, comparativement à 23 $ en CHSLD et dans les hôpitaux. Nous ne demandons pas l’équité salariale avec les hôpitaux, mais nous voulons donner un meilleur salaire à nos employés. De plus, plusieurs de nos travailleurs vont chercher une formation et se dirigent par la suite vers les institutions publiques; le taux de roulement de notre personnel est élevé», a indiqué la porte-parole de l’ARIHQ.

«Le gouvernement nous offre 50 $ par employé par année pour de la formation», ajoute Mme Charpentier. À cet égard, les ressources intermédiaires en hébergement souhaitent que les besoins de formation de leur personnel soient reconnus et financés par le gouvernement. Actuellement pour un nouvel employé non formé, le CLSC donne deux jours de formation.

«Les propriétaires de RI sont de véritables entrepreneurs sociaux qui sont fiers de leur contribution à leur communauté. Dans le cadre de la négociation actuelle, ils souhaitent simplement recevoir une contrepartie équitable pour les services qu’ils offrent et pour que le travail de leurs 10 000 employés, dont plus de 80% sont des femmes, soit reconnu à sa juste valeur, ce que le financement actuel ne leur permet pas de faire», a conclu Manon Charpentier.

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3 réactionsCommentaire(s)
  • Je réagis à votre article car il me parait nécessaire d'appuyer votre article.Il est vrai de dire que l'argent manque afin de combler des besoins dans ces résidences RI ou RA. (ressources adaptées). Mais, il y a pire si vous visitez le Centre d'hébergement St-Joseph de R-D-L; Monsieur D'Amours qui se targue de prendre des photos à St-Pierre-de- Lamy devrait peut-être faire une visite de l'endroit ci haut mentionné. Il y verrait aussi le manque de ressources et de personnel afin de répondre au besoin de cette clientèle vulnérable.Je suis moi-même travailleuse dans la santé dans une autre région et l'employeur écoute nos besoins et se met en mode de "amélioration continue des services offerts" Allez jeter un coup d'oeil pour voir...

    fleuve St-Laurent - 2016-08-24 08:55
  • Bonjour et bravo à tout les propriétaires de r.i., le sujet des employés me concerne : j,avais une très bonne employée depuis 9 ans et elle a suivis des formations et aujourd'hui est rendue où??? Dans un chsld payer beaucoup plus cher que nous les r.i. Et je la comprends aussi.Et je peux vs dire qu'avec les années, les bénéficiaires arrivent de plus plus lourd et de plus en plus jeune avec de la santé mentale que ma résidence n'a pas de compétences là dedans.....pas le choix parce que nos chambre va demeurer vide, donc pas de revenue.....

    Proprio d'une r.i rivière du loup - 2016-08-23 13:15
  • Parfaitement d'accord avec cette dame. Les RI ont de la difficulté à joindre les 2 bouts. On nous en demande toujours plus mais le gouvernement ne nous donne aucun aide pour former, pour apporter l'aide et les soins que les résidents demandent. On nous dit de charger cela au client mais ce dernier vit souvent seulement que de sa sécurité de la vieillesse. Pourtant, nous coûtons beaucoup moins cher au système de santé et nous donnons de bons services. Pourquoi ne pas subventionner les RI au profit des coûts exorbitants qu'une personne en perte d'autonomie coûte au système. Ainsi tout le monde y gagnerait : le système de santé, les RI et surtout la personne qui nécessite ces soins.

    sycroy - 2016-08-23 09:15