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4 avril 2018 - 06:56 | Mis à jour : 5 avril 2018 - 11:45

La caserne des compromis

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De l’aveu même du directeur du Service de sécurité incendie de Rivière-du-Loup, Éric Bérubé, la nouvelle caserne louperivoise sera celle des compromis. Ce sont ces «accommodements» qui ont été présentés le mardi 3 avril aux citoyens lors d’une séance d’information portant sur le réaménagement de l’édifice Rosaire-Gendron et de la caserne de pompiers.

Une visite des lieux s’est avérée révélatrice des maux qui affectent l’édifice Rosaire-Gendron. Le bâtiment n’est pas seulement vétuste, il est mal en point. Le béton est pourri, de l’eau coule du toit, les portes de garage sont trop étroites et limitées en hauteur.

Dans la partie sud, au premier niveau, des années d’entreposage de camions à sel ont mis à mal la structure de béton. Au plafond, des draps de plastique évitent de se faire tremper par l’eau qui s’y échappe. On y voit même des stalactites, formées d’un mélange d’eau et de sel.

«Nous avons entreposé un camion incendie ici, en un an, il en a vieilli de 10. Nous n’avons pas le choix, on rase et on recommence», raconte Éric Bérubé. Deux mètres au-dessus de sa tête, un couvercle de plastique recueille l’eau qui s’égoutte du plafond et qui est ensuite récupérée par un petit tuyau.

Pour ceux qui ont eu la chance de visiter la vieille prison d’Alcatraz dans la baie de San Francisco, Rosaire-Gendron en rappelle la décrépitude. Peinture décollée, infiltration d’eau, fissures, rouille, le filage électrique d’une autre époque, l’absence de ventilation… le portrait de ces années de rapiéçages n’est pas rose. Pourtant, c’est cet édifice qu’a choisi la Ville pour héberger sa caserne incendie.

«Regardez la grandeur de ce bâtiment, on ne peut pas le laisser vide. De toute façon, il faut le sécuriser. Rosaire-Gendron doit répondre aux normes sismiques, ces travaux-là viennent en fait nous permettre d’implanter la caserne à moins de frais, environ la moitié de la partie sud du garage, on profite de ça», répond Éric Bérubé.

La future caserne 14 sera dotée d’une aire de vie moderne, avec la présence de dortoirs, d’un salon et d’une cuisine. Un SAS de décontamination à pression négative viendra aussi assurer la sécurité des pompiers. Le nouveau garage dédié aux véhicules d’urgence sera entièrement reconstruit afin de répondre aux besoins actuels et futurs.

«Au-dessus du garage, le toit qui se trouve à la hauteur de la rue Lafontaine pourra héberger jusqu’à 10 véhicules de la Sûreté du Québec. Nous, on demande le réaménagement de la chaussée du côté est. Les nouvelles portes seront standard à 14 pieds», précise le directeur du SSIRDL.

COMPROMIS

Actuellement, là où le SSIRDL abrite ses véhicules d’intervention n’est même pas digne du mot garage. Si l’on peut critiquer le choix de demeurer à Rosaire-Gendron, on ne peut nier l’évidence d’agir. Ce n’est pas une caserne qu’Info Dimanche a eu l’occasion de visiter, mais un taudis.

«C’est la seule façon économique de rester ici, lance le directeur du SSIRDL. Les compromis, c’est l’étroitesse des lieux, il faut bien choisir l’emplacement des véhicules. Par contre, nous conservons notre emplacement qui est central, à proximité des portes que sont St-Ludger, l’autoroute 85 et Fraserville.»

Éric Bérubé insiste, ce n’est pas une caserne de luxe. «C’en est une de compromis au niveau financier, de l’espace, de la structure, mais ce dont nous nous sommes assurés, c’est que ça réponde au besoin des 20 prochaines années», a conclu le directeur.

COUTS

Le total des couts liés à Rosaire-Gendron est de 7,9 M$. Il se décline en huit volets, soit de 1,7 M$ en architecture, de 1,19 $ en infrastructure et superstructure, 2,13 M$ en mécanique du bâtiment,  0,7 M$ en aménagement d’emplacement, 0,1 M$ en équipement, 1,4 M$ en contingences, frais généraux, administration et profit, de 0,5 M$ en honoraires professionnels et de 0,1 M$ en financement temporaire. À noter que ces chiffres ont été arrondis, voir le tableau pour les chiffres précis.

FINANCEMENT ET LOCATION

Le financement des travaux se détaille comme suit : une subvention en vertu du volet 5,1 du Programme d'infrastructures Québec-Municipalités ( PIQM) permet à la Ville de compter sur la somme de 3 250 000 $. Ainsi, un solde de 4 650 000 $ sera porté au compte de taxes  pour les 20 prochaines années. C’est donc la somme de 320 000 $ en capital et intérêt qui devront être remboursés chaque année.

Toutefois, comme le souligne Jacques Moreau, directeur du Service des finances et de la trésorerie, Rosaire-Gendron génère aussi des revenus. Actuellement, l’édifice rapporte 146 093 $ par an en location à la Sûreté du Québec. Avec les travaux, un nouveau revenu potentiel de 95 000 $ pourrait s’ajouter et voir le compte de taxes en bénéficier.

Si tous les critères de location étaient remplis, c’est donc 4 821 860 $ qui seraient encaissés par la Ville en 20 ans, ce qu’une nouvelle construction ne saurait générer. À noter que cette extrapolation de revenus exclut les travaux d’entretien inhérents à toute location.

SOIRÉE D'INFORMATION 

Ce mardi 3 avril, à la Salle Bon Pasteur de la Maison de la Culture, c'est une vingtaine de citoyens qui se sont déplacés afin d'assister à la séance d'information. À la suite de celle-ci, plusieurs d'entre eux ont profité de l'occasion pour poser des questions et faire des commentaires sur le projet et sur l'importance, selon eux, d'avoir une caserne neuve. Certains auraient aimé une nouvelle caserne aménagée au Carré-Dubé.

Présents, les élus de Rivière-du-Loup ont souligné avoir apprécié l'exercice et ils en ont retiré plusieurs sujets de discussion. La mairesse Sylvie Vignet aimerait discuter de la possibilité de réaliser une nouvelle étude sur la géothermie comme façon de chauffer l'édifice. 

Notons enfin qu'une signature de registre afin de s'opposer à ce projet sera possible les 18 et 19 avril. À la rencontre suivante du conseil municipal, le 23 avril, les élus prendront une décision. S'ils décident d'aller de l'avant, on aimerait lancer l'appel d'offres rapidement. On vise la fin des travaux pour mars 2019. 

 

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9 réactionsCommentaire(s)
  • Une caserne qui prend l'eau, risque moins de passer au feu.

    Faut voir les bons côtés !

    Le capitaine Fish - 2018-04-06 21:51
  • Le domaine Kogan est aussi central que la caserne actuelle. Il débouche sur 2 sorties possibles. Une construction à cet endroit permettrait de se faire sans affecter le service actuel. On aurait du neuf. On pourrait y adjoindre la SQ, et même les ambulances. Un chauffage géothermique serait plus facile que dans le roc. Le site actuel de la caserne pourrait alors être transformé en HLM dont le besoin est flagrant à Rivière du loup. Suggestion aux élus.

    gil - 2018-04-06 12:48
  • Très bon commentaires et bonne analyse !(citoyen et schéma)

    Qu'il regarde autour, il a même dit a CIMT que construire une autre caserne serait proche de 20 millions.

    Je vous rappel que Saint-Alexandre à coûté environ 1,2 millions versus 7.8 millions pour une caserne sur plusieurs étages à côté du chemin de fer, dans un bâtiment qui restera toujours désuet. Un bâtiment neuf va toujours être plus logique et efficace à long terme.

    Je ne sais pas si une seule des ressources du SSI ou de la ville ont été visités la caserne à Saint-Alexandre par courtoisie ou même par curiosité. Ah moins qu'il leur ait été dit de ne pas y aller ?

    Je comprend qu'ils aient besoins d'une caserne, qu'ils soit juste raisonnable et respectent la capacité de payer des citoyens. Je peux même dire que ce service d'incendie coûte déjà beaucoup trop cher et ce sans parler de la caserne. Faite les comparaisons.

    hubther - 2018-04-06 00:28
  • À votre avis pensez-vous que Jean D’Amours et les libéraux veulent être associé à un projet avec des subventions de 3,25 millions mal investi comme ça???

    Juste avant les élections du mois de novembre ????

    Faudrait lui poser la question :))



    Électeur - 2018-04-05 21:47
  • Il y a une ligne électrique d’Hydro Québec qui passe juste dans la cour de la caserne en arrière. Pour votre info c’est un triphasé de 25 000 Volts chacun situé juste à côté du chemin de fer qui lui-même est constitué d’une courbe prononcée à cet endroit.
    Pas bien difficile de se faire une tête, regarder sur Google Maps

    Imaginez un déraillement de train, même à basse vitesse, dont les wagons vienne briser les poteaux électriques de cette ligne triphasé 3 X 25 000 volts. WoW quel beau feu d’artifice directement dans la cour de la caserne de Rivière-du-Loup avec en finale des matières dangereuses impliquées. Les pompiers eux-mêmes ne pourront plus intervenir tout ça par la faute de quelques décideurs qui essaie de nous faire avaler ce projet comme étant un compromis!!!

    Bravo les responsables de la Ville RDL de vouloir garder cet emplacement de la caserne et vouloir dépensé plus de 7 millions de dollars des louperouvois à cet endroit.

    Quel visionnaires !!!

    Et surtout vraiment quel beau compromis !!!!

    Qui peut bien avoir mis dans la tête de Madame Vignet d’utIliser le terme garage pour qualifier le très beau poste incendie numéro 10 de Saint Alexandre?

    Probablement nul autre que les responsables que nous retrouvons sur les photos présentement dans cet article.

    Vous avez perdu toute crédibilité messieurs

    Citoyen de St-Antonin contre les fusions !!!! - 2018-04-05 19:22
  • Petit idée pourquoi ne pas faire 2 casernes plus modeste une dans le secteur du parc industriel ( St-Ludger ) pour couvrir le haut de la ville et la seconde dans le secteur de l’école Joly pour le bas de la ville ? Possiblement que 4 millions pour 2 casernes serait possible ! A voir !

    Steeve - 2018-04-05 18:24
  • Méchant compromis de faire une caserne à côté d'un chemin de fer.
    Quant il y aura un incident, la caserne sera directement impliquée. Je peux pas comprendre qu'après tout ce qu'on dit des dangers liés aux trains ont persiste de vouloir placer la caserne là et surtout à ce prix là. Ils ont beaux sortir des photos pour montrer que c'est pas en bonne état, leur opération séduction, marchera pas plus.

    Mathieu - 2018-04-04 19:55
  • Incroyable de voir tous ces hauts fonctionnaires dont particulièrement le directeur des pompiers qui ont la responsabilité de notre sécurité mettre de côté les constatations du schémas de couverture de risque de la MRC de RDL qui mentionne bien entre autre à la page 2-14 ceci:

    2.8 Voie ferrée

    En matière de transport ferroviaire, une voie ferrée appartenant à la compagnie Chemins de fer de la Matapédia et du Golfe traverse la MRC en passant par les municipalités de Notre-Dame-du-Portage, Rivière-du-Loup, Cacouna, Saint-Arsène et L’Isle-Verte. Celle-ci permet le transport des personnes et des marchandises dont des ''matières dangereuses'' et autres produits nécessaires à la papetière White Birch Paper,division F.F. Soucy située dans la ville.

    IMPACTS de la localisation de la voie ferrée sur la planification de la sécurité incendie

    '' La caserne de la ville de Rivière-du-Loup est située à proximité de la voie ferrée, ce qui fait d’elle une caserne vulnérable en cas d’accident ferroviaire dans son voisinage. ''

    Mais je rêve !!! On veut investir à coup de plusieurs millions dans un emplacement ''vulnérable'' aux accidents ferroviaires impliquant possiblement des matières dangereuses... les élus réveillez-vous et informez-vous au lieu de croire toute cette désinformation !!!!



    Schémas de couverture de risque - 2018-04-04 18:00
  • Ici on est pas en Islande pour la géothermie Mme Vignet. Pourquoi dépenser de l’argent pour une étude quand votre idée est déjà faite. Autre projet comme la méthanisation????

    Gbs - 2018-04-04 08:54