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27 février 2020 - 11:25 | Mis à jour : 15:49

Braconnage : plus de 40 000 éperlans vendus illégalement

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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L’important réseau de braconnage de l'éperlan arc-en-ciel dont les activités étaient concentrées à Trois-Pistoles et L’Isle-Verte jusqu’à son démantèlement le 27 février faisait des affaires d’or. Selon l’enquête des agents de la protection de la faune, plus de 40 000 poissons ont été vendus illégalement durant la saison hivernale en cours par plusieurs groupes d’individus.

C’est à la suite d’une longue et minutieuse enquête, débutée en 2017 grâce à des signalements de citoyens, que les agents ont pu réunir suffisamment de preuves pour déclencher l’opération appelée Effiléfin. 

«Au cours des deux dernières saisons, nous avons effectué une surveillance rapprochée, procédé à des filatures et enregistré des fichiers audio et vidéo. Nous avions l’information nécessaire pour lancer la frappe», a expliqué Alain Dubé, lieutenant et chef de service à la protection de la faune, bureau de Rimouski-Causapscal. 

«L’enquête a permis de démontrer l’existence de sept cellules indépendantes qui opéraient principalement à Trois-Pistoles et L’Isle-Verte. Chacune avait à sa tête un pêcheur principal qui avait sa propre liste de clients», a-t-il poursuivi. 

Actuellement, plus de 200 personnes, vendeurs comme acheteurs, sont visées par cette intervention historique qui était toujours en branle jeudi et qui pourrait se poursuivre la semaine prochaine dans la région. Les principales infractions qui leur sont reprochées sont la vente et l’achat d’éperlans arc-en-ciel capturés à la pêche sportive, le surplus de prises d’éperlans arc-en-ciel et la possession illégale de poissons. S’ils sont reconnus coupables, les individus impliqués sont passibles d’amendes pouvant atteindre au total plus de 500 000 $. 

Selon les informations fournies, certains habiles pêcheurs pouvaient récolter plusieurs centaines d’éperlans par jour, alors que le quota est de 60. Sur le marché, un quota d’éperlans arc-en-ciel pouvait se vendre entre 15 et 25 $. 

L’opération Effiléfin a mobilisé plus de 140 agents de protection de la faune. Leur présence importante a été remarquée très tôt, mercredi matin, dans les secteurs de Notre-Dame-des-Neiges et Trois-Pistoles. Des perquisitions permettant de mettre la main sur des carnets de commandes et des listes de clients ont été menées et six cabanes servant à la pêche sur glace ont également été saisies sur la rue de la Grève.

«C’est la troisième opération d’envergure en lien avec l’éperlan à être effectuée au Québec depuis plusieurs années. Les précédentes ont été menées au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2018 et sur la Côte-Nord en 2012», a souligné M. Dubé.

Notons que les activités de ce réseau de braconniers ont sans aucun doute eu un impact sur la reproduction annuelle de l’éperlan arc-en-ciel dont l’espèce est désignée comme étant «vulnérable» au sud de l’Estuaire du Saint-Laurent. La rivière Trois-Pistoles est d’ailleurs une frayère naturelle pour l’éperlan dans la région, selon Marc-Antoine Couillard, biologiste au MFFP. 

IMPORTANCE DE LA POPULATION 

Dans ce dossier, les agents de la protection de la faune ont salué la collaboration de la population. Les citoyens sont invités à poursuivre leur collaboration en signalant toute information pertinente à l’enquête qui découle de cette opération d’envergure, ou tout geste qui va à l’encontre de notre patrimoine faunique ou de ses habitats, à SOS Braconnage au 1 800 463-2191. La confidentialité est assurée. 

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • Félicitations pour ce coups de filet .
    Tous ces braconniers devraient être banni à vie de toutes chasses et pêches sans oublier le trappage.

    Lamothe Normand - 2020-02-28 22:04
  • J'ai hâte de voir SOS braconnage s'intéresser aux quantités incontrôlables de poissons récoltés légalement par les autochtones et qui elles aussi attaquent sérieusement le cheptel.

    interrogatif - 2020-02-27 16:55