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11 octobre 2019 - 06:59

Mathieu Stellaire et l’élan créatif au Bas-Saint-Laurent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

L’auteur-compositeur-interprète Mathieu Boucher (Stellaire pour l’occasion) a lancé le 20 septembre son tout nouveau projet solo, un album de 10 chansons intitulé «Marche nocturne». Avec cette démarche musicale expérimentale, il prouve qu’un artiste peut s’établir et créer en région, au Bas-Saint-Laurent.

Cet opus est le fruit d’un processus de création qui s’est échelonné sur trois ans, entre Sainte-Anne-des-Monts et Rivière-du-Loup. «Je décris le son de mon projet comme étant du franco-alternatif-lunaire. J’ai une passion pour l’espace. Je trouve qu’il y a des sons dans l’espace qui sont un peu méconnus sur Terre. J’ai voulu explorer cette vision avec des instruments qu’on retrouve ici, ça me permet d’amener des nouveaux sons qui sont aussi familiers, et qui restent sur des tempos accessibles», explique Mathieu Boucher.

Avant de se lancer dans l’aventure de la production d’un album en solo, il a d’abord appris à enregistrer sa propre musique dans le cadre d’un très court et bref projet, «Lunatique». L’artiste louperivois a réussi à trouver son identité musicale à force d’expérimentations, d’écoute de musique québécoise, ses racines, et grâce à l’apprentissage de nouveaux instruments. Dans les pièces de «Marche nocturne», on peut l’entendre chanter, jouer de la guitare, du «pedal steel», de la basse et de la batterie, notamment. 

 «C’est un défi personnel de création, je ne suis pas un joueur de batterie, mais je me suis entêté à en être un, et ça s’entend, mais une fois qu’on passe par-dessus ça, on accepte comment ça sonne», précise-t-il, à propos de sa démarche. Il a aussi collaboré avec d’autres de ses amis musiciens, comme Bastien Banville à la basse, et Vincent Couture au saxophone. D’autres se sont greffés au projet, dont le guitariste Olivier Martin, pour les spectacles. Même si sa création s’est entièrement déroulée au Bas-Saint-Laurent, Mathieu Boucher ne souhaite pas s’imposer de barrières territoriales pour ses spectacles.

«Je veux jouer à Québec et à Montréal, c’est évident, parce que le bassin de public est assez important. Par contre, ce serait un peu me mentir d’aller créer à Montréal et à Québec quand je viens d’ici. Tout ce qui m’inspire a toujours été ici, les gens, les lieux, je ne vois pourquoi j’irais composer ailleurs».

FAIRE RÉSONNER LA MUSIQUE

Il est d’ailleurs confiant qu’un des projets auxquels il prend part se démarquera et permettra aux artistes du Bas-Saint-Laurent de rayonner à l’échelle provinciale. Mathieu Boucher est aussi l’un des fondateurs du collectif Rainbow Submarine, qui parraine des projets de musique émergente et permet à des artistes moins connus de monter sur une scène alternative, dans le cadre des spectacles de salon. Le mandat du Rainbow Submarine s’est d’ailleurs élargi, puisqu’il agit maintenant en tant que studio d’enregistrement. Il accueillera notamment les auteurs-compositeurs-interprètes Olivier Martin, Yoann Guay et Kourage (Benoit Ouellet) cet automne.

«Beaucoup de régions ont des artistes forts, qui agissent comme des porte-paroles. Je pense qu’il va se passer quelque chose, c’est à notre tour, au Bas-Saint-Laurent (…) Je me dis que si on est une petite gang à produire au maximum de la musique et qu’au moins un projet obtient une certaine visibilité à l’échelle provinciale, ça ouvre la porte à tous les autres. Ça met la région sur la carte, culturellement», ajoute Mathieu Boucher.

Son prochain spectacle est prévu le 16 novembre prochain au BeauLieu culturel du Témiscouata, à Témiscouata-sur-le-Lac, dans une formule intime, à l’image des spectacles de salon organisés par le Rainbow Submarine. Pour le moment, «Marche nocturne» a obtenu un bel accueil de la part du public louperivois, et Mathieu Boucher estime que les mélomanes ont «les oreilles grandes ouvertes» pour ce type de création.

 

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