Publicité

6 avril 2021 - 06:59

Les arts visuels au service de la santé mentale

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Une nouvelle exposition collective ornera les murs du Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup jusqu’au 11 avril. Les œuvres ont été créées par sept participants âgés de 14 à 25 ans du projet Espace Transition, une initiative de réadaptation en santé mentale par les arts. Elles sont le résultat de 12 semaines d’expérimentation de disciplines artistiques, de collaboration et de partage, dans un environnement ouvert et sans jugement.

«Cette année, c’était intéressant de voir ce projet dans le contexte de la COVID-19. Les participants ont eu l’occasion de vivre des activités avec d’autres jeunes de leur âge. Certains se sont vraiment épanouis, ils ont affronté leur anxiété. Je pense à une participante qui longeait les murs et ne parlait à personne au début. Elle s’est ouverte graduellement. Pendant un atelier de linogravure, elle a aidé les autres avec leurs œuvres», raconte Dre Stéphanie Binet, accompagnatrice clinique et psychiatre de l’enfant et de l’adolescent au CISSS du Bas-Saint-Laurent, installation de Rivière-du-Loup.

Les participants ont expérimenté divers médiums artistiques, dont le dessin au fil de fer, la linogravure, l’impression sur plaques de gelée, la peinture et le collage de photos. Leur groupe est mixte, c’est-à-dire qu’il compte autant des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale que d’autres qui n’ont aucun diagnostic. Ils sont ainsi appelés à interagir dans un contexte normalisant qui évite la stigmatisation.  

«Avec l’art, on ne se met pas à voir les limitations, mais plutôt les possibilités. Ils ont réalisé qu’ils ont besoin des autres pour travailler sur un projet d’art collectif. Je me suis sentie choyée de voir l’esprit de groupe qui s’est formé au fil des semaines et de les voir prendre confiance», ajoute la chargée de projets à l’éducation et à l’action culturelle du Musée du Bas-Saint-Laurent, Marie-Soleil Jean.

Ces ateliers étaient aussi une façon de briser l’isolement imposé par la pandémie. Malgré la fermeture du Musée en raison du resserrement des mesures sanitaires, les activités ont pu se poursuivre au Centre hospitalier régional du Grand-Portage dans un contexte sécuritaire. «Pour les personnes qui vivent au quotidien avec des problèmes de santé mentale, c’est déjà difficile d’entrer en relation avec les autres. Avec la COVID, le défi est multiplié par 1000», ajoute Dre Binet.

Ce n’est pas la première fois qu’une activité d’Espace Transition se déroule à Rivière-du-Loup. En 2018, un projet visant l’apprentissage du violoncelle en groupe avait été mis sur pied en collaboration avec l’École de musique Alain-Caron de Rivière-du-Loup. «Les arts visuels viennent ouvrir Espace Transition à d’autres jeunes qui n’ont pas le même profil. On est plus dans l’expérimentation de nouveaux médiums artistiques et c’est un domaine où il n’est pas évident de trouver des cours», complète Dre Stéphanie Binet.

Au fil des semaines, en créant cette oeuvre collective, les participants ont découvert leur potentiel créatif, ont pris confiance et ont appris à s’entraider. Le vernissage a eu lieu la semaine dernière en présence des parents des nouveaux artistes. Au cours des prochaines semaines, ils seront appelés à travailler sur une œuvre d’art postal qui sera exposée en mai.

L’initiative Espace Transition existe depuis 2009, mais c’est la première fois que le Musée du Bas-Saint-Laurent y participe. L’institution muséale a pu compter sur le soutien financier de la MRC de Rivière-du-Loup et de la Fondation de la santé de Rivière-du-Loup pour ce projet. Espace Transition est chapeauté par Dre Patricia Garel et basé au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Publicité


Publicité

Commentez cet article