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19 décembre 2020 - 15:18

Malentendu au motel

Par Sarah Beauregard et Johannie Dufour

Il était une fois un couple de voyageurs qui venait d’arriver au village de Mont-Noël. Les amoureux désiraient visiter un proche demeurant dans une résidence pour aînés. En franchissant la porte de la réception du Motel Mont-Noël, Sandrine et Laurent étaient d’excellente humeur : ils parlaient avec animation de leurs vacances dans la région en incluant le préposé à l’accueil dans leur discussion comme s’il s’agissait d’un vieil ami. Amusé, celui-ci leur tendit leur carte d’accès en leur recommandant de bien retenir le numéro D-8, car il n’était pas inscrit sur celle-ci, puis il leur souhaita un agréable séjour.

Les touristes le remercièrent et allèrent stationner leur voiture devant leur chambre. Comme Laurent, chargé d’une grosse valise, s’apprêtait à glisser la carte dans la serrure magnétique, la porte s’ouvrit sur une jeune femme portant un bébé agité :

— What are you doing at my door, sir?, demanda-t-elle, stupéfaite.
— Euh… désolé, I don’t speak English, balbutia Laurent.
— C’est no-tre cham-bre, dit Sandrine, articulant dé¬mesurément tout en pointant successivement la carte et le numéro sur la porte. Euh, our place, s’essaya-t-elle.

La femme qui leur faisait face secoua la tête, enfila ses bottes et s’enveloppa dans une couverture avec son enfant. Puis elle sortit, ferma la porte et utilisa sa propre carte magnétique : la porte se rouvrit sans problème. Elle la referma et pointa la carte de Laurent. Voyant où elle voulait en venir, celui-ci s’exécuta, mais la porte resta obstinément verrouillée.

— See? It’s MY room, dit la jeune femme en souriant.
— Du coup, je n’y comprends rien, marmonna Laurent.

Soudain, un oiseau au plumage rouge se posa sur sa valise. C’était Octave, le cardinal magique qui veillait sur Mont-Noël. Polyglotte, il joua les interprètes et per¬mit aux adultes de s’expliquer. Après s’être présentée, Courtney raconta qu’elle était venue à la porte parce que, en entendant le véhicule, elle avait cru que son mari Lewis revenait avec le lait. Elle ajouta qu’ils étaient installés dans cette chambre depuis déjà trois jours.

De leur côté, Laurent et Sandrine affirmèrent qu’on leur avait indiqué le numéro B-8. Était-il possible que le motel ait loué deux fois la même chambre? Pour en avoir le cœur net, le groupe se dirigea vers l’accueil, abandonnant les bagages devant la porte.

— B-8?, répéta le préposé, incrédule, quand Laurent lui eut exposé le problème. Vous m’avez mal compris, monsieur : votre chambre est la D-8!

Embarrassé par ce malentendu, le couple s’excusa auprès de Courtney, qui affirma en riant que ce n’était pas grave. Tous remercièrent ensuite Octave pour son aide et retournèrent au B-8. Du seuil, Courtney salua ses visiteurs impromptus, qui grimpèrent dans leur voiture pour gagner leur chambre — la bonne, cette fois-ci!

Le lendemain, Laurent et Sandrine se rendirent à la résidence où logeait la grand-mère de celle-ci. Ils la trouvèrent en train de jouer aux cartes avec une autre dame, un homme berçant un bébé et… Courtney! Éberluée, celle-ci se leva en expliquant à son mari qu’il s’agissait du sympathique duo rencontré la veille.

— Quelle coïncidence que nos aïeules soient amies, s’exclama Lewis, qui parlait bien la langue de Molière, puisque sa grand-mère, qu’il était venu visiter, était Française.

— Ah, ça, pour une coïncidence!, s’étonna Sandrine en lui serrant la main.

Les nouveaux venus se joignirent au groupe, et tous passèrent un si bel après-midi qu’ils se promirent de ré¬veillonner ensemble le lendemain!

 

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