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28 mars 2020 - 17:40 | Mis à jour : 18:02

Bas-Saint-Laurent en confinement : «Une mesure préventive extraordinaire»

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Le directeur régional de la Santé publique, le Dr Sylvain Leduc, a commenté la décision du gouvernement de fermer la région du Bas-Saint-Laurent aux allées et venues non essentielles, ce samedi 28 mars en fin de journée. Il a convenu que c’était une mesure extraordinaire, mais qu’elle était «juste» et «nécessaire» pour protéger la population. 

Ainsi, depuis 16 h aujourd’hui, tous les déplacements non essentiels entre plusieurs régions du Québec, dont le Bas-Saint-Laurent, sont interdits. Les gens qui prévoyaient voyager dans le Bas-du-Fleuve doivent reconsidérer ou annuler leur déplacement. Les points d’entrée, à la hauteur de Saint-Roch-des-Aulnaies et Les Méchins, seront contrôlés par des agents de la Sûreté du Québec. 

Seuls le passage des biens nécessaires au fonctionnement des services essentiels, les déplacements en lien avec des consultations médicales ou les transports préhospitaliers, de même que les déplacements pour causes humanitaires seront tolérés. 

Selon le Dr Leduc, un contrôle plus serré des déplacements était devenu nécessaire. «La situation épidémiologique de la COVID-19 au Québec a évoluée, rapidement, dans la dernière semaine. La principale menace de propagation dans nos régions devient donc les cas importés de certaines régions où l’activité s'est accrue», a-t-il déclaré. 

La direction régionale de la Santé publique précise que des mesures seront mises en place dans les aéroports de la région, tout comme du côté de la traverse Matane-Godbout. À Rivière-du-Loup, l’aéroport est d’ailleurs fermé jusqu’à nouvel ordre

«Un isolement de 14 jours est obligatoire à l’arrivée et les non-résidents qui ont des symptômes ne pourront pas entrer dans la région […] Les travailleurs de la santé qui viennent nous prêter main-forte devront également respecter des règles de sécurité. Les travailleurs essentiels peuvent aussi assurer leur mandat, mais en respectant des critères stricts», a ajouté le Dr Sylvain Leduc. 

ET LES ENTRÉES DU NOUVEAU-BRUNSWICK? 

Questionné sur la possibilité qu’il y ait un contrôle des entrées au Québec en provenance du Nouveau-Brunswick, comme c’est fait d’ailleurs inversement, le Dr Leduc a sous-entendu que c’était peut-être à venir prochainement. 

«Les discussions se poursuivent présentement pour être en mesure d’établir des points de vérification. On sera sans doute en mesure de vous apporter des précisions dès demain ou lundi», a-t-il dit. 

«La logique doit prévaloir. La logique, c’est qu’on doit diminuer les mouvements et diminuer les entrées dans notre territoire. Que quelqu’un vienne d’Edmundston […] ou de Québec, c’est le même risque», a-t-il poursuivi, soulignant prudemment que les discussions entre provinces sont de la responsabilité du gouvernement du Québec. 

SITUATION SOUS CONTRÔLE, MAIS….

Le directeur régional de la Santé publique assure que la situation est sous contrôle actuellement au Bas-Saint-Laurent. Sur les 760 dépistages effectués, plus de 400 sont revenus négatifs. Mais environ 300 personnes sont toujours en attente d’un résultat. Rappelons que 8 cas positifs ont été recensés. 

«C’est sûr et certain que dès demain, et après-demain, on va en avoir davantage [de cas positifs]. Il nous reste beaucoup de tests à recevoir […] Mais grâce aux mesures de confinement établies par le gouvernement, les gens n’ont plus accès à toutes sortes de rassemblements. Alors quand on découvre un cas positif, en général, ils n’ont pas eu l’occasion de jouer un match de quelque chose avec plusieurs personnes. Chaque cas positif génère donc moins de cas secondaires et c’est comme ça, graduellement, qu’on risque de contenir la situation», a-t-il déclaré.

EMPLOYÉ DU CISSS INFECTÉ 

Enfin, le Dr Sylvain Leduc est aussi revenu sur cet employé du CISSS qui a été testé positif à la COVID-19. Selon nos informations, cette personne travaillerait, rappelons-le, au Centre hospitalier régional du Grand-Portage (CHRGP).

«Dès que le cas a été porté à l’attention de la direction de la santé publique, notre enquête nous a permis d'identifier très rapidement les contacts que cet employé a eus dans les jours récents et ça nous a permis de donner nos recommandations d’isolement à toutes les personnes qui devaient être isolées […] Ça prend des interventions rapides et c’est ce qui a été fait. Dès le soir, la nuit, nous avons rejoint toutes les personnes qui devaient l’être.»

 

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