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20 mars 2019 - 08:00

Lettre ouverte d’un guichet fermé

C’est l’histoire de Monsieur D., un guichet automatique situé face à un immeuble à logements subventionnés où résident plusieurs personnes ayant une condition nécessitant certaines adaptations.

Voisin d’une épicerie de quartier depuis toujours, il se sentait utile et apprécié de tous.

Un beau matin au grand désarroi des habitants, il dû quitter ses fonctions et comme plusieurs de ses pairs, il fut remplacé par un concept plus «évolué», plus «jeune».

Ce concept, il est dédié à la génération Y, celle qui est née avec une génétique numérique, celle qui naturellement est habile avec le mobile.

Bien sûr, il faut évoluer en tant que société. Là n’est pas la question.

Dans cette histoire, les locataires de l’immeuble à logements ont été rencontrés par le représentant de cette décision. Ils ont même pu donner leur opinion et exprimer leur colère. Ils se sentaient lésés par une institution à laquelle ils faisaient confiance depuis longtemps. Ils ont tout de même gagné un délai de quelques semaines avant qu’on ne retire définitivement le guichet, et ont été assurés que par la suite, lorsqu’ils auront besoin du service, un taxi leur serait remboursé pour s’y rendre (en bas de la ville).

Intention louable, certes. Précision, personne n’est blâmé ici. On compose tous avec notre réalité et nos limites.

Néanmoins, aurait-on pu maintenir les deux? Pourquoi ne pas suivre l’incontournable virage numérique visant à satisfaire une nouvelle clientèle, tout en respectant celle qui pour toutes sortes de raisons n’est pas en mesure de s’y adapter?

Aurait-on pu installer un tout petit guichet à l’entrée même de l’immeuble, au pire? Juste comme ça, parce qu’on est conscient des impacts, parce qu’on a à cœur l’accessibilité des services?

Pour info, concernant la MRC de Rivière-du-Loup, selon les données réalisées par l’équipe de Surveillance de la Direction de la santé publique en mai 2018, les personnes de 65 ans et plus sont plus nombreuses que les jeunes de moins de 20 ans (7 694 contre 6 792 personnes en 2016).

Loin de moi l’idée d’énoncer que les personnes de plus de 65 ans ne sont pas aptes à suivre la vague numérique, mais on s’entend que ce n’est pas inné ni aussi évident pour tous, au même titre que d’autres vivant avec certaines contraintes.

Somme toute, que l’on parle de l’accès à un guichet, une boite postale ou un commerce, un service répondant aux réels besoins d’une communauté diversifiée démontre un engagement profond et durable envers ses citoyens et au final, tout le monde en sort gagnant.

 

Rachel Germain

 

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