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9 décembre 2019 - 15:35

L’avion du Père Noël (2e partie)

Info Dimanche

Par Info Dimanche, [email protected]

En collaboration avec Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup, Info Dimanche vous présente le conte L’avion du Père Noël, d'Ariane. Ariane est le pseudonyme de madame Jeanne-Marthe Pelletier (1909 - 1972).

La première partie est : ICI

Elle est arrivée la fête idéale de paix et de sérénité, de lumière et de blancheur qui enchante tous les petits et rajeunit les âmes froissées, blessées par le rude contact de la vie; il n’est personne qui ne retrouve dans l’assistance aux pieuses cérémonies, dans l’audition des vieux cantiques de Noël, un peu de son âme naïve et fraîche d’autrefois. L’évocation de ce mystère touchant et des souvenirs qu’il éveille naturellement nous ramène au temps délicieux de notre insouciante enfance.

Gérard a pour la première fois assisté à la messe de minuit. Il a écouté avec ravissement les cantiques anciens et charmants que soin père lui a appris à fredonner : Il est né le divin enfant, Les anges dans nos campagnes… Les yeux encore tout éblouis des visions lumineuses de l’église, il s’est endormi et il a rêvé d’un avion merveilleux qui l’emportait loin, très loin, vers un pays inconnu tel que celui où naquit Jésus.

Car, hier, lorsqu’il est rentré après avoir glissé longtemps, le beau temps étant revenu avec le froid, il a dit à sa mère :

─ Maman, le petit Jésus, devait bien être gelé puisque vous dites qu’il n’avait pas de vêtements chauds   comme les miens, qu’il était dans une étable sans porte ni fenêtres et que pour le réchauffer, il n’avait     que le   souffle d’un bœuf et d’un âne!

─ Oui, Gérard, le petit Jésus avait bien froid, mais dans le pays où il est né, il ne fait pas aussi froid qu’ici.

Gérard a beaucoup questionné madame Dupire sur ce pays lointain où il fait assez froid pour que Jésus en souffre, mais où il n’y a pourtant pas de neige. Il n’a pas beaucoup compris. Enfin…

Et dans son rêve, il voit un pays, un pays inconnu où les arbres sont des palmiers comme ceux qui décorent le paysage au fond de la crèche, paysage qui représente une route de Galilée conduisant aux portes de Bethléem.

À son réveil, en trouvant les jolies choses que lui a laissées le petit Jésus, car maman affirme que c’est Lui qui est venu. Lui et le père Noël se partageant la besogne qu’un seul ne suffirait pas à accomplir, il oublie son désir de la veille.

Il l’oubli jusqu’à ce qu’un avion gracieux vienne dans l’après-midi de Noël se poser sur le miroir de la rivière.

Sous les yeux incrédules de Gérard, il en descend un authentique père Noël qui vient lui offrir une envolée.

─ Oh!!!... Le petit garçon n’a pas de mots pour dire sa surprise et sa joie. Le personnage, habillé de rouge,           au bonnet bordé de blanche fourrure, le hisse à côté de lui et l’oiseau géant décolle lentement.

Comme en son rêve, Gérard plane dans l’azur; cependant, ce ne sont plus les palmiers qui déploient très haut leurs éventails mais de sombres sapins qui dressent leurs silhouettes coniques vers le ciel. N’importe! Gérard est heureux et, dans sa reconnaissance, il voudrait, après son envolée, retenir le bienfaiteur qui s’excuse et repart pour promener d’autres petits enfants, dit-il.

Une heure après, l’oncle aviateur, l’oncle Casimir, Zim pour les intimes, arrive chez les Dupire.

─ Mon oncle! S’exclame Gérard, vous arrivez trop tard! Si vous étiez venu plus tôt, vous auriez fait une    belle     envolée avec le père Noël et moi! Et puis… ce n’est pas vous qui m’avez fait faire mon premier vol en avion!

─ Cela ne fait rien, répond l’oncle en souriant, je t’en ferai faire d’autres car tu es un courageux petit        garçon, mais ils ne seront jamais si beaux que celui-là, n’est-ce pas? Avec moi, tu pourras voler aussi    souvent que tu le voudras, tandis que le père Noël, des tours en avion, il n’en accorde jamais plus qu’une      fois, mon ami.

Gérard ne se doute pas dans sa naïveté enfantine que c’est son oncle Zim qui a complaisamment joué le rôle du père Noël.

Ses yeux bleus et brillants fixent au dehors un point éloigné bien au-delà du cours sinueux de la rivière et de la sombre ligne des conifères.

─ Mon oncle, quand je serai grand, dis, veux-tu, nous volerons ensemble jusqu’au pays du petit Jésus?...

Car dans l’avion du père Noël est née la vocation de Gérard :

Il sera aviateur!...

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Qui était l’auteur de ce conte?

ARIANE est le pseudonyme de madame Jeanne-Marthe Pelletier (1909 - 1972), fille de monsieur Arthur-L(ouis) Pelletier (1878-1933) et madame Adèle Chamberland (1872-1937). C’est à son père qu’appartenait la Ferronnerie Arthur-L. Pelletier, au coin des rues Lafontaine et Dollard. Le 10 décembre 1938, à Rimouski, elle épouse monsieur Gleason Belzile (1898-1950), notaire, député de Rimouski à la Chambre des Communes et adjoint au ministre des Finances sous le gouvernement de Louis Saint-Laurent (1945-1950); il décède en fonction. Le couple aura neuf enfants, dont trois fils. En secondes noces, madame Pelletier épousera monsieur William Ayres, ressortissant d’origine belge. Madame Pelletier a beaucoup contribué à l’implantation de la bibliothèque de l’Alliance Française qui conduira à l’établissement de la bibliothèque municipale Françoise-Bédard.

Le conte de Noël ici rapporté est tiré d’un livre publié à compte d’auteur à Rivière-du-Loup, en 1935, sous le pseudonyme d’Ariane, intitulé Contes d’Autrefois… et d’Aujourd’hui.

Une collaboration de la
Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup
67, rue du Rocher, Rivière-du-Loup (QC)  G5R 1J8

Facebook et http://www.shgrdl.org/

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