Publicité
16 décembre 2019 - 12:39

La rose de Noël

Info Dimanche

Par Info Dimanche, [email protected]

En collaboration avec Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup, Info Dimanche vous présente la légende suédoise dont voici la narration qui fut racontée dans l’édition du 17 décembre 1975 du journal Le Saint-Laurent.

Il existe réellement une plante qui fleurit au moment où presque tout le reste du jardin est en hibernation. La rose de Noël (ou Hellébore) produit, de novembre à mars inclus, de grandes fleurs blanches avec au centre une magnifique couronne d’étamines.  Cette plante a servi de prétexte à à cette légende suédoise.

***

Jadis, en Suède, dans la forêt de Göinge, le soir de Noël avait lieu un miracle. À minuit, la neige et la glace disparaissaient faisant place à de la verdure. La brise tiédissait, les arbres se couvraient de feuilles, les oiseaux pépiaient dans les branches et les animaux, quittant leurs refuges d’hiver, couraient dans le sous-bois égayé de fleurs multicolores. Puis dès l’aube, le printemps faisant de nouveau place à l’hiver et la forêt se rendormait sous son manteau blanc.

Une famille de voleurs vivait au fond de la forêt. Le père venait d’être condamné et sa femme essayait d’obtenir sa grâce. Elle eut recours à un moine nommé Abbott Hans, connu pour sa bonté et sa charité.

« Si vous obtenez de l’évêque l’acquittement de mon mari, je vous ferai voir le miracle. Je connais l’endroit où il a lieu. »

Abbott Hans plaida la cause du malfaiteur, car il avait pitié de la femme et brûlait d’envie d’assister au prodige.

« Apporte-moi une fleur épanouie dans la neige », dit l’évêque avec un sourire ironique, « et ton protégé sera gracié. »

Le soir de Noël, Abbott Hans se mit en route, accompagné par un frère lai, et guidé par la femme du voleur. Au plus profond des bois, elle leur fit signe de s’arrêter. Soudain, un carillon résonna au loin. Aussitôt une vive clarté illumina les arbres dénudés sur lesquels des bourgeons pointèrent et éclatèrent en feuilles nouvelles. Les oiseaux chantèrent et des fleurs magnifiques s’épanouirent.

« C’est un sortilège, une œuvre du diable! » s’écria le frère. Pour le punir de son peu de foi, le miracle cessa brusquement et le pauvre Abbott Hans, désolé, tâtonna dans la neige soudainement revenue, cherchant la fleur promise à l’évêque. Alors, saisi par le froid, il perdit connaissance et s’effondra. Lorsqu’on le releva, il était mort mais serrait encore dans ses doigts crispés deux petits bulbes blancs.

Bourrelé de remords, le frère lai les planta dans le jardin du monastère. Les voyant fleurir sans attendre le printemps, il les apporta à l’évêque qui dut se rendre à l’évidence et gracia le malfaiteur.

Depuis lors, le miracle n’a plus lieu dans la forêt de Göinge, mais les fleurs blanches continuent à s’ouvrir en décembre. On les appelle roses de Noël.

 

Une collaboration de la

Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup

67, rue du Rocher, Rivière-du-Loup (QC)  G5R 1J8

Facebook et http://www.shgrdl.org

 

Publicité


Publicité

Commentez cet article