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15 novembre 2021 - 15:39 | Mis à jour : 16 novembre 2021 - 08:16

Délinquant dangereux : le multirécidiviste Jean-Guy Lefebvre en prison pour deux ans

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’agresseur sexuel multirécidiviste Jean-Guy Lefebvre de Saint-Jean-de-la-Lande, âgé de 69 ans, a été condamné le 11 novembre à purger une peine d’emprisonnement globale de cinq ans, dont il lui reste deux années à purger dans un pénitencier fédéral.

 Il a été déclaré délinquant dangereux et fera l’objet d’une ordonnance de surveillance de longue durée du Service correctionnel du Canada pendant 10 ans. «Le titre de délinquant dangereux est réservé à une catégorie très restreinte de criminels. Il faut faire la preuve qu’il y a un risque de récidive violente, tant conjugale que sexuelle, et qu’il pourrait causer un danger pour la vie, la santé et le bien-être physique ou mental de quiconque», explique Me Pascale Gaudette de la Couronne. Selon les experts qui l’ont rencontré, Jean-Guy Lefebvre représente effectivement un risque élevé de récidive violente.

«On a eu la possibilité de faire déclarer l’accusé délinquant dangereux parce que les victimes ont accepté de le dénoncer. Je veux souligner le courage et la résilience dont elles ont fait preuve. La portée de leur dénonciation aura eu une grande incidence pour la protection de la collectivité», a ajouté Me Gaudette.

LOURD PASSÉ CRIMINEL

L’homme de 69 ans possède une longue feuille de route judiciaire qui s’échelonne de 1971 à 2016. Parmi ses plus importantes peines de prison, on retrouve trois ans pour des vols par effraction et une évasion en 1974. En 1975, le tribunal lui a imposé trois ans d’emprisonnement pour avoir agressé sexuellement une autostoppeuse. En 1987 puis en 1988, il a écopé de deux peines de prison de deux ans pour bestialité et agression sexuelle.

En 1994, Jean-Guy Lefebvre a été condamné à sa plus lourde peine d’emprisonnement, soit 17 ans pour agression sexuelle armée, menaces de causer la mort, agression armée et séquestration. Pendant une soirée de strip-poker, il a abaissé la vigilance de la victime avec de l’alcool et il a mis une pilule dans l’un de ses verres pour l’abuser sexuellement. Avec l’aide de son ex-conjointe, il a trainé la victime sans défense dans une cabane. Pendant plusieurs heures, incapable d’avoir une érection, il l’a menacée de mort avec des couteux, l’a agressée et humiliée.

Son plus récent antécédent judiciaire date de 2016. Lefebvre a tenté d’obtenir les services sexuels d’une personne mineure. Il a approché une adolescente de 15 ans en achetant des fraises dans un kiosque de petits fruits de la région de Lévis. L’accusé lui a offert 20 $ pour voir un de ses seins. Devant son refus, il a révisé son offre à 50 $. Voyant que la victime prenait son cellulaire, il a quitté les lieux. L’adolescente a été en mesure de se souvenir de la plaque d’immatriculation du véhicule et les policiers ont pu le retracer.

CONDAMNÉ À CINQ ANS DE PRISON

L’accusé a plaidé coupable en novembre 2019 à des accusations d’agression sexuelle, de voies de fait et de menaces de causer la mort ou des lésions corporelles pour des gestes commis entre décembre 2018 et juin 2019 dans les localités de Saint-Jean-de-la-Lande et Dégelis. Au moment des délits, il était en liberté et il devait respecter une ordonnance de probation. Lefebvre a répété au tribunal son souhait de bénéficier d’une castration physique, même si cela ne lui est pas imposé dans le cadre de sa sentence.

«L’accusé, alors en couple, donne des biscuits à sa conjointe dans lesquels il a placé une dose de médicaments causant de la somnolence, à son insu. Alors qu’elle est endormie, il en profite pour se livrer à des gestes sexuels sur celle-ci», peut-on lire, dans le résumé de la preuve. Il a aussi incité une personne de moins de 16 ans à toucher les seins de sa conjointe pendant qu’elle était en train de dormir.  Le tribunal l’a condamné à une peine de cinq ans de prison dont trois ans de détention préventive ont été soustraits.

Une évaluation psychologique datée de 2009 décrit Lefebvre comme ayant un trouble de personnalité antisociale et limite et une paraphilie (fantasmes envahissants) de viol qui se manifeste sous la forme de sadisme sexuel. Ses victimes potentielles peuvent être ses conjointes, leurs enfants et ses proches «dans une recherche de contrôle, d’intimidation et de domination, des femmes inconnues qu’il peut percevoir comme ‘’faciles ou disponibles’’ au plan sexuel ou des hommes inconnus qui opposent un refus». Au terme de sa période de détention, ce sera au Service correctionnel du Canada de déterminer les conditions qu’il devra respecter pour les 10 années à venir. 

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