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25 mars 2022 - 15:50 | Mis à jour : 26 mars 2022 - 10:47

«Je me soulève» de Hugo Latulippe sacré Meilleur film canadien au FIFA

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le cinéaste résident de Cacouna Hugo Latulippe a remporté le 25 mars le prix du Meilleur film canadien au 40e Festival international du film sur l’art (FIFA) pour son film documentaire «Je me soulève». Une belle façon de souligner son entrée en salles qui se déroulait à la même date. 

Pour créer ce documentaire, le réalisateur a suivi pendant plusieurs mois les sœurs Véronique et Gabrielle Côté tout au long du processus de création de la pièce de théâtre «Je me soulève» qui a été présentée au Théâtre du Trident en 2019. «J’avais invité l’équipe du théâtre à Cacouna chez nous une fin de semaine à l’été 2018, elles cherchaient du matériel pour le spectacle», explique Hugo Latulippe. Dans la bande-annonce, un voit d’ailleurs le petit groupe discuter sur la montagne au parc côtier Kistokuk de Cacouna.

Avec sa caméra, Hugo Latulippe a documenté les préoccupations des artistes, soit l’équité hommes-femmes, la parole des peuples des Premières Nations et l’environnement. La parole de ce documentaire est portée à 90 % par des femmes. Sara Montpetit, militante pour le mouvement La Planète au parlement, l’artiste Catherine Dorion et la comédienne Ariel Charest, entre autres, font d’ailleurs partie prenante de ce documentaire. «Au moment où on a commencé à tourner, Catherine Dorion n’était pas élue et les comédiennes n’étaient pas encore connues du grand public. Je crois que cela ajoute au côté festif du film», indique le réalisateur. Sara Montpetit a incarné Maria Chapdelaine dans le film de Sébastien Pilote sorti en 2021. 

POUR UN MEILLEUR FINANCEMENT

Le documentaire «Je me soulève» a d’ailleurs remporté ce prix de Meilleur film canadien au FIFA dans un contexte particulier. Dans une lettre publiée dans Le Devoir le 1er mars dernier, plus de 800 signataires dont des cinéastes, scénaristes, acteurs et écrivains, ont demandé à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) un meilleur financement des courts et longs métrages documentaires, puisqu’en 2021, l’organisme y avait consacré 3,4 % de son budget (soit 1,4 M$). En 2013, le financement était de 2,8 M$, soit environ 11% du budget. Cette lettre compte les signatures de plusieurs «gros canons» du milieu artistique, dont Denys Arcand, Denis Villeneuve, Richard Desjardins, Philippe Falardeau, etc.

«Tout au long du montage financier, le producteur de Je me soulève a essuyé des refus de toutes les institutions qui financent normalement le cinéma au Québec et au Canada. Idem pour les grandes télévisions. Seuls le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec et la SODEC, mais en toute fin de parcours et avec des sommes minimales, ont embarqué dans le processus au moment où le film était presque terminé. Or, depuis sa présentation, il a fait trois salles combles et a reçu des ovations debout. Les producteurs, la compagnie Ciné-Scène de Québec, n'ont jamais cédé. Ils ont porté le projet de façon héroïque», ajoute Hugo Latulippe.

Ce dernier s’inquiète de la baisse du financement qui signifierait la mort du documentaire québécois, alors que la part du lion revient aux oeuvres de fiction. Il ne croit toutefois pas qu’il s’agissait d’une volonté délibérée de la SODEC. «Les documentaristes québécois font chaque année la preuve qu’on est capables de faire un bon film avec des moyens modestes, notamment lorsque nos films circulent dans le circuit des grands festivals étrangers. Alors imagine ce qu’on pourrait faire avec du financement!», lance-t-il.

Le jury du FIFA a reconnu le documentaire «Je me soulève» pour «sa représentation positive de la passion et de l’espoir exprimés collectivement par de jeunes interprètes et poètes issus de tous les horizons. L’esprit vibrant des sœurs Côté au cœur de ce projet - qui croit au pouvoir des mots, de la poésie et de l’expérience subjective – est contagieux et superbement implacable. Une interprétation puissante d’un voyage de production unique.»

Le réalisateur se dit encouragé par cette distinction et par la réponse du public jusqu’à maintenant. «C’est vraiment une super nouvelle pour toute l’équipe. C’est un film qui a été faiblement financé, alors je pense que ça va aider à en faire une distribution plus large. Je crois qu’il est vraiment un bon candidat pour attirer du monde en salle», complète Hugo Latulippe.

Le montage a été réalisé à Cacouna par le cinéaste sa conjointe Stéphanie Robert. La grande majorité des paysages qui sont représentés dans le documentaire pour illustrer le territoire québécois ont été tournés au Bas-Saint-Laurent. Le documentaire «Je me soulève» est disponible en salle depuis le 25 mars. Sa projection est d’ailleurs prévue au cinéma Paraloeil de Rimouski le 28 avril prochain. Il n'apparait pas pour le moment à la programmation du cinéma Princesse de Rivière-du-Loup. «Je me soulève» est produit par Ciné-Scène et distribué par SPIRA. 

 

SYNOPSIS

«Vingt jeunes acteurs sont réunis en laboratoire par les metteures en scène Véronique et Gabrielle Côté afin de créer une œuvre collective pour l’un des grands théâtres nationaux. Sur une année complète, ils fouillent la poésie contemporaine québécoise avec l’objectif d’en tirer « l’esprit du temps ». En atelier comme aux quatre coins du territoire, nous assistons au processus de mise au monde de Je me soulève. Quel peuple serons-nous à l’avenir ? Que peut l’art pour transformer le monde ? Pourrons-nous encore faire des enfants ? Insurgés, habités par la ferveur de ceux qui rêvent de beauté, n’obéissant qu’à leur intuition, ils érigent une ode à la vie. Et lorsque – coup de théâtre! – l’une des leurs est élue à l’Assemblée nationale du Québec, la poésie se trouve littéralement mêlée à la vie politique du pays.»

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