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8 janvier 2021 - 06:55

Adaptation et compromis au cinéma selon Rafaël Ouellet

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’année 2020 en a été une d’adaptation et de compromis dans le milieu artistique. Les réalisateurs ont dû mettre de l’eau dans leur vin pour continuer à tourner les séries télé, quitte à sacrifier leur vision artistique afin de respecter les normes de la santé publique. Le cinéaste Rafaël Ouellet, originaire de Dégelis, a profité de sa pause de tournage pour réécrire son prochain film «Arsenault et fils» et l’adapter à la nouvelle réalité. 

«J’ai eu le financement pour faire le film, mais il n’y a pas eu beaucoup de long métrages qui se sont tournés en 2020. J’ai décidé de remettre ça à l’an prochain, en mai et juin. Malheureusement pour le moment, ça ne semble pas possible de venir tourner dans le bas du fleuve. Chaque jour qui passe, cette idée meurt un peu», explique Rafaël Ouellet.

Les restrictions liées à la COVID-19 vont vite grimper la facture de transport des acteurs. Il tient mordicus à filmer au moins le décor du Témiscouata afin de l’insérer dans son film. L’important pour le réalisateur est de faire croire au aux cinéphiles que le film se déroule dans une ville frontalière comme Dégelis. «C’est mon rêve. Je vais arranger ça avec le gars des vues», plaisante-t-il.

Rafaël Ouellet a utilisé la pause de l’été 2020 pour réécrire son film en «mode COVID». «Les petits becs et les accolades non nécessaires, on oublie ça. J’ai un bébé aussi, alors c’est une année quand même assez occupée», complète le cinéaste. Cet automne, le casting et les auditions pour les rôles ont été effectués. Présentement, son équipe travaille afin d’élaborer des scénarios d’horaires et de réserver les lieux de tournage.

Ayant travaillé sur des séries comme Ruptures, Blue Moon et Cheval-Serpent, Rafaël Ouellet a été témoin de tous les efforts qui ont été fait afin de protéger les équipes des séries télé. «Les tournages ont pu se poursuivre. Les diffuseurs ont des grilles horaires à remplir et des annonceurs sont impliqués dans ce processus. Il y a une limite à écouter et présenter des reprises. Le public a accès à d’autres plateformes comme Netflix, Amazon, Crave qui ont battu des records d’abonnements. Il a fallu innover et aller de l’avant. Les gens ont regardé la télé à la place des films. C’est difficile de sacrifier sa vision artistique lors d’un tournage pour le cinéma. Pratiquement personne ne veut faire ça», ajoute Rafaël Ouellet. Des séries comme 3e rang et District 31, par exemple, ont pu continuer les tournages et ainsi être diffusées. Le cinéaste craint toutefois que le public perde l’habitude d’aller voir des films au cinéma et les désertent, après la crise. Il y a toutefois eu un bon côté à tous ses chambardements.

«Les plateformes de captation Web et le streaming ont permis à plein de nouveaux talents d’éclore, les gens ont été hyper créatifs et travaillants», complète le cinéaste dégelisien.

Les gens se sont réfugiés dans le salon. L’art et le divertissement les ont apaisés tout en faisant passer le temps. «Ça fait longtemps que je n’ai pas tourné, depuis aout 2019. Ça me rappelle à quel point je suis privilégié, parce qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Je n’aurai pas le choix de tourner en mai et en juin puisque j’ai eu le financement pour mon film», conclu-t-il. Rafaël Ouellet dit ne jamais rien prendre pour acquis. Il continue à développer ses propres projets, même si la pandémie a freiné ses contrats pour la télévision.

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