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2 février 2021 - 14:09 | Mis à jour : 15:44

Contacts sexuels : 42 mois de prison pour un résident de Saint-Honoré-de-Témiscouata

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le sexagénaire résident de Saint-Honoré-de-Témiscouata, Jeannot Pelletier, a été condamné le 2 février à purger une peine d’emprisonnement de 42 mois pour avoir eu des contacts sexuels avec un enfant de moins de 16 ans et lui avoir rendu accessible du matériel pornographique.

Les faits se sont échelonnés sur une période d’environ trois ans, de 2011 à 2014 et sont survenus à une trentaine de reprises. L’accusé était en situation d’autorité sur un enfant de moins de 16 ans, qui était sous sa responsabilité. Lors de l’audience au palais de justice de Rivière-du-Loup, la procureure de la Couronne, Me Audrey Arsenault, a évoqué des gestes intrusifs, des fellations et de la masturbation.

«L’accusé achetait le silence de la victime en le manipulant et en achetant des cadeaux. Il y a une forme de préméditation puisqu’il a fait jouer de la pornographie à la télévision pour faciliter les actes sexuels», a-t-elle soulevé. Me Arsenault a aussi noté l’absence de remords ou d’empathie de la part de l’accusé. Jeannot Pelletier a gardé le silence pendant toutes les procédures judiciaires, ce qui est son droit.

La victime a témoigné des conséquences de ces abus sur sa vie, par visioconférence. Elle a parlé notamment d’anxiété, de difficulté de concentration à l’école, d’idées suicidaires, de dépression et de gestes qui repassent en boucle sans fin dans sa tête. «Je me suis remis en question. Est-ce que c’est moi le problème là-dedans? Est-ce que c’est normal ce qui s’est passé?». La victime a aussi posé des gestes d’automutilation afin «d’évacuer la douleur des actes posés par M. Pelletier».

L’avocat de la défense, Me Hugo Blanchette, a affirmé que la médiatisation de l’affaire a fait en sorte qu’il a dû subir l’opprobre de la communauté. Le juge James Rondeau a considéré que la suggestion commune de 42 mois de pénitencier des deux avocats n’était pas déraisonnable. Il a souligné que l’accusé peut se considérer chanceux qu’une telle entente soit survenue.

On observe un important rehaussement du barème des peines maximales pour les crimes sexuels commis contre les enfants se basant sur l’arrêt Friesen de la Cour Suprême, «la société ne tolère plus ça, ce n’est plus accepté», a-t-il ajouté. Le juge Rondeau a rappelé le caractère répréhensible des violences sexuelles infligées aux enfants. 

Jeannot Pelletier sera inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité. Il lui sera interdit d’entrer en contact avec la victime et avec les membres de sa famille immédiate. Pour les 20 prochaines années, il lui sera interdit d’occuper un emploi ou un travail bénévole lors duquel il se trouve en situation d’autorité auprès de jeunes de moins de 16 ans. Il fait aussi face à une interdiction de se trouver dans un parc ou une zone publique de baignade, une garderie, un terrain d’école, un terrain de jeu ou un centre communautaire où peuvent se trouver des jeunes de moins de 16 ans.

Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la victime dans ce dossier. Jeannot Pelletier compte aussi une autre cause pendante au palais de justice en matière de crimes sexuels sur une autre victime.

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