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10 janvier 2020 - 09:36 | Mis à jour : 31 janvier 2020 - 15:47

Le numérique, une facilité…pour qui?

Les Grecs de l’antiquité se sont interrogés à savoir s’il était bon de mettre par écrit leurs connaissances. Ils y entrevoyaient alors le risque que leurs concitoyens en viennent à ne plus avoir la capacité de les mémoriser.

À l’époque où j’étudiai encore, l’usage des calculatrices miniatures était devenu si répandu que bien des collègues de classe ont perdu une part importante de leur capacité de calcul mental.

Aujourd’hui, le numérique a envahi la planète et ce sont nos enfants qui, marchant sur les traces de leurs parents, en sont déjà de grands utilisateurs. J’irais jusqu’à avancer qu’il leur sera bientôt impensable de vivre sans intelligence artificielle.

Tout monde en évolution cherche à aller vers plus de facilité y percevant davantage de liberté…mais est-ce toujours le cas?

Actuellement, le numérique est un univers qui n’est encadré par aucune loi et qui ne respecte aucune frontière. J’ajoute à ceci que ce Nouveau Monde est largement contrôlé, d’une part, par des experts en manipulation des perceptions et utilisé, d’autre part, par des cyberabonnés pressés qui délaissent volontiers leurs services de proximité humains au profit d’un libre-service rapide et pratique.

Je ne remets pas ici en cause les aspects utiles de cette technologie moderne. Je soulève cependant que cette «innovation commerciale» aspire visiblement à devenir une béquille mondiale dont l’humanité ne pourra plus se passer faisant ainsi de cet outil «le seul choix» restant…nos autres options se retrouvant larguées dans son sillage.

On ne parle plus ici de progrès semblables au train, à l’avion ou à l’automobile qui, eux aussi, peuvent nous amener plus loin et plus vite, mais sur lesquelles nous avons un contrôle. Le numérique est une technologie qui dissimule dans ses nombreux méandres des pièges qu’individuellement nous ne savons éviter et par conséquent, qu’on ne peut penser maitriser.

Gardez en tête l’intense sentiment de panique et d’impuissance que les membres de diverses institutions ou commerces ressentent lorsqu’ils apprennent le vol de leurs identités, fruit des efforts acharnés d’arnaqueurs sans scrupule et de pirates insaisissables auxquels le législateur semble éviter de trop s’intéresser.

Imaginez maintenant que s’ajoute aux actions dévastatrices des technobandits déjà actifs sur le Web une éventuelle panne généralisée ou pire, d’une destruction massive du cœur de cet outil devenu indispensable.

Voilà où réside le danger «de mettre tous nos œufs dans le même panier numérique», d’accepter de n’avoir qu’une «Option A» et que ce seul choix échappe à notre contrôle!

La sagesse issue des erreurs passées nous commande de toujours avoir à la main une «Option B» et même une «Option C» en toute circonstance minimisant ainsi les cataclysmes prévisibles que peut engendrer le passage beaucoup trop rapide d’un monde matériel que nous connaissons bien, à un monde de plus en plus dématérialisé dont nous ignorons presque tout.

Comme le disait Harry Potter dans «La coupe de feu» : «Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien…et la facilité»…ce à quoi j’ajouterais que notre actuelle tendance à «la facilité» a déjà commencé à se retourner contre nous.

 

Serge Guérette

 

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