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21 octobre 2021 - 12:00 | Mis à jour : 15:35

Crimes sexuels: Kevin St-Onge condamné à deux ans moins un jour de prison 

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Après avoir plaidé coupable à plus d’une vingtaine de chefs d’accusation, dont leurre sur huit personnes mineures, Kevin St-Onge de Saint-Pascal a été condamné à purger une peine d'emprisonnement de deux ans moins un jour, assortie d’une période de probation de trois ans, ce jeudi 21 octobre, au palais de justice de Rivière-du-Loup. 

Kevin St-Onge, maintenant âgé de 21 ans, a aussi été inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité. Entre janvier 2018 et octobre 2019, il a communiqué avec huit victimes âgées de 11 à 17 ans par l’intermédiaire des réseaux sociaux comme Snapchat, Instagram, Messenger et Tinder pour leur envoyer des photos de son pénis et des vidéos de lui pendant qu'il se masturbait. Âgé de 18 ans au moment des faits, l'accusé demandait des photos des victimes nues ou en sous-vêtements en retour. Aucune d’entre elles n’a consenti. Au fil du temps, il a tissé une toile d'araignée autour de personnes mineures de son entourage. «Si elles avaient accepté, que seraient devenues ces images ? Je ne le sais pas», a laissé tomber la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault. 

Kevin St-Onge a pris la parole lors de l'audience pour s'excuser auprès des victimes. «C'est sûr que ce n'est pas facile pour elles, je peux comprendre. Elles ont fait confiance à quelqu'un et ç'a mal viré», a-t-il déclaré devant la juge Luce Kennedy. Les parents de l'accusé étaient présents dans la salle d'audience afin de supporter leur fils. 

«Pour les huit plaignantes dans la présente affaire, je leur dis bravo d'avoir porté plainte. Bravo de ne pas avoir donné suite à la demande qui a été faite sur Internet à 11 ans. Chacune des victimes s'est tenue debout malgré son âge [...] Je pense que ça donne l'exemple à tous les parents de sensibiliser leurs enfants à la situation qui s'est vécue dans le présent dossier. Internet c'est beau, mais c'est dangereux. On ne sait pas à qui ont parle. Dans ce cas-ci, les intentions étaient mauvaises. Je pense que c'est un rappel à l'ordre à tous, en très peu de temps, huit enfants ont été contactés via les réseaux sociaux», a souligné la juge Luce Kennedy, en s'adressant aux personnes présentes dans la salle de cour. 

ACCUSATIONS DE LEURRE

«Le leurre, c'est d'utiliser Internet pour entrer en contact avec une personne mineure dans le but de commettre des infractions d'ordre sexuel, que ce soit l'obtention de pornographie juvénile, de passer à l'acte ou de s'exhiber, comme l'a fait l'accusé», a expliqué Me Manon Gaudreault. 

Trois déclarations des victimes ont été déposées en cour lors des représentations sur la sentence. Selon leurs écrits, elles vivent de la peur et de l'anxiété à l'idée de croiser l'accusé ou encore qu'il tente de les contacter à nouveau. 

Kevin St-Onge a fait des aveux aux policiers dès son arrestation, alors qu'il était étudiant au Cégep de Rivière-du-Loup. Il a collaboré à l'enquête et a entamé des démarches rapidement auprès de Trajectoires Hommes du KRTB pour obtenir de l'aide en lien avec ses comportements. Selon le rapport présentenciel, il présente un risque de récidive considéré comme «moyen». Il a plaidé coupable en février 2021 et deux chefs d'accusation d'agression sexuelle et de contacts sexuels avaient été retirés. 

«Il était âgé de 18 ans au moment des évènements [...] C'est un jeune homme qui manquait de maturité selon les rapports présentenciel et sexologique. M. St-Onge n'avait aucun antécédent criminel et c'est la première fois qu'il fait face à la justice pour des accusations graves», a expliqué l'avocate de la défense, Me Vanessa Soucy. Cette dernière s'est désistée de deux demandes adressées au Procureur général du Québec concernant le cumul des peines minimales et l'inscription au registre des délinquants sexuels à perpétuité afin que l'accusé puisse «tourner la page». 

Pendant une période de trois ans après sa sortie de prison, Kevin St-Onge devra respecter les conditions d'une ordonnance de probation qui lui interdisent d'entrer en contact avec les victimes. Il lui sera aussi interdit de se trouver dans tout parc ou lieu public où des personnes de moins de 16 ans sont susceptibles de se trouver pendant 18 mois. Les contacts avec des personnes mineures lui sont aussi interdits, sauf s'il est en présence de ses parents ou de son frère. Il devra aussi effectuer 240 heures de travaux communautaires dans un délai de 18 mois. 

L'accusé ne pourra pas non plus occuper un emploi ou un travail bénévole où il est en relation de confiance ou d'autorité sur une personne de moins de 16 ans pendant une durée de quatre ans. Kevin St-Onge ne pourra pas utiliser de réseau social ou y tenir une page personnelle pendant quatre ans après sa sortie de prison. Il devra aussi se soumettre à une thérapie dans un centre de Gaspé liée à sa problématique sexuelle. 

» À lire aussi : Crimes sexuels sur des mineurs : Kevin St-Onge plaide coupable

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