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4 décembre 2020 - 14:11 | Mis à jour : 16:18

L'est du Bas-Saint-Laurent passe au rouge, le KRTB en orange

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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L'est du Bas-Saint-Laurent passe au palier maximal d’alerte rouge, alors que le KRTB est épargné et demeure en zone orange. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en a fait l'annonce le 4 décembre lors d'une mise à jour des paliers d’alerte.

Les secteurs de l’est de la région du Bas-Saint-Laurent, soit ceux de Rimouski-Neigette, de La Mitis, de La Matanie et de La Matapédia, se trouveront en zone rouge à partir du lundi 7 décembre à minuit. La santé publique a procédé à ce changement en raison, notamment, de la hausse du nombre de cas. Le changement de palier d’alerte concernant les milieux scolaire et sportif entrera en vigueur dès le 9 décembre.

Les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques demeurent quant à elles au palier orange, mais la vigilance de la santé publique sera accrue au cours des prochaines semaines.

LE BAS-SAINT-LAURENT À MOITIÉ EN ROUGE

Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Dr Sylvain Leduc explique que le facteur épidémiologique a guidé la décision de faire passer au rouge seulement une partie du Bas-Saint-Laurent, plutôt que l’entièreté du territoire. «Considérant les conséquences qui se produisent lors d’un passage au palier d’alerte rouge, la transmission faible présentement [dans l’ouest du territoire] et le fait que la population adhère aux recommandations, cette décision n’aurait pas été facilement été admise», ajoute Dr Leduc. Le KRTB, en orange, se trouve maintenant entre deux zones rouges.

L’objectif est d’arriver à la fin du mois de décembre en restreignant la transmission de la COVID-19 pour éviter qu’elle ne s'attaque aux personnes vulnérables. La circulation entre les différentes zones doit être évitée. Le Dr Sylvain Leduc ne cache d’ailleurs pas sa crainte de voir le KRTB passer au rouge au cours des prochaines semaines. «On va essayer de faire mentir cela. On a encore de l’espoir, ce sera un défi intéressant, à la hauteur des gens du KRTB. Il faudra être doublement vigilant pour les prochaines semaines», ajoute-t-il. La CNESST de même que la Sûreté du Québec ont été informés de la situation et du changement de palier d’alerte dans l’est du Bas-Saint-Laurent pour éviter les débordements d'ici au 7 décembre. 

LA TRANSMISSION S’ACCÉLÈRE

Le Dr Sylvain Leduc, rappelle que jusqu’à la mi-novembre, le bilan de la région était très favorable. «Toutefois, on a commencé à voir à partir du 17 novembre une augmentation lente, mais soutenue du nombre de cas dans la partie est du territoire. Nous avons procédé à plusieurs appels à la vigilance et au dépistage, nous avons rehaussé nos efforts de traçage des cas et d’isolement préventif», a-t-il expliqué. La tendance s’est malheureusement maintenue et grandement accélérée lors de la dernière semaine, particulièrement dans la MRC de Rimouski-Neigette. Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent estime que la population avait un peu baissé la garde.

Hier, 45 nouveaux cas se sont ajoutés pour une seule journée pour 200 000 habitants. Le Dr Leduc précise que le seuil à ne pas dépasser devrait se situer à environ 20 cas par jour. Depuis maintenant une semaine, le Bas-Saint-Laurent se situait largement au-dessus de cette moyenne. «On observe, plus spécifiquement dans la MRC de Rimouski-Neigette, une transmission soutenue du virus dans tous les milieux, favorisée par de nombreux regroupements et des rapprochements. Que ce soit dans les bars, les restaurants, lors de soirées festives, dans des milieux de travail où des gens se sont constitué des ‘’pseudo-bulles’’ de 10 à 12 personnes sans se protéger et qui contaminent tous les autres», image le Dr Leduc. La transmission s’est aussi accrue au cours des trois derniers jours dans les sports d’équipe, les loisirs et les gyms. Une vingtaine d’écoles sont maintenant touchées par au moins un cas de COVID-19.

«Ce que nous apprennent toutes les situations qui ressemblent à la nôtre dans le monde, c’est que lorsqu’on a une transmission aussi soutenue, ça finit toujours par se rendre dans nos milieux vulnérables. Ça entraine malheureusement des hospitalisations et des décès», ajoute le directeur régional de la santé publique du Bas-Saint-Laurent. Bien qu’on compte peu d’hospitalisations pour le moment, la situation pourrait changer rapidement si la COVID-19 entre dans un milieu de soins pour personnes âgées, par exemple.

«Les ressources qui vont travailler auprès des personnes atteintes de la COVID-19 sont déjà dans notre réseau de la santé et elles ne se tournent pas les pouces présentement. Si on remplit nos lits avec des gens atteints de la COVID-19, on va devoir délester, ralentir les services et étirer les listes d’attente pour les soigner», rappelle Dr Leduc. La priorité est de conserver la capacité du réseau de santé pour bien remplir toutes les missions hospitalières le plus longtemps possible. Le mois de janvier est souvent très occupé pour le système de santé. 

Le passage en zone rouge permet de réduire les rassemblements et les occasions pour les gens se transmettre le virus entre eux. Le Dr Leduc s’attend d’ailleurs à ce que les deux ou trois prochains mois soient difficiles. En raison d’un problème informatique, plus d’une dizaine de nouveaux cas n’ont pas pu être inscrits au bilan de la journée du 4 décembre.

QUESTIONS ET RÉPONSES AVEC LE DR SYLVAIN LEDUC

  • Le passage au rouge est pour une durée de combien de temps ? Selon le Dr Leduc, en ce moment, la transmission est élevée et soutenir dans l’est du Bas-Saint-Laurent. Il veut se donner quelques semaines afin d’arriver à contenir le virus. La transmission est facilitée par le fait que la population se trouve plus souvent dans des lieux fermés en raison du temps froid.
  • Craignez-vous des impacts avec la saison de grippe qui approche ? «Oui. En janvier, on a des enjeux dans l’ensemble des services et des missions de nos établissements, à l’urgence et pour les hospitalisations. Il ne faut pas attendre que la situation soit catastrophique avant de bouger pour la prévenir», répond Sylvain Leduc.
  • Est-il possible de revenir en zone orange avant la période des Fêtes ? «C’est très peu probable. J’en serais le premier heureux, on ne dira pas que c’est impossible, il faut voir et on se croise les doigts.»
  • Est-ce que ce sont majoritairement des jeunes qui transmettent le virus? «Nos enquêtes touchent 40 cas par jour. Ce sont des gens de tous les âges qui ont rencontré beaucoup de monde et qui avaient une impression de sécurité en rencontrant des membres de leur propre famille et en multipliant les bulles. Ils se sont ainsi transmis facilement le virus.» Le Dr Leduc précise que les négligences se sont produites dans tous les groupes d’âge.

EN ZONE ROUGE

Dans les nouvelles zones du palier d’alerte maximal, les visiteurs d’une autre adresse sont interdits, tout comme les rassemblements privés. Les activités parascolaires, les sorties scolaires, et les activités physiques, sportives ou de loisir sont annulées.

Concernant les commerces, une personne par ménage y sera admise. Ils seront aussi invités à restreindre le nombre de personnes selon leur capacité. Les salles à manger (service de livraison possible) et les bars devront fermer. Les salles de spectacles, cinémas, théâtres et musées, entre autres doivent cesser leurs activités. Ces mesures s’appliqueront dès le lundi 7 décembre pour les MRC de l’est de la région du Bas-Saint-Laurent, soit Rimouski-Neigette, La Mitis, La Matanie et La Matapédia.

Toutes les mesures entrainées par le changement de palier sont disponibles en cliquant ici: Palier 4 – Alerte maximale (zone rouge)

Depuis sept jours, la région a enregistré une hausse de 165 cas, dont la majorité se trouvent dans la MRC de Rimouski-Neigette. On dénombre présentement 27 éclosions au Bas-Saint-Laurent, un record. La MRC de Rimouski-Neigette compte présentement 136 cas actifs, tandis que 11 sont répertoriés à Rivière-du-Loup, et 9 au Témiscouata. Pour le moment, les MRC de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques évitent le passage au rouge.

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3 réactionsCommentaire(s)
  • Bonjour! Je suis en zone rouge, rive-nord! Je suis seule à la retraite! Est-ce que je peux aller voir mon petit-fils et ma fille à Rimouski étant donné qu’ils sont en zone rouge eux auss!?!!!

    Diane sevigny - 2020-12-05 20:10
  • Chapeau à tous les gens du KRTB de redoubler d'efforts et de respecter les mesures en place pour que notre région reste dans la zone orange.
    Continuons notre excellent travail pour nous avant tout, nos proches, nos ainés, nos anges gardiens, nos commerces, nos entreprises, nos restaurants, nos bars, nos activités sportives, nos écoles, etc......
    Bravo et ensemble nous nous en sortirons.

    Francine Malenfant - 2020-12-05 05:54
  • Tout a fait d,accor

    Andre Beaulieu - 2020-12-04 18:47