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5 janvier 2022 - 15:47 | Mis à jour : 17:51

Lepage Millwork fait preuve de prudence au retour des Fêtes 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Alors que les milieux de travail représentent près du quart des endroits où des éclosions actives de COVID-19 sont répertoriées au Québec, et que la fête de Noël a donné lieu à des rassemblements entre bulles familiales, l’entreprise Lepage Millwork de Rivière-du-Loup a décidé de prendre les choses en main afin de conserver un environnement de travail sécuritaire et d’assurer la poursuite de ses activités. Une opération de dépistage auprès des quelque 300 employés a été réalisée, grâce à l’utilisation de tests rapides. 

La direction a décidé d’aller de l’avant avec cette initiative, une première, dans un contexte où le virus n’a jamais été aussi présent dans la région. Avant son entrée au travail, ce mercredi 5 janvier, chaque employé devait montrer la preuve d’un résultat négatif à un test de dépistage rapide, que celui-ci ait été réalisé à la maison ou directement à l’arrivée à l’usine. 

En effet, la moitié des employés de l’entreprise manufacturière, soit environ 150 personnes, ont passé un test tout juste avant d’entrer au travail. Un membre de la direction était présent sur place pour guider chaque personne et l’accompagner à travers le processus. Les autres ont amené avec eux le résultat d'un test qu’ils avaient réussi à obtenir par leur(s) enfant(s) ou en pharmacie.

«On a séparé un stationnement en huit allées pour les voitures. Les gens de la direction étaient à l'extérieur. Ils donnaient les instruments et les indications à leurs collègues au fil et à mesure. Non seulement la personne n'avait pas à se préparer avant d'arriver, il y avait une supervision qui était possible. On s'assurait avec eux que tout soit bien fait», a partagé le directeur général de Lepage Millwork, François-Xavier Bonneville. «Ç'a super bien été ce matin, il n'y a eu aucune complication.»

Lepage Millwork a reçu une livraison de tests rapides au mois de décembre, après avoir fait la demande pratiquement une semaine plus tôt. Ces tests, différents de ceux que l’on peut retrouver en pharmacie, sont offerts par le Ministère de la Santé et des services sociaux aux entreprises dans le cadre d’un programme mis en place en 2021. 

«Ce sont des trousses de 25 tests qu’on ne pouvait pas séparer de façon individuelle. Elles ne pouvaient pas être décomposées et distribuées. C’est pour cette raison que nous avons mis en place une autre façon de procéder, sans que les employés aient à rentrer à l’intérieur des locaux.»

François-Xavier Bonneville concède que les tests rapides n’ont pas une fiabilité à toute épreuve et que l’initiative offre un portrait éphémère de la situation au sein de l’entreprise. Il estimait néanmoins que c’était la chose à faire au retour du congé des Fêtes, qu'il valait mieux faire preuve de prudence et de proactivité. 

La suite lui aura d’ailleurs donné raison, puisque des travailleurs asymptomatiques ont reçu un diagnostic positif et ont dû s’isoler ce matin. Lepage Millwork compte actuellement un taux d’absentéisme de plus de 20 %, estime le dirigeant. 

«Les gens asymptomatiques sont ont aussi à risque de propager le virus et de contaminer leurs collègues que les gens avec symptômes […] Il fallait trouver une façon d'identifier ces gens-là pour ne pas risquer une éclosion, même avec les mesures en place. On voulait se donner une chance supplémentaire», dit-il, ajoutant que le télétravail, le port du masque et la distanciation de deux mètres restent au cœur des mesures appliquées en milieu de travail.  

ANNONCES GOUVERNEMENTALES

Questionné au sujet des plus récentes annonces de la Santé publique du Québec, qui a notamment confirmé avoir rabaissé de 10 à 5 jours la durée de s’isolement des personnes adéquatement vaccinées qui présentent des symptômes, François-Xavier Bonneville est resté prudent. 

«Il y a deux façons de voir ça. Oui, d’un côté, ça nous ramène nos gens plus tôt, mais il ne faut pas qu’ils soient capables d’en contaminer d’autres. Il faut trouver le juste milieu», mentionne-t-il au sujet du dilemme actuel. 

«Quand on parle de protection et de s’assurer qu’il n’y ait pas de contamination, garder cela à 10 jours fait beaucoup de sens. Mais quand on parle de productivité, de capacité de production, le 5 jours fait du sens aussi. Le défi, c’est de réussir à voir clair à travers tout ça […] Pour l’instant, on compte procéder avec du cas par cas», ajoute-t-il.  

Mercredi, le secteur manufacturier du Québec, déjà durement touché par la pénurie de main-d’œuvre, a demandé que Québec rende accessibles les tests de dépistage PCR à l’ensemble de ses employés, qu’ils obtiennent une exemption au même titre que ceux des usines de transformation de viande. 

Cette réaction faisait suite à l’annonce de Québec qui, face à une pénurie de tests appréhendée, renonce à tester la population générale à l’aide de tests PCR. Ceux-ci seront désormais réservés au personnel soignant et à risque. 

À ce sujet, François-Xavier Bonneville ne cache pas qu’il aimerait que ses employés puissent toujours avoir accès aux centres de dépistage, mais il reste pragmatique devant la situation actuelle. La priorité doit aller du côté du personnel du réseau de la santé, croit-il. 

«Si j’étais à leur place et que j’avais à choisir, je choisirais moi aussi la santé. Ils manquent actuellement de personnel, les centres de dépistage sont débordés et ils n’ont plus la capacité nécessaire pour dépister tout le monde», a-t-il analysé, précisant qu’il faut souligner le dévouement des travailleurs de la santé.  

Le 4 décembre, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) rapportait 309 éclosions actives dans les milieux de travail sur un total de 1 286 en province. 
 

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