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27 novembre 2020 - 13:10 | Mis à jour : 13:21

COVID-19 : le Bas-Saint-Laurent est sur la corde raide 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Comme une funambule, la région du Bas-Saint-Laurent marche actuellement sur «une ligne très mince», selon le directeur régional de la Santé publique, le Dr Sylvain Leduc. Alors qu’une hausse de cas positifs à la COVID-19 est remarquée dans la région, la situation est «délicate» et «inquiétante». Si elle ne change pas, un éventuel passage en zone rouge se profile à l’horizon. 

Ainsi, deux semaines seulement après avoir fait un appel à la vigilance sur l’ensemble du territoire, le Dr Leduc a de nouveau demandé publiquement la collaboration des citoyens de chacune des MRC du Bas-Saint-Laurent dans le cadre d’un point de presse diffusé ce vendredi 27 novembre. 

Au cours d’une allocution imagée, le médecin a martelé l’importance de respecter les directives des autorités, notamment en ce qui concerne les rassemblements privés. Le travail d’équipe, dit-il, est essentiel pour freiner la propagation du virus et éviter un éventuel passage en zone rouge.

«Notre situation épidémiologique nous rapproche dangereusement d’un des critères pour atteindre le palier rouge, a soutenu le Dr Leduc. Je considère que nous sommes actuellement à un carrefour. Nous avons le choix d’aller d’un côté ou de l’autre et ça dépend, évidemment, de tous et chacun.»

«Il faut regarder en avant, comme un funambule le ferait, et se dire que les capacités qu’on a nous appartiennent et que nous sommes en mesure de nous rendre jusqu’aux Fêtes avec le moins d’éclosions et de cas actifs possibles […] Il faut se fixer un objectif commun, tout le monde, se projeter et se dire qu’il faut se rendre à la période des Fêtes dans la meilleure situation possible. Présentement, ce que je vois, ce n’est pas simple.» 

Au moment d’écrire ces lignes, le Bas-Saint-Laurent dénombre 19 éclosions de COVID-19, un record. La tendance du nombre de cas est aussi à la hausse avec 20 nouveaux cas recensés dans le bilan d’aujourd’hui (données extraites à 16 h, hier). Les cas actifs s'élèvent à 155. 

Selon la santé publique, des milieux de soins et de travail, tout comme des milieux scolaires et de garde sont affectés. Près de la moitié des éclosions sont aussi – et surtout – liées à une transmission lors de rassemblements privés. 

«Je suis inquiet du nombre effarant de partys qui existent encore, du nombre de personnes qui ignorent, volontairement ou non, la recommandation de limiter les rassemblements privés à six personnes seulement», a souligné le directeur régional de santé publique, précisant avoir également des craintes envers l’achalandage à la hausse dans les centres commerciaux. 

Une fois de plus, le Dr Leduc a rappelé que le Bas-Saint-Laurent est l’une des rares régions du Québec à avoir maintenu sa position au palier orange dans les dernières semaines et qu’un changement de niveau d’alerte au palier rouge impliquerait de lourdes restrictions pour le milieu de la restauration, le domaine des sports et des loisirs, les activités culturelles et le milieu scolaire, notamment.

«On a des opportunités que la majorité des gens au Québec n'ont plus. Si on veut garder ces privilèges-là, on doit travailler ensemble pour diminuer et abaisser la courbe des cas. Quand on a des comportements qu’on observe qui sont déviants, délinquants, ça vient menacer ce privilège-là qu’on a au Bas-Saint-Laurent», a-t-il indiqué. 

«On a besoin du travail d’équipe de toute la population. Nous avons des comportements exemplaires de la majorité des Bas-Laurentiens et ça fait en sorte que notre bilan est l’un des meilleurs au Québec. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’avec un virus aussi contagieux, ça ne prend pas de délinquance généralisée pour perdre un bilan […] En novembre, on constate que les gens se réunissent davantage à l’intérieur et que la transmission se fait beaucoup plus facilement qu’il y a à peine quelques semaines», a-t-il plus tard indiqué. 

DIVISER LA RÉGION?

Questionné à savoir si seulement une partie du Bas-Saint-Laurent pourrait tomber en zone rouge, si la situation s’aggravait, le Dr Sylvain Leduc est resté prudent. «C’est une question délicate, parce qu’on invite les gens du Bas-Saint-Laurent à la solidarité et qu’il y a beaucoup d’échanges entre tous les territoires», a-t-il répondu. 

«Maintenant, est-ce que des régions ont déjà procédé à des nominations de palier rouge par division de leur territoire ? Oui, c’est déjà arrivé, mais dans presque tous les cas, quand on a fait ça, ç’a duré en moyenne trois semaines avant que l’ensemble de la région bascule […] Quand on sera rendu là, on pourra évaluer quels sont nos meilleurs scénarios, mais la décision ultime repose entre les mains du ministre de la Santé», a-t-il poursuivi. 

Bien que les éclosions de COVID-19 sont principalement concentrées dans l’est du territoire, «ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas individuels au KRTB», a précisé Sylvain Leduc. «Il ne faut absolument penser que la situation est parfaite et non dangereuse. Il faut être vigilants.»
 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Pourquoi ne donnez-vous plus le nombre de cas par MRC?

    Pierre Cloutier - 2020-11-27 22:56