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8 octobre 2021 - 12:40 | Mis à jour : 13:04

La santé publique préoccupée par les rassemblements sans masque à l’Action de grâce

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

La majorité des personnes présentement atteintes de la COVID-19 et en isolement (63 % des cas) se trouvent dans la MRC de Kamouraska, soit 36 cas actifs sur 59. À la veille du long congé de l’Action de grâce, la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent s’attend à ce que de nombreux rassemblements familiaux aient lieu, alors que la région observe une hausse de 56 personnes atteintes du coronavirus au cours de la dernière semaine.

L’un des moteurs de cette transmission communautaire est une éclosion à l’École des Vents-et-Marées de Rivière-Ouelle, où 17 cas ont été déclarés sur 59 élèves, en plus d’être à l’origine de cas secondaires. Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc, confirme que les tests de dépistage et les contrôles se poursuivent. Il n’est pas impossible que d’autres cas se déclarent au cours des prochains jours.

L’enseignement est passé en mode virtuel jusqu’au 11 octobre inclusivement pour cet établissement, confirme le Centre de services scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup. Des cas de COVID-19 ont aussi été répertoriés dans les écoles primaires de Saint-Alexandre-de-Kamouraska et de Notre-Dame de Mont-Carmel, sans fermeture de classe.

«Ce qu’on sait, c’est que nous avons réussi à circonscrire cela rapidement. Le virus est très contagieux et les personnes infectées ne restaient pas toujours seulement à Rivière-Ouelle, elles se promenaient dans la région, donc il y a encore de l’activité», ajoute le Dr Leduc. Il souligne que dans la région du Bas-Saint-Laurent, le port du masque de procédure en classe n’est pas obligatoire, ce qui explique la transmission rapide du virus. Les élèves ne sont plus en bulle-classe depuis la rentrée scolaire. 

«Le portrait dans notre région ressemble en tous points à la situation qui prévaut partout au Québec. La COVID-19 touche principalement les personnes non vaccinées. Des fois, la transmission se fait aux personnes qui sont vaccinées, mais elles sont moins malades et n’ont pas besoin d’être hospitalisés. Les jeunes de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés alors nous ne sommes pas surpris», précise le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent. Pour le moment, aucun des enfants de l’éclosion de Rivière-Ouelle n’est hospitalisé en raison de la COVID-19. Trois hospitalisations sont présentement en cours à Rimouski.

La grande majorité des personnes hospitalisées en raison de la COVID-19 au Québec ne sont pas complètement vaccinées. Le taux de vaccination élevé au Bas-Saint-Laurent (87 % avec deux doses) a évité plusieurs éclosions cet été, souligne le Dr Leduc. Lorsque les équipes de santé publique réalisaient les enquêtes épidémiologiques et qu’elles concernaient des personnes doublement vaccinées, «le feu ne prenait pas», indique le Dr Leduc.

«Nous avons eu un été tranquille qui s’est poursuivi assez tard en septembre. Nous ne sommes pas surpris par cette hausse de cas puisqu’il y a eu une transmission accrue dans la région voisine de Chaudière-Appalaches.»

LONG CONGÉ DE L’ACTION DE GRÂCE

La Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent rappelle que les rassemblements dans les résidences privées sont limités à un maximum de 10 personnes d’adresses différentes ou provenant de trois foyers différents. «Dans le cas des rassemblements dans les restaurants, les hôtels, dans les arénas, je suis moins inquiet puisque ceux qui y participent doivent présenter une preuve vaccinale et porter le masque pour y accéder. Ce qui m’inquiète, ce sont les rassemblements d’une cinquantaine de personnes sans contrôle de la vaccination, ‘’avec pas de masque’’, cela représente un danger. On donne des permissions dans des conditions contrôlées», ajoute Dr Sylvain Leduc.

Ce dernier croit qu’il y a présentement plus de cas de COVID-19 au Bas-Saint-Laurent que ceux qui sont déclarés par la santé publique. Ce ne sont pas tous les gens infectés qui passent un test de dépistage dès le début de leurs symptômes, ou qui se rendent dans un centre de dépistage. Selon le Dr Leduc, ce comportement va de pair avec une attitude réfractaire à la vaccination. «Ces gens constituent un risque pour leurs proches. Ils ne s’isolent pas et continuent de voir leurs familles. Quand on agit de la sorte, on risque de contaminer des gens qu’on aime», conclut-il.

D’après la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, il est recommandé de subir un test de dépistage dès l’apparition de symptômes de la COVID-19 comme de la fièvre, de la toux, une perte d’odorat, des maux de tête et de la difficulté à respirer. Toutes les informations concernant la vaccination contre la COVID-19 au Bas-Saint-Laurent sont disponibles en suivant ce lien : https://www.cisss-bsl.gouv.qc.ca/vivre-en-sante/maladies-infectieuses/coronavirus-covid-19/vaccination

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc. - Photo: Ici Radio-Canada Bas-Saint-Laurent

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