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1 avril 2021 - 14:52 | Mis à jour : 16:49

Délestage dans les hôpitaux du Bas-Saint-Laurent en prévision d’une hausse des hospitalisations

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Aux prises avec une «montée fulgurante» du nombre de cas de COVID-19, la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent a fait le point sur les changements qui seront apportés par le passage au palier alerte rouge ce jeudi 20 h partout dans la région.

Du délestage sera effectué au CISSS du Bas-Saint-Laurent. Un niveau d’activité oscillant entre 30 et 50 % de la capacité habituelle sera conservé afin de réorienter les travailleurs de la santé vers les unités COVID, la vaccination et le dépistage.

Avec l’augmentation des cas de COVID-19 sur le territoire, une hausse rapide du nombre d’hospitalisations est envisagée. Maintenant 4 usagers sont hospitalisés à Rimouski et 9 se trouvent dans des hôpitaux de Chaudière-Appalaches ou de la région de Québec, selon le président-directeur général adjoint du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Dr Jean-Christophe Carvalho. La majorité d’entre eux sont âgés de 65 ans et plus, mais des gens entre 40 et 60 ans ont aussi été hospitalisés.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent se prépare à accueillir localement un plus grand nombre de personnes hospitalisées en raison de la COVID-19. L'organisation veut avoir la capacité de prendre en charge ses propres patients. Présentement 6 lits sont ouverts à Rimouski dans «l’unité COVID». La capacité totale à atteindre sera de 28 lits en zone chaude, en collaboration avec le Centre hospitalier régional du Grand-Portage à Rivière-du-Loup. Pour ce qui est des soins intensifs liés à la COVID-19, entre 2 et 4 lits sont disponibles immédiatement et dès la semaine prochaine, 8 patients pourront être traités en même temps à Rimouski.

«Pour y arriver, il a fallu procéder à du délestage plus important afin de maintenir un niveau d’activité entre 30 % et 50 % de ce qu’on fait normalement pour dégager des ressources infirmières afin de répondre aux besoins des unités COVID ou de soins intensifs. Il faut aussi tenir compte du fait qu’on doit continuer à faire les dépistages pour l’ensemble de la population […] C’est très important de maintenir la vaccination et pour vacciner, ça prend des professionnelles cliniques», a précisé Dr Carvalho. Les urgences demeurent ouvertes. Plusieurs services semi-urgents continueront d'être offerts, comme la chirurgie oncologique. Les effets se feront ressentir au cours des prochaines semaines sur les listes d’attente pour les procédures électives.

PASSAGE EN ZONE ROUGE

Il y a à peine deux semaines, le 17 mars, on comptait environ trois nouveaux cas de COVID-19 par jour. Depuis deux semaines, 414 personnes du Bas-Saint-Laurent ont reçu un résultat positif de test de dépistage. «Les cas se sont répartis dans tous les groupes d’âge. Heureusement, ils ont épargné les CHSLD et les résidences pour personnes âgées, ce qui nous montre bien que l’effet protecteur du vaccin se vérifie», a commenté le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc.

Ce dernier souligne que les cas s’étendent présentement à d’autres MRC du Bas-Saint-Laurent. Selon lui, des actions visant à réduire les conditions où le virus pourrait se transmettre sont nécessaires afin de reprendre le contrôle de la situation et de protéger les citoyens de la région.

Avec la zone rouge, le couvre-feu demeure à 21 h 30, mais elle entraine la fermeture des salles à manger des restaurants. Les livraisons et commandes pour emporter sont maintenues. Des modifications aux activités sportives et de loisirs permises seront implantées progressivement. Les déplacements, dans ou à l’extérieur de la région, sont à proscrire.

«Il est excessivement important pour ce congé pascal de rester chacun chez soi. L’adhésion aux mesures sera importante […] Les rassemblements ne sont pas permis. Je veux vous rassurer, on va passer à travers cette vague, comme on est passé à travers les précédentes. Tout ce que ça nous prend, c’est encore un peu de patience et d’efforts collectifs. Je sais que cette patience est mise à rude épreuve en ce moment», a ajouté Dr Leduc.

Le ou les variants qui se propagent dans la région du Bas-Saint-Laurent n’ont pas encore été identifiés par séquençage génomique. On compte toutefois 243 cas de variants détectés par criblage au Bas-Saint-Laurent. Au Québec, on retrouve quatre principaux variants du Royaume-Uni, de l’Afrique du Sud, du Brésil et du Nigéria. Le variant britannique est identifié dans 87 % des cas jusqu’à maintenant.

MILIEU SCOLAIRE

Dès le congé férié de lundi, des communications seront transmises par le Centre de services scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup conjointement avec la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent afin de planifier un retour en classe. Selon le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, les résultats de nombreux tests de contrôle de dépistage seront reçus au cours du weekend. Ils permettront de prendre une décision sécuritaire concernant la levée de l’isolement préventif des élèves et de leurs familles.

En attendant ce suivi, les personnes concernées doivent toutes respecter l’isolement prescrit par les autorités de santé publique. «On leur dit lorsqu’on les appelle, lorsqu’ils ont un test au centre de dépistage. À partir du moment où les gens prennent connaissance de nos recommandations, ils devraient les appliquer, c’est pour ça qu’on en appelle à la collaboration de tout le monde», a ajouté Dr Leduc.

VACCINATION

La région du Bas-Saint-Laurent obtiendra 5 000 doses de vaccins supplémentaires en provenance de Montréal. Jusqu’à maintenant, plus 25 000 doses ont été administrées, représentant une couverture vaccinale d’environ 12 % de la population bas-laurentienne.

En avril, 36 700 doses seront administrées au cours du mois. «La vaccination s’accélère et nous protègera. Toutefois, il faut rappeler que les anticorps prennent deux à trois semaines à se développer à la suite du vaccin. Ce n’est pas une protection immédiate. On a besoin des mesures sanitaires et de distanciation qui seront beaucoup plus efficaces à court terme», a précisé Dr Sylvain Leduc.

Certains rendez-vous de vaccination seront devancés en raison de l’arrivage de 5 000 doses supplémentaires en provenance de Montréal. La Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent joindra par téléphone les personnes concernées. 

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